• Je ne sais plus dans quel magazine j'avais lu mon horoscope il y a quelques semaines. Je me souviens par contre qu'il m'annonçait une fin d'année compliquée professionnellement.

    Je te confirme. Outre que le changement de filiales, c'est compliqué administrativement, la mutuelle n'est pas la même, par exemple, je cours un peu après les informations, pareil pour la prévoyance, l'outil de gestion des temps n'est pas le même, etc. Ca ne serait rien si ça ne se rajoutait pas au reste. Le reste c'est le boulot qui change, il faudrait que je me forme à mon nouveau boulot (je reste dans la gestion des opérations informatiques, mais à une étape différente du process), tout en continuant à faire l'ancien jusqu'à la fin de l'année, et en formant ceux qui vont faire le boulot que je faisais. Ce n'est déjà pas simple, mais le fait de travailler dans une équipe basée à cinq cent kilomètres n'arrange rien. Loin des yeux, loin du cœur, mon chef a tout simplement oublié de me convier aux réunions d'équipe, la LGV a beau être là, Bordeaux est encore Terra Incognita pour certains…. J'aurais pourtant pensé que la situation sanitaire aurait joué en ma faveur, tout le monde étant désormais chez soi en télétravail, hélas il n'en n'est rien.

    Je suis en pleine schizophrénie, une partie de moi s'écriant "non je ne veux pas faire ce nouveau boulot ça ne m'intéresse pas" l'autre lui répondant "mais si, tu ne peux pas vraiment dire ça sans savoir, c'est peut-être juste une impression, si ça se trouve tu vas t'éclater dans ce nouveau boulot", une autre partie encore au bord de l'effondrement "c'est trop compliqué, je suis trop bête, je n'y arriverais jamais", "mais si tu n'es pas plus bête que les autres et tu vas voir c'est un super challenge intellectuel", quand ce n'est pas "je vais tout plaquer et aller vendre du pain dans une boulangerie" "meuh non pense à ton salaire, à ta prime d'intéressement, à ta prime de participation". Je t'assure qu'il y a du monde là haut, ce n'est ni confortable, ni reposant...

    Comme si ça ne suffisait pas, alors que nous sommes en pleine réorganisation et que nous sommes tous en train de nous former à nos nouveaux jobs dans de nouvelles organisations hiérarchiques, on nous change d'outil informatique de gestion des opérations, qui est l'outil sur lequel nous bossons toute la journée. Et comme nous sommes au vingt et unième siècle, ne crois pas qu'il y ait encore des salles de formation ni de formateur. On a des tutoriels, des "tutos", en ligne et on se débrouille avec ça. Perso, pas eu le temps, et puis  j'avoue que je suis du genre à penser qu'on apprend à nager en plongeant dans le grand bain. Coup de bol, un de mes collègues a déjà bossé sur ce logiciel dans une précédente expérience professionnelle, du coup il nous a fait une démonstration cet après-midi, par écran interposé bien sûr puisque nous sommes tous en télétravail, mais je vais te dire que pour une fois je suis positive : les connexions à distance de la Big Bank fonctionnent vraiment bien. 

    Bref, j'en chie grave en effet, mais voyons le bon côté des choses : tant que je suis en surchauffe, je ne déprime pas (trop).

     


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  • Les travaux

     

    Il y avait un très long mur avec une porte qui faisait un trou tout moche dans le mur, il y a désormais moitié moins de mur, et des étagères qui séparent sans fermer le salon du coin repas installé dans la cuisine. J'avais longuement mûri le projet, je suis très contente que le résultat soit conforme à mes attentes. Je vais rajouter quelques plantes sur les étagères pour les habiller davantage et rajouter du végétal dans mon chez moi. Exposé Est, ce côté de l'appartement était déjà très lumineux, mais le matin lorsque le soleil se lève c'est encore plus agréable, je suis décidemment très contente d'autant que ça faisait une bonne année que j'attendais ça ! Toujours côté travaux, et toujours pour une question de lumière, j'ai fait installer une porte vitrée coulissante dans la salle de bain, j'ai gagné en lumière naturelle et en espace, là encore c'est réussi. Prochains travaux, ma chambre dont il faut que je change la tapisserie, blanche et abîmée par les griffes des chattes, pour un peu plus de modernité et de couleur. Rose, ça devrait être bien. 


