• A 21 h 30 hier soir, je suis montée sonner chez la voisine du dessus. La gamine qui fait le kangourou tous les soirs, passe encore, elle n'a que trois ans et en cette période de confinement je comprends tout à fait. Mais la musique arabe à fond, c'est plus que je ne peux supporter. Quand la voisine a ouvert la porte j'ai découvert qu'elle n'a pas seulement sa fille, mais aussi deux autres gamines. Et en fait je ne sais pas trop combien d'adultes elles sont en ce moment. Si j'ai bien compris, elle a de la famille qui était là en vacances et se retrouve bloquée chez elle à cause du confinement. Bon, peut-être, ça ne m'explique pas pourquoi il a maintenant trois noms sur la boîte à lettres. En attendant, pour trois petites filles en bas âge, elles ne font pas tant de bruit que ça, elles sont même étrangement silencieuses le matin. Et l'avantage des enfants, c'est qu'ils se couchent tôt le soir. Sauf hier soir, mais la voisine a immédiatement arrêté la musique, ouf.

    Parce que j'ai de plus en plus de mal à supporter le bruit, la musique en particulier, je préfère encore les bruits d'engueulades ou de tournevis, qui durent souvent moins longtemps. Et finalement je découvre que ce n'est pas la solitude qui me dérange le plus, mais au contraire la vie en collectivité.

    Je n'ai pas les moyens d'acheter une maison individuelle, même au fin fond de la campagne girondine. Et la campagne landaise elle-même va bientôt être hors de ma portée. So, what ? Il faut que j'étudie les options possibles, de la plus fantaisiste (jouer au loto) à la plus pragmatique (me renseigner sur les casques anti-bruit connectables à la télé, et sur les bouchons d'oreille faits sur mesure par un audio-prothésiste). Il me reste peu ou prou sept ans d'ici la retraite, c'est à la fois long et court, ça me donne un peu de temps pour réfléchir au mode de vie que je veux avoir ensuite. Le confinement me prouve que je peux faire du yoga chez moi, que la salle de sport est remplaçable par une ou deux machines, et que j'ai besoin d'avoir, à proximité immédiate, des commerces pour me sentir rassurée. De toute façon, la crise que nous vivons va forcément avoir des conséquences, plus ou moins attendues, plus ou moins longues. Il est donc difficile de faire des projets, mais je peux au moins réfléchir à plusieurs options. Pourquoi ne pas vendre mon appartement, placer l'argent, et partir en location dans une maison ? Ou, quand je serais (un peu beaucoup) plus âgée, m'installer dans une résidence séniors où je serais certaine de ne pas être emmerdée par les voisins ? En tout ça, je réfléchis, je réfléchis, en ce moment, j'ai tout mon temps. Et en attendant, j'ai acheté des boules Quiès.


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  • J'ai fini de trier mes archives, j'ai fini le tri de mes vêtements, j'ai mis de côté ceux que je ne mets plus pour les porter à une borne de recyclage, et j'ai rangé les autres par couleurs. J'ai fini le roman de Jorge Amado que j'avais commencé la semaine dernière, j'ai lavé mes vitres. J'ai recousu l'ourlet d'une robe, opération que je remettais à plus tard depuis deux ans, bonne nouvelle je vais pouvoir la remettre. 

    Bon, et maintenant, je fais quoi ? 

    J'avoue, je m'ennuie un peu par moment. En même temps, s'ennuyer, c'est un luxe de pays riche, j'en ai bien conscience, alors je ne me plains pas. J'ai une réserve de bouquins à lire assez conséquente, et j'ai ressorti mes livres de cuisine. Après un dessert à base de semoule au lait et aux fruits secs, j'ai expérimenté une recette de brioche qui finit de cuire - mais si l'odeur est alléchante il est visible qu'elle n'a pas gonflé comme il fallait. Demain, je teste une recette de tagliatelles aux petits pois et mascarpone. J'ai une copine qui a fait son pain cette semaine, et j'envisage d'essayer de faire mes pâtes moi-même. Ce confinement ouvre bien des perspectives. 

    Cette semaine, je suis encore en arrêt maladie, je vais toutefois appeler ma chef pour lui dire que je vais me connecter deux ou trois après-midi, pour me remettre dans le bain doucement, me mettre à jour de mes mails, me mettre à jour de toutes les informations qui seront arrivées ces deux dernières semaines. Je préfère ça que reprendre le lundi suivant, et être de nouveau rongée par le stress l'après-midi même. 

