• J'étais bien trop optimiste, dans mon article précédent. Les crises d'angoisse ont été croissant, c'est tous les jours et ça dure toute la journée, et je me suis retrouvée dans un bien triste état ce week-end, d'autant que celui-ci a été émotionnellement compliqué, une altercation avec un gamin du quartier, la p'tite Loukoum qui a fait une sorte de gastro sans signes avant coureurs, les voisines du dessus qui ont remis de la musique, bref un samedi très difficile et les nerfs qui ont lâché dimanche. J'ai pris mon vélo, pleurer en faisant du vélo dans les bois c'est mieux que pleurer toute seule dans un appartement devenu brusquement hostile. J'ai aussi augmenté le neuro que je prends habituellement parce que de toute évidence il vaut mieux couper l'herbe sous le pied à la déprime qui pourrait s'installer. J'ai repris le taf' sur site, ça m'a fait du bien de voir un peu de monde, et ce matin j'ai fait un mail à ma chef pour lui demander d'arrêter le télétravail et de reprendre le boulot sur site à mon retour de congés, début août. Le télétravail c'est comme beaucoup de choses, c'est bien, à petites doses. En ce moment, j'ai besoin de sortir de chez moi et de voir du monde.

    Sinon, malgré tout, des choses encourageantes, j'ai déniché une petite jupe dans une friperie, dans un style un peu seventies parfaitement mis en valeur par un tee-shirt noir, et pour la modique somme de deux euros, j'adore faire ce genre de trouvailles. Et puis avant hier soir j'ai eu assez d'énergie pour faire du tri dans les papiers qui s'entassaient sur ma table de salle à manger, en particulier tout ce qui concerne ma mère, l'habilitation familiale, ses relevés de compte bancaire puisque c'est moi qui les gère… j'ai bien tout classé dans des chemises cartonnées, avec des explications précises sur les documents, car je me sens moralement tenue de rendre des comptes à mes frères et sœur, s'il leur vient l'idée de m'en demander. Je me suis donné un grand coup de pied au derrière pour m'inscrire aux cours de yoga qui continuent cet été, la reprise sera difficile mais elle est nécessaire, je vais reprendre le chemin de la salle de sport la semaine prochaine, plus d'excuses puisque je serai en vacances. J'ai fait une liste de tout ce que je veux faire pendant ces trois semaines de vacances, justement, aller chez ma sœur, voir une ou deux expos, peut-être aller passer deux jours à Bazas histoire de découvrir cette petite ville du sud de la Gironde, faire un peu de couture aussi. La plage je ne sais pas, peut-être avec une voisine, la plage toute seule c'est compliqué j'ai toujours peur de me faire faucher mon sac avec mes clés dedans, à moins que je ne me décide à partir deux jours à Arcachon. Et puis aller au cinéma, il y a des films qui sont sortis et que j'ai envie de voir, aller voir une vieille copine, et puis parfois aussi, ne rien faire et me reposer, j'en ai bien besoin. Mais, avant tout, prendre soin de moi.


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  • En m'autopsyant, ces jours derniers, je me suis dit que je m'en sortais pas trop mal. Début mars, j'avais une vie bien stable, boulot sport ciné, et puis le confinement est arrivé, ma belle routine a volé en éclat, et puis la fin de mon père, qui m'a essoré émotionnellement et physiquement. Je vis mon deuil, je gère les papiers et les démarches administratives, je n'ai toujours pas repris le sport, je ne sais pas de quoi sera fait mon boulot demain et j'ai un sérieux passage à vide de ce côté là, mais, mis à part quelques troubles du sommeil et quelques légères crises d'angoisse le matin, je tiens le coup de façon pas trop mauvaise pour une fille dont l'équilibre psychique est parait-il fragile. Et ça, c'est la bonne nouvelle du moment.