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  • Et ce n'est pas ma mère qui me contredira, elle qui est désormais assise sur un petit pécule dont elle ne sait du reste rien, perdue comme elle l'est dans les limbes de la démence sénile. Elle vient enfin de toucher la reversion de la pension militaire de mon père, la fin de six mois de courriers, dossiers, relances, qui m'ont parfois épuisée. Cette pension s'ajoutant à celles de la retraite civile de mon père et de sa propre petite retraite, ma mère touche désormais en retraites plus que moi en salaire, ce qui n'est pas un mince paradoxe quand tu sais qu'elle n'a travaillé que vingt ans. Bon, bref, on va se réjouir d'un aussi bon système de sécurité sociale, car après tout c'est ce qui nous permet, à nous ses enfants, de ne pas devoir mettre la main à la poche pour payer son ehpad, quand nous avons déjà bien du mal à joindre les deux bouts avec nos salaires. 


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  • Le pognon, donc, c'est mieux quand on en a.

    Et une des pistes pour en avoir plus, c'est de dépenser moins. Pour le coup, je serais presque contente de ces confinements qui ont au moins le mérite de me déshabituer des magasins et du shopping. Certes le budget bouffe augmente, mais celui de l'essence baisse drastiquement et la carte bleue reste sagement dans le portefeuille. De plus, confinements et télétravail aidant, j'ai fait moins d'efforts vestimentaires cette année. Résultat je peux faire du shopping… dans mon dressing, puisqu'il me reste une ou deux robes achetées lors des soldes de janvier dernier que je n'ai pas encore mises ! 


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  • "Le pognon, si on en a, c'est mieux" a dit mon compatriote Bleck.

    Bah oui, je suis bien d'accord.

    D'autant que ce soir, j'ai été payée ! 

    Tu vas me dire : hein, bien sûr, t'es salariée ! Oui mais non, c'était pas gagné d'avance. Parce que ce mois-ci j'ai fait le grand saut d'une filiale de la Big Bank à une autre filiale, et j'ai eu peur un instant d'une merde informatique, d'un oubli d'employé, bref, j'ai été bien soulagée de voir arriver mon salaire, ce mois-ci comme tous les autres. Donc oui, je confirme, si on en a, c'est mieux.

    Donc maintenant, c'est officiel, je suis ingénieur informatique, c'est marqué sur mon bulletin de salaire, c'est la grande classe mazette je n'en reviens toujours pas. J'ai aussi cru que j'avais été augmentée, mais non, ça c'était juste parce que la filiale informatique est payée sur 12 mois et pas sur 13, donc mon salaire annuel a été divisé par 12, logiquement ça fait un peu plus mais moins souvent, je l'aimais bien mon treizième mois surtout avant Noël, il va falloir que j'apprenne à gérer différemment. 

    Ingénieur informatique, ouep mais je vais te dire, je sens que je vais en baver méchamment ces prochains mois et ces prochaines années. Ma nouvelle chef est une jeune ambitieuse assez sèche, il ne m'a pas fallu plus de trois mails pour en avoir la certitude, il va falloir que je me protège, et la Big Bank est une grosse machine déshumanisée, je plains mes collègues plus jeunes qui en chient et qui vont en chier encore plusieurs années. Moi je commence à entamer le compte à rebours, certes je compte encore en années mais crois-moi les jours qui passent me rapprochent toujours davantage du moment où je pourrai dire ciao bye bye, et sans regrets.