    J'ai fait un cauchemar cette nuit, du coup je me suis réveillée et j'ai eu du mal à me rendormir. A quatre heures du mat', les pensées vont un peu dans tous les sens, aussi noires que la nuit. Je me suis retrouvée à angoisser sur le fait qu'une vraie catastrophe pourrait nous arriver, pays complètement à l'arrêt, plus de médias, plus rien à bouffer - et j'angoissais sur le fait que mes chats allaient mourir de faim - chacun ses angoisses.

    Le bon effet du confinement : plus de pollution dans l'air. Qui, du coup, retrouve une odeur de nature, profitons-en pour ouvrir les fenêtres et respirer à plein poumons ! 


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  • Au milieu de tout ça, c'est passé inaperçu, et je l'aurais presque oublié, mais je suis enfin passée Cadre. Au bout de trente ans de boulot, pas trop tard. Un peu de beurre dans les épinards, par contre je dis adieu à mes vendredis. Le temps partiel ne se calcule pas de la même façon pour les pointants et les cadres, résultat je n'aurais désormais plus qu'un vendredi de libre sur deux. Mais bon, c'est déjà ça, du reste vu que le télétravail va probablement rentrer dans les habitudes plus vite que prévu - il faut bien qu'on tire quelques avantages de la situation que nous vivons actuellement - je pourrais demander à télétravailler un vendredi sur les deux que je devrais travailler. Donc, voilà, je suis cadre, mazeltoff ! Arroser ça avec mes collègues, c'était prévu, c'est juste remis à un peu plus tard, quand on sortira de ce foutu confinement et qu'on aura le plaisir de se retrouver ! 


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  • Donc, le Grand Confinement.

    En vrac : il fait beau, et je trouve ça plutôt sympa parce que ça permet d'avoir les fenêtres ouvertes assez souvent, et de m'installer sur le balcon quand il est au soleil. Bien sûr ça fait regretter d'être confiné, mais je préfère tellement ça à un confinement toutes fenêtres fermées, et puis d'ici cet été, on en sera sorti. Difficile pour autant de ne pas sortir, et même si je m'astreint à rester chez moi au maximum, je m'autorise une sortie tous les deux jours. J'ai découvert qu'au bout du quartier, il y a un city-stade avec deux vélos elliptiques et un rameur, rien d'extraordinaire, du matos tout en acier pour résister aux intempéries, mais faute de mieux, ça fait le job. J'y suis allée me défouler hier en fin d'après-midi, et ça m'a fait du bien. Le confinement, dans le quartier, c'est une notion à géométrie variable. Il n'y a plus aucun enfant dans l'aire de jeu en face de mon appartement, c'est la bonne nouvelle pour mes oreilles, mais il y a ci et là des djeuns qui zonent en bandes. Sur la placette en bas de chez moi, les quatre ou cinq vieux qui sont constamment dehors se sont adaptés : chacun sur son banc ! 

    Je m'occupe, je fais ce que je remettais toujours au lendemain depuis des années. J'ai recousu l'ourlet d'une tunique que je ne mettais plus depuis deux ans, j'ai nettoyé mes baies vitrées, j'ai fait du tri dans mes papiers, et inutile de dire que je prends le teeeeeeemmmmmps de le faire, mais justement, n'est-ce pas une chance de pouvoir enfin prendre le temps ? Mais je commence à m'ennuyer un peu quand même… Je fais du yoga un jour sur deux, je me réjouis d'avoir acheté un tapis il y a quelques mois, et sur YouTube on trouve plein de vidéos qui permettent une pratique guidée tout à fait correcte. 

    Côté sociabilité, une copine du boulot a créé un groupe WhatsApp où nous sommes cinq filles à nous retrouver tous les jours, pour un gros quart d'heure de relaxation/méditation/sophrologie/papotage. Cela me fait beaucoup de bien, et aux autres aussi apparemment. L'occasion de poser un peu le sac, un peu lourd, du stress et de l'angoisse de la situation. Et puis comme tout le monde, je prends le téléphone un peu plus souvent que d'habitude, l'appel a remplacé le message ou le texto, et c'est pas plus mal. Mon fils aîné m'a envoyé quelques photos et une vidéo de ma petite-fille, ça m'a fait plaisir. Je vois aussi régulièrement mon cadet, côté contamination réciproque on est si souvent ensemble qu'on ne risque plus grand chose, et ça nous fait du bien de pouvoir continuer à nous voir, autant pour moi que pour lui, qui est actuellement au chômage et vit seul. Sa copine est confinée chez elle en Italie (mais tout va bien pour elle et sa famille) et lui, chez lui.