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  • Si je devais un jour écrire, une nouvelle, un roman (encore que je considère qu'il y en a bien assez à s'entasser sur les rayonnages des librairies) sur ce que je viens de vivre, je l'intitulerais ainsi, La Parenthèse. C'est en effet une parenthèse que j'ai vécu, entre le moment où j'ai découvert mon père gisant sur son lit à l'ehpad, au sortir du confinement et le moment où nous lui avons dit adieu. Six semaines à l'accompagner dans sa fin, à le voir décliner jour après jour. Je sors de cette épreuve en paix avec lui, en paix avec moi-même. Je ne pensais pas vivre ça ainsi, être émue de le voir ainsi, être capable de lui tenir la main. C'est bien. J'ai partagé cela avec le plus jeune de mes frères qui est descendu de Poitiers et s'est installé chez moi quelques jours à deux reprises, à la fois pour aller voir mon père le plus souvent possible et à la fois pour que je ne reste pas seule - et cela aussi m'a touchée. Dans cette parenthèse triste, la découverte de mon frère, à nos âges il y a longtemps qu'on n'a plus vécu ensemble, et quelques discussions et rires bienvenus. Et puis la présence de mon cadet à mes côtés, aussi, bien sûr.

    Quelques tensions familiales à gérer et digérer, autour de la cérémonie d'adieu. Ca aurait pu être pire.

    Maintenant voilà venu le temps du deuil, et de la paperasse. Reprendre les visites à ma mère, à l'ehpad. Reprendre le cours du quotidien, bien malmené par le confinement, et par cette "parenthèse" que je n'avais pas imaginée. Un quotidien encore contrarié, pour de longs mois encore, par une réorganisation importante côté boulot, qui ne laisse pas de m'inquiéter. La vie telle qu'elle peut être, de temps à autre, un long fleuve tranquille parsemé de rapides imprévus, et il faut tenir bon le gouvernail et regarder l'horizon. 

    Quand on me demande comment je vais, je réponds "tranquillement triste" car c'est l'expression qui correspond le mieux, je crois, à la façon dont je me sens actuellement. Et ma foi, c'est pas si mal.


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  • RIP

    Comme je venais du centre-ville ce matin, je suis passée sous les fenêtres de mon cadet qui était en train d'ouvrir ses volets. Appel de phares, clignotant, je me suis garée et j'ai ouvert ma vitre : 

    "Coucou ! Tu te lèves ? 

    - oui, et toi, tu fais quoi ? 

    - Bah…. je ramène Papi chez moi…

    - Ah. Désolé !"

    Nous avons échangé un sourire navré, je suis repartie.

    J'ai garé ma voiture, j'ai monté l'escalier, j'ai ouvert ma porte et je suis allée dans la chambre d'amis. J'ai posé l'urne à côté de la photo de mes grands parents.

    RIP Papa.


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  • Il fait un temps estival depuis la semaine dernière, du coup, pour ce week-end à rallonges, j'ai ressorti le skort et le débardeur. Le skort, je suis une inconditionnelle. C'est une jupe (skirt) qui cache un short. Pourquoi un skort plutôt qu'un short ou une jupe ? Parce que c'est aussi pratique qu'un short pour faire du vélo, mais que la jupe est plus féminine. Pas forcément facile à trouver, mais ceux que j'ai sont solides et feront plusieurs étés. Le beau temps, donc, et j'ai pu recommencer à faire du vélo avec plaisir, et en attendant la réouverture de la piscine, de la salle de sport, et du studio de yoga, ça fait du bien. 

    Week-end rythmé par l'état de santé de mon père, bien sûr. Les appels à son généraliste, puis les appels au service des urgences, où le généraliste a décidé de l'envoyer pour décider d'une hospitalisation. Les urgences, quelle galère pour arriver à les avoir, sans parler des médecins qui doivent me rappeler - les infirmiers n'étant pas habilités à délivrer des informations médicales - et ne le font pas. Mon père a finalement été admis, hier soir, en pneumologie, où on lui a détecté des problèmes… intestinaux ! et où on lui a fait passer un IRM… du cerveau. Mais un bilan complet, c'est bien ce dont il a besoin. Pour les résultats de l'IRM, il faudra que j'appelle demain, car si j'ai pu aller le voir cet après-midi, le médecin n'était pas là. Après un début de semaine difficile, la semaine dernière, je me fais à l'idée qu'avec mes parents, de toute façon, ça ira de pire en pire, et que ça sera long, et qu'il faut donc que je prenne un peu de distance si je veux tenir sur la longueur.