    C'est sans regrets également que j'ai payé mon pote artisan qui a fini les travaux hier après-midi. Il faut que je fasse des photos, ça rend vraiment bien. Du coup j'ai décidé de lui faire refaire la tapisserie de ma chambre, que les chattes ont beaucoup abimée, et puis j'en suis arrivée au stade où je commence à en avoir marre du tout blanc partout et j'ai envie d'un truc un peu plus coloré. Tant qu'à rester quelques années de plus dans cet appartement, autant continuer à en améliorer la déco.


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  • Tout est dit. 

    La fatigue parce que cette année a été bien fatigante, entre péripéties familiales et professionnelles, et le marasme pour les mêmes raisons, le deuil de mon père à faire, le deuil d'un boulot intéressant aussi, et une vision de l'avenir que j'ai du mal à voir en rose, les visites à l'ehpad pendant combien d'années encore, quand les années qui me restent sont moins nombreuses que celles que j'ai déjà vécues ? 

     

    Bon, allez, foin de tout pessimisme, il y a quand même des choses qui avancent, des travaux dans mon séjour la semaine dernière pour un résultat à la hauteur de mes espérances, un peu moins de mur entre la cuisine et le salon, et donc un peu plus de lumière et un peu plus d'espace là où il y en avait déjà beaucoup, et puis une visite à ma petite-fille hier, elle commence à parler, et elle m'a fait un gros câlin en partant, et ça m'a fait bien plaisir. Dans un mois Noël, les lumières, les couleurs, le repas tous ensemble et les cadeaux sous le sapin ! 


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  • Et quelque chose me dit que ce ne sera pas le dernier… 

    J'aborde ce deuxième confinement avec plus de sérénité que le premier. Le premier, on ne savait pas ce que c'était, cet enfermement était inédit et je ne l'avais pas bien vécu. Là, ça va, d'autant que ce nouveau confinement est plus léger que le précédent. Je peux aller chez le kiné (j'ai quelques problèmes de cervicales), ce qui a le triple avantage de : me permettre de sortir, voir du monde, faire de l'exercice. Et pour peu que le kiné veuille bien me faire un petit massage pour terminer c'est un vrai moment de bonheur. Pour le reste j'ai repris mes sorties quotidiennes d'une heure après avoir fermé mon pc, le soir, et, cette fois-ci, j'ajoute un tour du quartier le matin, un gros quart d'heure à marcher et même essayer de trottiner, à défaut de courir. J'espère que de trottinement en trottinement j'arriverai à courir. 

    Je suis donc en télétravail, bien sûr, mais je repars au boulot dans quinze jours pour une semaine. Mon pote artisan est - enfin ! - disponible pour faire les travaux que j'envisageais depuis plusieurs mois. Je vais faire tomber une partie du mur séparant la cuisine du salon, y installer des sortes de petites bibliothèques/claustra, le but étant que le coin repas installé dans la cuisine soit ouvert et séparé en même temps du salon. J'espère que le résultat sera à la hauteur de mes espérances. 

    Sinon, c'est l'automne avec ses couleurs magnifiques dont je ne me lasse pas, d'autant que ces derniers jours étaient particulièrement ensoleillés.

    Confinement, épisode 2

     

    Côté boulot, fini le rythme un peu tranquille de ces derniers mois, j'attaque une période qui va être intense, et probablement pour plusieurs mois au minimum. J'ai signé aujourd'hui ma lettre de transfert dans la filiale "IT" dédiée à l'informatique, je me suis découverte "ingénieur informatique" sur ladite lettre, diantre je termine ma carrière cadre et ingénieur informatique, j'en suis surprise moi-même. 