    Je gère correctement appétit, repas, poids, exercices physiques. J'ai ressorti mes livres de cuisine pour y trouver des idées. Je regarde pas mal Facebook aussi, ce qui m'a permis d'apprendre que la station spatiale internationale allait passer hier soir au-dessus de ma tête, et j'ai pris le temps de lever la tête, quelques petites minutes un peu magiques, à regarder un petit point brillant filer à toute vitesse par delà les tours du quartier. Le moral est bon, je profite de cette pause, car il va falloir que je reprenne le boulot, avec le stress d'une période difficile de ce côté là. Tout irait plutôt bien si je n'étais pas devenue intolérante au bruit. Dans la mesure où je vis en immeuble collectif, avec des voisins dessus et des voisins dessous et zéro isolation phonique au niveau des sols et plafonds, c'est parfois compliqué. Je suis en train de réfléchir intensément au problème, j'envisage de me renseigner sur des bouchons d'oreilles sur mesure, je réfléchis surtout sur la façon dont je voudrais vivre, d'ici quelques années. Cette période de confinement est aussi pour moi un test grandeur nature sur ma façon de vivre la solitude, solitude vis-à-vis de laquelle je suis toujours ambivalente, je l'aime et j'en souffre tout à la fois. 


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  • S - Sédentarité. C'est l'à-côté pénible du télétravail : on reste assis plus souvent que d'habitude. Fini les allers-retours depuis le parking, pour aller à la cafèt, pour aller discuter avec les collègues du bureau d'à côté. 

    P - Pauses, et oui fini les pauses café et/ou discussion avec les collègues des bureaux d'à côté, tes contacts se réduisent vite à tes collègues de taf', via WhatsApp ou Skype. 

    P - Pyjama. Pas la peine de fantasmer sur le fait que le télétravail permette de rester toute la journée en pyjama, parce que les outils de connexion à distance permettent le cas échéant - quand les "tuyaux" sont configurés pour que les connexions fonctionnent correctement - de faire des visio-conférences ! Ma chef, pas maquillée, prend un coup de vieux.

    C - Confort. C'est là que tu découvres que ta chaise de cuisine ça ne vaut pas un fauteuil de bureau quand tu dois y rester assis toute la journée. De fait, bon nombre de mes collègues ont réalisés que des aménagements seront nécessaires si le télétravail se poursuit, comme nous l'espérons, après la crise actuelle. Qui va aménager un bureau dans une pièce séparée de son salon, qui va s'acheter un grand écran parce que les fichiers excel sur écran 14" c'est juste pas possible. En ce qui me concerne je me suis réjouie de ne pas m'être encore (c'était un projet) débarrassée de mes chaises de salle à manger, qui s'avèrent finalement bien pratiques et confortables pour travailler. 

    P - Pause repas. Quand tu vas à la cafèt, tu mets les pieds sous la table. Du coup, une heure c'est suffisant pour déjeuner et prendre le café. Là, à la maison, il faut prendre le temps de préparer le repas. Du coup, prévoir un peu plus de temps pour la pause déjeuner. Que je ne prends pas sur la table de la cuisine puisque c'est là que je me suis installée pour travailler, mais dans mon salon - j'aime bien ma cuisine mais à force d'y rester, elle finit un peu par me sortir par les yeux.

    C - Cuisine. Oui, c'est là mon bureau provisoire, parce que j'y ai une table de bonne dimension, une prise de courant à proximité immédiate parce qu'il faut recharger régulièrement téléphone, casque, pc,  et que je suis face à une fenêtre. Je n'ai jamais voulu avoir de bureau chez moi depuis que je vis seule, je trouve ça encombrant et inesthétique. Quand je suis sur mon ordi personnel, je le mets sur mes genoux, et quand je ne m'en sers pas je le range dans un tiroir, c'est un peu le principe du pc portable, de ne pas être encombrant. Donc, la cuisine, la cuisine et encore la cuisine.

    R - Réveil. Oui, l'avantage c'est en effet de me lever un peu plus tard. 