    Je me concentre sur le positif, les projets en cours : même si la commande de matériaux a pris du retard, j'ai prévu de faire abattre une partie du mur séparant le séjour de la cuisine. J'ai aussi acheté une machine à coudre, d'occasion, et j'ai en tête de me faire une robe dans un tissu africain. La couture, c'est génial, ça occupe les mains et ça nécessite de penser en 3D, c'est donc excellent pour le cerveau. 

    Je suis allée faire du shopping, samedi matin. A défaut d'aller Rue Sainte-Catherine, parce que je n'en n'avais pas trop envie, en ces temps de déconfinement où l'ambiance est bizarre, je suis allée dans la petite zone commerciale à côté de chez moi. A chaque magasin, il faut se passer les mains au gel hydroalcoolique, tu termines ta séance de shopping avec le mains complètement déshydratées. Le drame : pas possible d'essayer les vêtements, les cabines d'essayage sont fermées, trop compliqué de les désinfecter à chaque essayage. Je dis le drame, parce que j'ai horreur d'acheter sans essayer. Même si sais ma taille, j'ai besoin de vérifier comment la robe tombe, j'ai parfois de mauvaises surprises. Bon, j'ai quand même acheté une robe et une chemise en jean, et fait la séance d'essayage chez moi, ce qui m'a un peu frustrée : j'ai découvert que le passage en cabine fait, pour moi, partie du plaisir du shopping. J'ai donc acheté une robe qui me faisait très envie, et une jolie paire de nus-pieds, aussi, tout en étant circonspecte : je vais être, tout cet été, en télétravail deux semaines sur trois, ce qui va nettement limiter mes envies d'élégance. 

    En partant faire du vélo hier matin, j'ai croisé ma voisine du dessus qui, l'air épuisé, m'a dit "je regrette d'avoir acheté ici". En revenant, deux heures et demie plus tard, j'ai croisé celle du dessous qui m'a dit "je vais vendre et m'acheter un terrain dans les bois". Je ne suis pas la seule à trouver les nuits difficiles, en ce moment. Si, côté run des motos ça s'est calmé (nous avons été nombreux à nous plaindre auprès de l'élu en charge du quartier, et ça semble avoir porté ses fruits), une bande de gamins et de gamines s'installent dans l'aire de jeu pour enfants en face de la résidence, en milieu de nuit, avec force jacassements et rires. Et si les motos se sont calmées, un ou deux scooters puissants et, donc, bruyants, passent régulièrement et, là encore, tard dans la soirée. Pour s'endormir, c'est difficile, et quand on réussit à s'endormir, rien ne dit qu'on ne sera pas réveillé une ou deux heures plus tard… Cette nuit, toutefois a été assez tranquille pour le remarquer, et je compense régulièrement par des siestes réparatrices.

    Ce week-end, donc, fut bon, même s'il aura été limité par cette fichue situation. J'ai aussi vu ma petite-fille, qui est tout à fait adorable, et je n'ai pas résisté à la prendre dans mes bras. Du beau temps, du vélo, une jolie robe, ma petite-fille… que demander de plus ?!


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  • Médusée, que j'étais cet après-midi à l'Ehpad, quand ma mère a attrapé le petit emballage en papier brillant des crêpes dentelles et s'est mise à le manger… Et elle ne voulait pas en démordre, au sens propre du terme, au point que j'ai cru que je n'arriverais pas à récupérer ledit emballage. Elle n'a plus sa tête, mais a toujours de l'appétit au point, donc, de manger n'importe quoi maintenant. J'imagine que sa démence a encore grimpé d'un cran.

    Mon père a-t-il encore toute sa tête ? La psychologue de l'Ehpad, que j'ai croisée en partant, m'a dit qu'elle l'avait trouvé un peu "flottant" cet après-midi, et de fait, j'ai trouvé mon père un peu étrange, bizarrement détaché.