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  • Non qu'il s'agisse du sous-vêtement de ces messieurs, mais plutôt que ces dernières semaines ont été l'objet de bien des rebondissements…

    J'ai en effet failli partir m'installer à la campagne, dans un petit village à la limite de la Gironde et du Lot-et-Garonne. Un vrai coup de foudre pour l'endroit, de jolies maisons de village en pierre, groupées autour d'une halle des années 30, j'y avais trouvé une petite maison avec cour et jardin, je m'y voyais déjà et j'allais même signer le compromis… Mais non, si le projet était bon ce n'était pas, par contre, le bon moment. Cela sous-entendait du télétravail avec un réseau aléatoire, et des allers et retours réguliers sur la métropole, et puis un éloignement de mon fils cadet… Je garde le projet en tête, je reverrais ça dans deux ans, quand je serai assez proche de la retraite pour pouvoir négocier une rupture conventionnelle.

    Il faut dire qu'entre le quartier où je vis, et le boulot que je ne supporte plus, j'étais en mode ras-le-bol puissance maximale, ces dernières semaines. 

    Mais j'ai bien fait de renoncer : car j'avais prévu de mettre, dans le projet, le petit héritage que je pensais percevoir de mon père, or le notaire, hier, nous a annoncé qu'en fait, si nous héritons bien d'une petite somme, c'est ma mère qui en a l'usufruit… Nous nous sommes regardés, mines consternées. "On va pouvoir dire "notre chère mère", ais-je dit. "Très chère mère", a renchérit mon frère.  Adieu veau, vache, cochon… 

    Côté boulot, ça bouge aussi, je crois en avoir peut-être parlé ici. Alors que mon service est supprimé et que mon boulot est reporté dans d'autres services, et qu'en ce qui me concerne je devais être replacée dans un service qui ne me plait pas spécialement, j'ai appris qu'un des services qui doit reprendre mon boulot n'a personne pour le faire… j'ai donc appelé illico ma future chef pour lui dire que puisque le boulot, je sais le faire, ça serait une bonne idée de me positionner sur ce poste.  Ira, ira pas, on verra ça dans les semaines à venir. Bon, j'ai loupé la maison à la campagne, j'ai loupé l'héritage, ce serait ballot de louper aussi le poste.

    Allez, je vais te faire rire : comme j'arrivais au petit village pour revoir la maison qui m'avait plu, une envie pressante me prend. Je prends le premier petit chemin que je trouve, qui serpente joliment entre les fougères, dans les bois. Je trouve un endroit pour m'arrêter, je sors de la voiture, je baisse ma culotte, je commence à faire pipi, et voilà que pan ! pan ! des coups de feu. Et oui, la campagne, les chasseurs. Je me suis dit que mourir la culotte sur les chevilles, c'était pas glorieux, je l'ai remontée fissa et je suis repartie sans demander mon reste ! 

    En tout cas, pour changer, je suis crevée et comme je n'ai plus de congés (il nous a fallu poser des congés durant le confinement) ça tire pas mal. De surcroit, toujours à cause de ce foutu covid, la salle de sport et le studio de yoga sont fermés, je suis donc d'autant plus crevée que je ne peux pas me requinquer en bougeant. Pire, je suis toute raide et courbaturée d'être assise toute la journée et de ne pouvoir me dérouiller comme je le fais habituellement. Foutu covid, vraiment. Ce soir la Gironde n'est pas encore soumise au couvre-feu, mais ça ne saurait tarder… Quelle drôle de période, décidemment….


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  • A - Automne. Nous y voilà, sans aucun doute, même si l'été a joué les prolongations ces deux dernières semaines, avec de belles après-midi très chaudes. Les petits cyclamens ont pointé leur nez il y a déjà un mois, tout comme les petites fleurs blanches des éléagnus, et la lumière a déjà pris cette teinte chaude qui caractérise l'automne. Aujourd'hui, c'est la douche froide, au sens propre du terme, une bonne grosse pluie opiniâtre tombe depuis cet après-midi, et il faut que je me résolve à remettre un pantalon et des chaussures fermées, demain matin. 