    Mon père, je ne l'avais pas vu depuis deux mois et demi, en raison du confinement, et les quelques nouvelles que j'avais eu par l'Ehpad ne m'avaient pas préparée au choc que j'ai eu en le voyant, il y a deux semaines. Amaigri à un point que je n'aurais jamais imaginé possible le concernant, décharné en fait, et, désormais, alité puisque trop faible pour qu'il en soit autrement. Les raisons de ce déclin sont complexes, mon père ne parvient plus à s'alimenter depuis plusieurs mois, il souffre de vomissements dont personnellement je pense qu'ils sont dûs au stress de se voir décliner, je pense que mon père est entré dans un mauvais cercle vicieux, il se rend malade à l'idée d'être malade et de mourir. Bien sûr, il faut aussi penser qu'il puisse y avoir une "vraie" raison, médicale, à ses vomissements, mais le confinement est passé par là et une des conséquences est que tous les actes médicaux, tels que les radios, les irm… ont été stoppés pendant deux mois. Dommages collatéraux du Covid, en quelque sorte.

    Lorsque je l'ai vu il y a deux semaines il a tenu à me donner le classeur dans lequel il met toutes les informations importantes - dont ses dernières volontés, comme j'ai pu le découvrir, pas très rigolo de tomber là-dessus - parce qu'il est trop fatigué pour s'occuper de ses papiers, il était inquiet en particulier parce qu'il n'avait pas fait sa déclaration d'impôts.

    J'ai fait la déclaration, j'ai jeté un coup d'œil sur ses mails, et j'ai brisé un tabou (et ça n'a pas été facile) en regardant l'état de son compte en banque - parce que s'il décède avant ma mère, il faut continuer à régler l'Ehpad. C'est moi qui vais devoir gérer tout ça, alors je préfère savoir ce qu'il en est.

    Gros stress émotionnel depuis deux semaines, je vis un peu au rythme des visites et des coups de fil de l'Ehpad, les nouvelles sont tantôt bonnes tantôt mauvaises, je suis épouvantée - je l'avoue - à l'idée que mon père est en fin de vie et que cette fin de vie pourrait durer de longs mois, j'ai vécu ça il y a deux ans avec mon oncle et je sais à quel point c'est éprouvant pour les proches. Les émotions me fatiguent toujours beaucoup, et les nuits rendues difficiles ces dernières semaines par le raffut du quartier n'arrangent rien. Je suis crevée. Accessoirement, j'ai beau ne pas aimer mon père, c'est tout de même difficile émotionnellement de le voir dans cet état là, arrivé à un certain stade le passé est dépassé, si je puis dire, il ne reste plus rien que cette vérité : un être humain est là, mourant, et ce corps usé et décharné est celui de mon père.


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  • Petit, c'est vite dit. Un Week-end de quatre jours, c'est bien sympa. Mais que dire du prochain, qui fera cinq jours ? La Big Bank nous a demandé de poser des jours de congés (travailler moins pendant la crise du Covid, pour travailler plus quand elle sera terminée), et le lundi 1er juin est férié. Des mini-vacances en quelque sorte, c'est bien dommage que la piscine soit fermée, tout comme la salle de sport, tout comme le studio de yoga… parce que bien sûr, j'ai perdu l'habitude de faire du sport, moins on en fait et moins on a envie d'en faire, et j'ai perdu la belle énergie qui m'animait :-(  Heureusement j'ai pu reprendre le vélo, c'est déjà ça.

    Ce Week-end a été bon, et très occupé. Jeudi mon cadet et moi sommes allés dans une gravière faire des photos, et nous avons passé un bon moment, d'autant plus que nous étions tous les deux à partager une même passion. Il faisait beau et chaud, nous avons attrapé des coups de soleil et avons bien profité de l'endroit. Cette gravière je l'avais découverte par hasard, il y a dix ans, alors que j'habitais chez mes parents pour quelques mois et que j'explorais les environs en vélo, d'ailleurs quelques photos en témoignent dans les profondeurs de ce blog. J'y ai repensé dernièrement, en ai parlé à mon fils, toujours friand d'endroit insolite pour des photos. Il y a quelques mois, alors que nous allions chez mon frère dans les Landes, nous nous sommes arrêtés en découvrant, en bordure de route, une vieille usine désaffectée, et avons fait une séance photo d'autant plus sympa qu'imprévue.

    La gravière, encore en exploitation il y a dix ans, ne l'ai plus, les machines ont été enlevées à mon grand regret, il reste des trous plein d'eau, du sable blanc, l'endroit a son charme...