    C - Cinéma. Va voir Antoinette dans les Cévennes. C'est une jolie comédie, et un beau portrait de femme libre.

    E - Envie. Tu sais de quoi j'ai envie en ce moment ? De deux semaines sur une île déserte, au soleil, bien au chaud, avec une piscine olympique, une chambre d'hôtel avec de grands rideaux blancs se balançant devant de grandes porte-fenêtres ouvertes, surtout pas de clim, et juste un maître d'hôtel pour m'accueillir avec le sourire quand je descendrai au restaurant mettre les pieds sous la table, et puis une masseuse silencieuse quand j'aurais besoin de papouilles. Personne d'autre, pas de télévision, pas de smartphone, rien que moi, le soleil, la mer et le repos. Et surtout pas de masque !!!

    M - Ménage. J'aime que tout soit bien net chez moi, mais il y a des fois où le ménage me pèse. La chasse à la poussière, jamais gagnée, le sol à laver, épuisant. Sylviane et Laurent me disant, vendredi, qu'ils allaient prendre une femme de ménage, j'avoue y avoir pensé. Juste deux heures par mois, pour laver les sols et, de temps en temps, les vitres, ça me soulagerait. Mais ce soir je suis rentrée, pas forcément pleine d'énergie mais motivée, et j'ai fait ma salle de bain à fond, j'ai déclaré la guerre à la poussière et au tartre, sous l'œil encourageant de Loukoum. N'empêche, face à la poussière et à la saleté je me sens Sisyphe, trop souvent.

    O - Ordinateur. Mon pc vient de me faire deux écrans bleus (BSOD, l'écran bleu de la mort qui tue) coup sur coup, c'est pas bon signe ! 

    P - Pandémie. On ne fêtera pas les 50 ans de Sylviane, au vu des circonstances, trop compliqué de se réunion tous ensemble, il ne fait plus assez beau pour fêter ça dehors, ses parents sont âgés donc à risque, et puis il y a ceux qui psychotent, on met le masque, on le met pas, comment on respecte les distances quand on a tous un verre à la main ? De son côté l'Ehpad vient de raccourcir ses horaires de visite, ce qui m'oblige à m'adapter pour aller voir ma mère, genre aller au ciné ou voir ma mère faut choisir. Il nous emmerde sacrément, ce foutu virus. 

    P - Psy. Ne pouvant louper une réunion importante, au boulot, j'ai dû annuler mon rdv chez Monsieur Psy. Je lui ai envoyé un mail pour le prévenir (il préfère être joint par mail) en m'excusant et en lui demandant de me proposer un nouveau rendez-vous. Il m'a répondu laconiquement qu'il avait bien pris note de l'annulation du rendez-vous… et rien de plus. Je suppose que j'ai perdu Monsieur Psy. Voyons le bon côté des choses : il doit penser que je n'ai pas besoin de psy. Heureusement que Madame Psy, elle, est bien là et fidèle à nos rendez-vous, parce que j'ai quand même un peu beaucoup besoin d'évacuer tout ce à quoi je dois faire face, depuis quelques temps.

    R - Règlement de comptes à OK Corral. J'avais prévu de me coucher tôt, mercredi dernier, quand j'ai entendu un grand remue-ménage pendant que je me démaquillais. J'ai passé la tête sur mon balcon, pour découvrir, sous mes fenêtres, trois voitures de police, des flics casqués, des flics avec des chiens, des flics avec des talkie-walkies. Et, dix minutes plus tard, les CRS ont débarqué… Une bande de Kurdes faisait une descente dans le quartier, pour en découdre avec une bande de Turcs non-kurdes. La vue des CRS a calmé tout le monde, les Kurdes ont tournicôté dans le quartier un certain temps, mais le lendemain les flics étaient toujours là, au grand dam des dealers du quartier dérangés dans leurs petites affaires, et le calme est revenu. La banlieue bordelaise, c'est pas la banlieue parisienne, on fait juste semblant. Tant mieux, je voudrais pas que le prix de mon appartement en pâtisse ! 


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  • Le quotidien : les papiers pour ma mère 6, encore et toujours, la fatigue, encore et toujours. De temps à autre une pointe de chagrin, de remords, en pensant à mon père. Au boulot, le transfert vers l'entité Informatique Groupe de la Big Bank suit son cours, je devrais signer mon nouveau contrat mi-novembre, en effet. 

    Sinon, c'est l'automne, les éleagnus embaument lorsqu'on s'approche des haies, et dans les bas-côtés des côtés encore un peu sauvage, les petits cyclamens ont fait leur apparition, il y a presque un mois déjà. Il faisait gris et frais ce matin pour ma balade dominicale en vélo, et les fougères ont déjà bien roussi, et voilà que les feuilles tombent.

    En attendant un hypothétique changement de lieu de vie - pas avant la retraite, en fait, il faut que je prenne mon mal en patience et supporte le quartier plusieurs années encore - j'ai réaménagé le salon, le réaménagement du coin repas est programmé fin novembre pour autant que l'artisan ne me plante pas encore une fois. Au programme également le changement de la porte de la salle de bain, ouvrant sur l'intérieur, pour une porte coulissante plus pratique, et puis l'aménagement d'un coin bureau dans la deuxième chambre. Je ne sais pas vivre sans projets. 

    Le moral est plat. Je préfèrerai être en haut, mais je ne suis pas en bas c'est déjà ça. 


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  • Je crains bien moins le virus que l'hystérie collective qui se développe autour du port du masque, crois-moi ! 


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  • Je suis partie un peu à la bourre ce matin, un réveil difficile puis du linge à étendre, mais l'avantage c'est que j'ai évité l'habituel bouchon. Un quart d'heure pour aller de chez moi à la sortie de la rocade, et puis vingt minutes pour faire les derniers deux cents mètres, le télétravail c'est fini pour la majorité des gens, les vacances sont finies aussi, et puis voilà que le tram va desservir l'aéroport, ce qui signifie quelques années de travaux, de chaussées défoncées, de ralentissements qui se rajoutent aux embouteillages habituels.

    Bref, le boulot, contente de retrouver ceux qui étaient en télétravail la semaine dernière et qui ont repris le boulot ce matin. Côté travail c'est plutôt calme en ce moment, parce que je pense que ça ne va pas durer, lorsque je vais rejoindre la filiale IT du Groupe. Du coup, ça me laisse le temps de discuter, de prendre des nouvelles, d'échanger des infos. C'est ainsi que Fred m'a appris que la prime de compensation versée par l'IT pouvait être versée sur le plan épargne retraite, certes on ne la touche pas immédiatement mais au moins elle ne rentre pas dans le revenu imposable. L'info est bonne, il faut que j'y réfléchisse. Un de mes collègues du syndicat m'a appelée pour prendre des nouvelles du transfert, et j'ai déjeuné avec une copine que je n'avais pas vue depuis longtemps. Dans l'après-midi le syndic ayant envoyé les comptes de la copropriété je les ai épluchés, et j'ai envoyé à ma voisine, présidente du conseil syndical, mes remarques. 

    Je suis rentrée ce soir, dans la boîte à lettres il y avait deux lettres de la caisse de retraite complémentaire de mon père. J'avais renvoyé un dossier, il y a quinze jours, et ils m'en renvoient deux à compléter. Bon. Ca fait partie des bizarreries administratives auxquelles je suis confrontée depuis le mois de juillet. 