    Petit pont

     

    J'ai été bien occupée, vendredi, à préparer cakes salés et gâteau pour le lendemain. J'avais en effet invité mes frères à venir manger, samedi midi. Mon frère et sa femme, des Landes, pour se changer les idées leur maison ayant été inondée par les intempéries d'il y a quinze jours, et mon frère de Poitiers descendant voir mon père à l'ehpad. Il y avait longtemps que nous n'avions pas été réunis, et j'ai été très contente, d'autant que mon frère le plus jeune s'est attardé, après le départ de mon autre frère, et que nous avons pu parler longuement, en particulier de la situation de mon père. L'état de dernier s'est en effet dégradé, et j'ai vécu ces deux dernières semaines au rythme des hauts et des bas de la santé de mon père, et des appels de l'ehpad.

    Le dimanche, c'est souvent pour moi le jour de la balade à vélo, ce dimanche n'a pas fait exception à la règle, une bonne balade dans les bois avec le plaisir d'entendre le premier chant du coucou de l'année. Je me suis arrêtée un instant, il y avait les fougères, les pins, les oiseaux qui gazouillaient et puis le coucou qui célébrait le retour des beaux jours - le bonheur. 

     


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  • Qui est le mois de la pivoine ! 


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  • M'a fait réfléchir, je l'ai déjà dit, à mon chez-moi, ou plus exactement à la localisation de mon chez-moi. L'habitat collectif, H24, c'est pesant. Le quartier pauvre et populaire, avec ses corolaires que sont la saleté, le bruit et, dans une certaine mesure, la mixité culturelle (traite moi de raciste, je t'invite à venir passer le prochain ramadan chez moi et on en reparle), on en touche vite les limites.

    J'ai donc passé quelques semaines à m'imaginer gentiment vivre ailleurs, à la campagne, dans un de ces jolis petits villages du sud de la Gironde, avec de grands champs et beaucoup de pins qui sentent bon et tiennent bien chaud l'été. 

    Et puis voilà que le week-end dernier a été particulièrement pluvieux, de vraies intempéries, les rivières ont débordé, au point que les petits villages qui me plaisaient tant ont tous été inondés. Bah oui, c'est pas pour rien que les bergers landais, ils avaient des échasses.

    Bon, mettre assez d'argent de côté pour prévoir des pilotis à la maison de campagne !


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  • Quand même il faut que je te raconte un truc. Le dimanche soir, alors que j'étais déjà dans mon lit, comme je pensais à la reprise du lendemain matin, je me suis soudain dit "mais, pour rentrer dans la boîte, il me faut un truc, non ? un truc… un badge !?" Je ne m'étais pas servi de mon badge depuis deux mois, j'avais oublié ce que c'était. Te dire si j'avais décroché du bureau et de ses contingences matérielles. Je me suis relevée aussi sec et été chercher ledit badge au fin fond de mon sac à main.

    Et le lendemain, quand je me suis retrouvée sur la rocade, je me suis demandée si je savais encore conduire. Mais si, il y a des choses qu'on n'oublie pas. Par contre j'ai eu un moment de doute en me disant "merde, j'ai oublié de faire mon attestation dérogatoire", faut croire qu'on prend les mauvaises habitudes aussi vite qu'on perd les bonnes.

    Bref. Il y a, cette semaine, un peu plus de monde sur la route, mais la circulation est toujours aussi fluide, c'est un vrai bonheur. C'est crétin, quand même, on pourrait donc éviter les bouchons, la pollution, avec un peu de bonne volonté.

    En parlant de bonnes et mauvaises habitudes, j'ai encore un peu de mal à réaliser, quand je passe mon badge au sas d'entrée, que je ne pointe plus, je me sens comme un galérien fraîchement libéré des fers, qui se retourne sans cesse en cherchant le garde-chiourme.