    Je venais juste de terminer mon appel à ma cousine, qui fête aujourd'hui ses 60 ans, quand mon portable a sonné. La femme de ménage de mes parents, au sujet de son licenciement, je n'ai pas tout à fait fini les papiers parce que c'est compliqué, et elle voulait surtout me parler de ma mère, qu'elle a trouvé toute seule en train de pleurer quand elle est allée lui rendre visite la semaine dernière à l'ehpad. Oui, je suis bien d'accord, ma mère passe une bonne partie de ses journées seule, dans son fauteuil roulant, dans un coin de la salle à manger ou du salon de l'ehpad. Et alors ? la réalité est là, il faudrait assez de personnel pour s'occuper de tous ces petits vieux qui ne peuvent plus bouger et s'occuper par eux-mêmes. Et ce n'est pas le cas. Alors on fait quoi ? Comme j'ai expliqué à la femme de ménage, ma mère n'ayant plus toute sa tête elle n'est pas aussi triste que si elle se rendait compte de la situation. Et puis que veux-tu que je te dise ? Je n'y peux rien. 

    Après avoir raccroché, je me suis demandée si je ne pouvais pas, finalement, conserver le contrat de la femme de ménage, et lui demander d'aller à l'ehpad deux heures par semaine pour tenir compagnie à ma mère. Si j'ai pensé à ça, c'est que dans la conversation, elle m'a demandé si elle pouvait aller la voir de temps en temps pour la voir et lui faire le tour du parc. Sur le moment, ça m'a un peu agacée, j'ai un peu de mal avec ce genre de dévouement gratuit. D'où mon idée de transformer ça en salariat. Bon, ça m'obligerait à faire toute la paperasserie pour la payer, mais au moins ce serait carré. Et ça me soulagerait un peu d'être la seule à aller voir ma mère.

    La nuit portant conseil, je reverrai ça demain.

    Entre deux, j'ai pris dix minutes pour appeler le fournisseur de ma box, dix minutes qui m'ont permis de conserver mon tarif un peu plus bas que le prix public (mais qui paie vraiment le prix public ?). Je n'ai pas pu m'empêcher de rire quand l'opérateur, ivoirien ou camerounais, m'a proposé de m'offrir le bouquet africain, alors il m'a proposé le bouquet chinois, on s'est finalement mis d'accord sur le bouquet cinéma et je l'ai chaleureusement remercié, il fait pas un boulot facile. 

    A ce stade là la crise d'angoisse qui me prend toujours à la débauche était oubliée depuis longtemps, et j'ai pris le temps de faire le câlin du soir à Loukoum, et puis de plier le linge qui avait séché dehors aujourd'hui. Maudire la moto et le quad qui passent bruyamment en bas de chez moi ne sert à rien, j'ai enfilé mon casque connecté en Bluetooth à la télé, un petit gadget dans lequel j'ai investi après les tribulations sonores du confinement, et qui me rend bien service.

    Il se fait tard, je vais aller au lit avec un bouquin, j'ai découvert un auteur prometteur, Gauz, j'aime quand le livre est littérature et pas seulement lecture.

    Demain sera une nouvelle journée. 


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  • Alors je t'explique.

    En décembre je touche un peu d'argent, succession de mon père. En février je touche la prime suite à ma mutation vers l'informatique du Groupe. Je craque mon PEL et avec tout ça je rembourse la moitié de mon prêt immobilier. Ca, ça fait de l'oxygène à mon budget mensuel. Du coup, ça me permet de passer à un temps partiel à quatre-cinquièmes et d'avoir de nouveau tous mes vendredis de libre. Ajouté au jour de télétravail mis en place dans la filiale informatique, je ne vais plus bosser sur site que trois jours par semaine, c'est cool. En janvier 2023 je vais voir la DRH en lui expliquant que je veux aller faire du bénévolat payé par ma boîte (ça s'appelle du mécénat de compétences) et qu'il faut qu'elle me trouve une association. Elle me trouve une asso, je commence mon mécénat de compétences en janvier 2024, en janvier 2026 je termine mon mécénat je pars à la retraite, et je liquide le prêt immobilier avec mon plan epargne retraite. La retraite, youpie, la belle vie.

    Ca, c'est de la prévision.