    La reprise et son lot de joyeusetés habituelles, dont l'annonce de la réorganisation de mon service, cette après-midi. Je conserve mon ordinateur et, avec un peu de chance, mon bureau et mon fauteuil, mais tout le reste change. Mon boulot, ma chef, mon bulletin de paie, la mutuelle, le CE, l'accord de participation… je ne suis même pas sûre que la convention collective soit la même. Je change d'organisation, presque comme il y a six ans (déjà !) quand la Big Bank a avalé le petit poisson où je bossais auparavant. La réorganisation concerne plusieurs services en plus du mien, ça va se faire dans le courant de l'été pour une mise en place début septembre - si le projet ne prend pas de retard. Je reste zen, le changement ça me connait, et du reste il y a deux semaines j'ai postulé à une annonce interne pour aller bosser - je n'ai peur de rien - en agence bancaire, parce que pourquoi ne pas tenter une dernière aventure professionnelle avant la retraite ? J'aurais aimé être soigneuse dans un zoo, danseuse classique ou brodeuse chez Lesage, je crois que c'est un peu raté, mais un petit "Bonjour Madame Michu commentallezvous ce matin et ce petit découvert vous me le renflouez quand" ça me changerait peut-être agréablement de "Peux-tu m'assurer que ton upgrade de serveur est bien sous contrôle, et joindre à ta demande le PV de tests et la validation du manager ?" - parce que je ne fais pas toujours un boulot passionnant-passionnant.

    Mais bon, la reprise, c'est sympa quand même, et il me tarde de pouvoir revoir mes collègues… à l'automne peut-être, quand on pourra enfin retravailler tous ensemble en même temps. 


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  • Reprise du travail sur site ce matin, donc. Peu de monde sur la route, je l'ai dit, encore moins de monde dans l'entreprise, la reprise n'est prévue que début juin, ne reprenaient aujourd'hui que les collaborateurs et cadres volontaires pour reprendre, afin de tester les mesures mises en place par l'entreprise : distribution des masques, redimensionnement des open-spaces et de la cafétéria, etc.

    J'ai donc récupéré quatre masques, dans une enveloppe kraft, deux pour aujourd'hui, deux pour demain, avec quelques consignes, mettez un masque le matin, et l'autre l'après-midi après votre pause déjeuner, et venez chercher de nouveaux masques tous les deux jours. D'accord, mais le masque, on le met comment ? la face bleue sur le nez, ou la face blanche ? Et comment on fait pour éviter la buée sur les lunettes ? Et surtout, comment on fait pour supporter ce putain de truc en permanence sur la bouche, avec les élastiques qui tirent derrière les oreilles ? Aïe je me suis coincée la boucle d'oreille… J'admire les gens qui bossent en permanence avec un masque sur la figure, claustro comme je suis j'en oublie de respirer, ça m'agace et je ne suis pas la seule. Nous sommes cinq dans l'open-space, nous optons tacitement pour un modus operandi pratique : on met le masque quand on se rapproche pour discuter, le reste du temps le masque reste sur le menton.

    Panne d'écran, un technicien vient, c'est un gars avec qui j'ai bossé, on discute un peu. Il a un masque, je porte le mien tant qu'on discute. Il manipule l'écran, mon pc, il écarte mon clavier qui le gêne…. pas de gants, pas de lingettes pour nettoyer après son passage. Je ne vais pas pousser des cris d'orfraie : personnellement je pense qu'il faut aussi qu'on se fasse notre immunité. J'ai toutefois regardé d'un œil un peu dubitatif la clim, juste à côté de moi, qui soufflait son air chaud à toute puissance…

    Je vais aux toilettes, je me lave les mains, je retourne au bureau j'ai touché la porte du couloir, je me relave donc les mains au gel hydroalcoolique mis à notre disposition. Je vais chercher de l'eau pour la cafetière, je retouche la porte du couloir, je me relave les mains au gel hydroalcoolique mis à notre disposition. Je vais déjeuner à la cafétéria, je re-retouche la porte du couloir, je me re-relave les mains au gel hydroalcoolique…. je termine la journée avec la peau des mains façon croco, et ce n'est que le premier jour. Ca va faire le bonheur des producteurs de crèmes pour les mains ! 

    Je suis donc retournée au boulot ce matin, et j'ai bien fait. J'ai réalisé qu'un mois de plus de confinement, et je n'aurais pas eu envie, mais alors pas du tout envie, d'y remettre les pieds. Travailler chez soi, c'est bien. Ma copine Véro, elle, était bien contente de reprendre : elle vit avec sa maman, un peu âgée, un peu sourde, alors le télétravail dans la chambre avec BFM qui braille non-stop dans le salon à côté, c'était compliqué. 