    Bon, ensuite, c'est la vieillesse et je meure. C'est le point faible de ce scénario, j'arrive pas à trouver une fin plus rigolote.

    Non, sans dec', si j'arrive à suivre la trajectoire que j'envisage, c'est pas mal du tout.


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  • Qui passe dans mon signe en m'apportant contrariétés administratives ? Bon, déjà, j'ai loupé la comète le mois dernier et ça m'a contrarié parce qu'une comète, c'est rare, la faute aux tours qui me cachaient l'angle du ciel dans lequel passait Néowise. Et là, j'enchaîne les tracas administratifs dans les papiers de ma mère. J'ai envoyé je ne sais trop combien de courriers suite au décès de mon père, mutuelle, caisses de retraite, impôts, et tiens-toi bien, quasiment aucune réponse. Et le décès de mon père, c'est une chose, mais la vie de ma mère, c'est encore une autre chose. Il faut faire s'occuper des demandes de pensions de reversion, changer la domiciliation bancaire de sa mutuelle et de l'ehpad, et donner mes coordonnées à tous les organismes, mutuelle, mdph, que sais-je encore. Je passe mon temps à écrire des courriers, faire des photocopies de son livret de famille, de son rib, du jugement de tutelle. Au milieu du chemin avec la canicule l'ehpad m'a appelée en me demandant d'aller acheter un ventilateur pour sa chambre - et heureusement que monsieur mon cadet ne travaille pas parce que c'est lui qui s'y est collé vu que je travaille - et la personne qui s'occupait de l'entretien du linge de mes parents jusqu'à la mort de mon père m'a appelée en me disant qu'il faut que je m'occupe de la licencier à son retour de congés, encore de la paperasserie en vue. 

    Heureusement qu'on est en août, au moins je ne galère pas dans les embouteillages et la charge de travail au boulot est suffisamment légère pour que je puisse gérer - comment faire autrement - les affaires de ma mère en même temps. Je passe également pas mal de temps à réfléchir et à me renseigner sur la réorganisation prévue pour septembre/octobre, puisqu'il faut que je prenne une décision à ce sujet. En bref j'ai le choix entre partir dans la filiale de la Big Bank qui centralise toute l'informatique du Groupe, et mon boulot risque d'être moins intéressant, ou rester dans la filiale actuelle mais devoir me chercher un poste, puisque mon service est supprimé. J'étais pas mal stressée à ce sujet il y a quelques semaines, mais ça va mieux et je commence à penser que, contrairement à ce que j'envisageais jusqu'à présent, je vais peut-être bien accepter la proposition de rejoindre l'IT Groupe. Mon horoscope m'annonce une signature de contrat courant novembre, ça devrait être ça.

    Mon horoscope m'annonce aussi un héritage courant décembre et ma foi, c'est bien parti pour aussi.

    Si cette foutue planète de la paperasserie veut bien se tirer de mon ciel astral pour laisser entrer celle de l'argent, ce sera sympa de sa part ! 


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  • Chaque été, le Grand Théatre de Bordeaux organise une exposition, sur le thème de l'opéra bien sûr. Je n'ai jamais été à l'opéra mais je vais généralement toujours voir ces expositions, qui sont toujours magnifiques, d'autant plus dans le décor splendide de ce théatre construit par Victor Louis au XVII ou XVIIIème siècle. J'ai passé un très agréable moment, d'autant plus que les fenêtres largement ouvertes laissaient passer un air très agréable, et faisant onduler les plumes et étoffes des costumes, rajoutant encore à la magie de l'expo. Quelques photos, en vrac.

    L'expo de l'été au Grand Théatre de Bordeaux

    L'expo de l'été au Grand Théatre de Bordeaux

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    L'expo de l'été au Grand Théatre de Bordeaux

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    L'expo de l'été au Grand Théatre de Bordeaux

    L'expo de l'été au Grand Théatre de Bordeaux


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