    La Big Bank a peaufiné son plan de reprise. Pour la pause déjeuner, nous avons des créneaux horaires imposés selon l'étage où nous sommes. Il y a certaines copines que je ne vais pas croiser d'ici plusieurs  mois ! A la cafèt, ambiance surréaliste : sur les tables de grandes croix faites au scotch marron condamnent une place sur deux. Nous déjeunons en quinconce, quatre à une table prévue pour huit, et sans sel, ni poivre, ni carafe d'eau, ces objets étant des surfaces pouvant potentiellement être vecteur du virus…  Le coin café a été condamné, pour la convivialité on attendra la fin de l'épidémie.

    On notera que ce gros méchant virus aura mis à mal le modèle immobilier à la mode dans le monde de l'entreprise : terminé le "free-sitting" du "flex-office" : désormais chacun à une place attitrée, et doit y rester. Ca et le télétravail généralisé, c'est intéressant de voir à quel point les scénarios d'hier pourraient ne pas être ceux de demain.

     


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  • J'ai repris la route du travail, ce matin. J'ai mis un quart d'heure pour y aller, pareil ce soir pour en revenir. Là où je mets au minimum 35 minutes, parfois presque une heure - pour faire 7 kms. Peu de monde sur la route, peu de monde sur la rocade. Moins de pollution, du temps gagné… Quelles économies ferions-nous si le télétravail devenait quelque chose de normal.

    Mais voilà, dans la tête de bien des gens, et surtout des cadres, le télétravail, ce n'est pas vraiment du travail. Une collègue m'a rapporté, dans une conversation la semaine dernière, qu'à l'occasion de la réunion d'équipe hebdomadaire son manager a déclaré "lundi nous reprenons le travail !". Elle lui a gentiment, mais fermement, fait remarquer que personne n'avait cessé de travailler, et qu'au contraire pour certains le télétravail avait engendré plus de travail, et des horaires de travail élargis.

    Bref, demain il en sera comme hier, et l'homme est un loup pour l'homme.


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  • A - Angoisses. J'ai vécu le confinement avec un arrière-fond de crises d'angoisse, rien d'invalidant juste de petites crises le matin au réveil, et puis j'ai appris que je n'étais pas la seule, du reste il y avait de quoi.

    A - Applaudissements. Non je n'ai pas applaudi, le soir à 20 heures. Parce que je trouve ça très agaçant ce discours qui divise la société entre "valeureux guerriers qui risquent leur vie" et les autres, comme moi, qui bossent quand même. Parce que ça m'agace de voir le gouvernement nous filer du trémolo pour parler des soignants, quelques mois seulement après leur avoir balancé du lacrymo dans la gueule. Et enfin, parce que dans mon quartier, ce sont les mêmes qui applaudissent à vingt heures et caillassent les pompiers quand ils interviennent sur les feux de poubelles allumés exprès.

    A - Autruche. Je le dis franchement : au début du confinement, dans l'état de stress qui était le mien, je n'avais qu'une envie : faire un trou dans le sol, et m'y fourrer la tête en attendant que ça passe. Ou me flanquer sous la couverture et demander qu'on me prévienne quand ça serait fini. Et puis on s'habitude à tout, et finalement je trouve ça même un peu rigolo de voir comment, d'un jour à l'autre, certains mots, confinement, masque, ont envahis nos conversations. Et comme je le dis dans mon alinéa suivant, ça aurait pu être pire.

    C - Covid. Bon, c'est quand même pas la Peste, le choléra ou la variole. Oui parce que j'étais en train de lire un bouquin de Jorge Amado quand le confinement a commencé, et il y est question d'une épidémie de variole. Occasion d'en savoir un peu plus, je suis allée sur le net, j'ai trouvé deux articles Wikipédia consacrés à la variole et à la peste, très bien faits, et je me suis dit qu'on avait quand même bien de la chance. La variole est officiellement éradiquée - mais ça fait un peu froid dans le dos de savoir qu'il en existe quelques souches dans quelques laboratoires P4 - quand à la peste, et bien figure-toi qu'elle refait quelques morts de temps à autre, un peu partout dans le monde et ça, c'est quand même sacrément flippant. 

    E - Economie. Pour moi, c'est ce qui me fait le plus flipper, la suite, les conséquences. Le gouvernement qui nous lâche des milliards, c'est gentil, c'est nécessaire, mais va-t-il aller les chercher dans nos poches ? Et puis, surtout, les gens que j'aime vont-ils se retrouver au chômage, vont-ils pouvoir rouvrir leurs commerces,...

    M - Masque. Tu inspires, tu expires, et tu as de la buée sur les lunettes. Voir ou respirer, fais ton choix camarade.

    P - Philo. L'occasion de faire un peu de philo, réfléchir au rapport au chez-soi, au temps et à ce qu'on en fait. J'ai trouvé ça intéressant.

    R - Remise en cause. Remise en cause de notre système économique ? Rien n'est moins sûr, hélas. 

    R - Rentabilisation. Non je n'ai pas "rentabilisé" mon confinement en apprenant une langue étrangère, en regardant des podcasts culturels ou en regardant Arte. J'étais pas assez sereine pour ça, alors je me suis juste ennuyée en revoyant la série Urgences rediffusée une énième fois sur la TNT. Et ce n'est pas grave, fuck la rentabilisation.

    R - Reprise. Je reprends le boulot, sur le site de l'entreprise qui m'emploie, lundi. Ca va me faire bizarre, devoir me presser un peu pour me préparer le matin, reprendre la voiture, et être enfermée dans un bureau. Revoir les copains et les copines ça va être sympa, même si on ne va pas tous se revoir de suite. Reprise progressive, par groupes, en alternant les groupes et les périodes de télétravail, pour limiter les risques d'épidémie. C'est les chattes, qui vont être surprises, elles avaient pris l'habitude de me voir toute la journée à la maison ! Le manager d'une fille que je connais a déclaré "lundi on reprend le boulot". Comme si on bossait pas parce qu'on était en télétravail… certaines idées reçues ont la vie dure, hélas.

    S - Sport. C'est ce qui m'a le plus manqué. A force d'être assise, et d'avoir une activité physique réduite à la seule heure de marche autorisée de la journée, j'ai perdu du muscle, et me suis retrouvée avec un tas de petites douleurs désagréables. Les salles de sport ne seront pas autorisées à ouvrir de suite, et on n'a pas de date pour l'instant, mais retrouver mon vélo dès le week-end prochain va être un vrai bonheur pour moi. Et à défaut de salle de gym, j'irais faire du vélo elliptique dans les installations en plein air de mon quartier, dont j'espère qu'elles seront de nouveau autorisées d'accès.

    T - Télétravail. Travailler face à la porte-fenêtre de ma cuisine, avec vue sur les arbres et le ciel, avec la porte grande ouverte les jours de beau temps, c'est bien agréable. La pause café du midi, sur le balcon, c'est sympa aussi. D'ailleurs hier midi, j'ai pas vu l'heure, et j'ai failli oublier de reprendre le boulot ! 


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  • Pépin, la lune, la lune !

    Pépin, la lune, la lune !

    Pépin, la lune, la lune !

    Pépin, la lune, la lune !


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  • Ca fait des années que ça dure, et c'est à chaque fois pareil : il fait beau, et il y a toujours un imbécile pour tourner dans le quartier avec une moto puissante, non homologuée, sans pot d'échappement (et tant qu'à faire, sans assurance, sans casque et bien sûr sans permis). Une moto, déjà, c'est pénible. Mais ces derniers semaines ce sont deux, puis trois, puis, ce soir, quatre motos qui tournent. Du milieu de l'après-midi jusqu'à la tombée de la nuit, et c'est juste l'enfer.

    J'ai appelé les flics hier soir, les ai rappelé ce soir, et je ne suis pas la seule, le flic qui répond est à chaque fois exaspéré. Moins que nous, cependant. "Pas de moyens" "les nuisances sonores ne sont pas la priorité", voilà la réponse.

    Il est bien évident que la prochaine fois que je rencontre un Gilet Jaune, je lui conseillerai de venir manifester, avec ses copains, dans mon quartier : les flics n'y sont jamais.

     

    Et ça tu vois, c'est grave : constater qu'il vaut mieux être un délinquant qu'un citoyen défendant ses idées. 


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