    M - Musique. Un autre avantage, tu peux travailler avec la musique que tu veux. Il y a quelques années j'ai bossé avec Hubert qui tenait à travailler en musique, et à avoir l'exclusivité du choix de la playlist. Trois ans à bosser avec Mickael Jackson et Madonna en fond sonore, crois-moi on s'habitue à tout.

    A - Arrêt de travail. Parce que je suis en arrêt depuis le milieu de la semaine dernière. Le stress de la situation - la Bourse qui se casse la gueule et mes économies avec, et vais-je, allons-nous encore avoir du travail alors que se profile à l'horizon une crise économique inédite - et celui du télé/travail en plus, je n'ai pas tenu le choc. Je me suis retrouvée chez le médecin qui m'a prescris un arrêt de travail pour "anxiété réactionnelle" et j'ai trouvé le terme assez juste, et ma psy m'a prolongée de quinze jours. J'ai toujours un stress assez fort et des crises d'angoisse tous les matins, mais au moins je n'ai plus le stress du boulot à gérer. J'ai beaucoup culpabilisé, jusqu'à ce que j'apprenne, dans mon entourage, que stress et anxiété sont le lot de pas mal de gens en ce moment, je serais curieuse de savoir où en est la consommation de psychotropes actuelle des Français. Je reprendrais contact la semaine prochaine avec ma chef, pour me remettre doucement dans le bain, et on verra comment ça se passe. En attendant, je me repose, j'en avais besoin.


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  • Qui tient en une seule lettre, A !

    A - Anticipation. "La dernière fois que je suis allée au cinéma, ce fut le 14 mars 2020. Deux jours plus tard, le monde sombrait dans le chaos". Bon, ça ferait une bonne accroche pour un livre d'anticipation, un genre que j'ai toujours adoré. J'adore beaucoup moins le fait de vivre la situation actuelle en vrai.

    A - Anxiogène. Car je trouve la situation particulièrement anxiogène, côté médias, et si ce soir ça va un peu mieux, j'ai mal vécu, hier soir, les annonces successives quand à la mise en quarantaine du pays au complet.

    A - Angoisse. De fait, je souffre d'une petite crise d'angoisse, en arrière-fond, depuis plusieurs jours. L'enfermement dû au télétravail, puis la situation qui s'aggrave, c'est pas bon pour la fille fragile que je suis. Respirer, et garder à l'esprit que ça ne durera que quelques semaines.


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  • Journée de ouf', au bureau aujourd'hui. Le coronavirus, ça affole tout le monde. Branchée sur un site financier, j'ai suivi la dégringolade de la Bourse en direct, tandis que notre Direction prenait, à l'arrache, des mesures pour éviter une éventuelle épidémie parmi les salariés. Arrêt de tous les déplacements, à l'étranger mais aussi en France, gel du "flex-office" sur le site parisien le pratiquant (le flex office, c'est plus de place attitrée pour les collaborateurs, mais chacun qui se place où il veut), et, surtout, mise en place du télétravail pour tous les collaborateurs équipés d'un pc portable. Concrètement, on divise toutes les équipes en deux, une moitié des salariés de l'équipe continue à bosser au bureau, et l'autre moitié bosse depuis chez elle, et la semaine suivante on inverse. Le but : éviter qu'en cas d'épidémie tout le monde soit malade en même temps. Il faut éviter l'arrêt de l'activité de l'entreprise. 

    Comme d'habitude, tout est fait n'importe comment, c'est donc au fil de la journée, et des informations contradictoires, qu'on a appris la mise en place de cette mesure, et dans l'après-midi que j'ai appris que demain, je reste chez moi pour bosser, jusqu'à la fin de la semaine. Le dispositif étant mis en place pour une durée indéterminée. 

    J'avoue avoir eu une grande montée d'angoisse, à l'idée de me retrouver clouée chez moi, seule face à mon pc, seule pour la pause de midi. Si j'ai fait pas mal de progrès en matière de gestion de ma solitude, il y a encore des moments où ça pique. 

    Bon, je ne suis pas du genre à me laisser aller. Il y a des avantages à cette situation : déjà, dormir une heure de plus. Ne pas m'énerver dans les bouchons. Economiser de l'essence et de l'usure de la voiture. Et puis je ne serai pas tout à fait toute seule devant mon écran : nous avons à notre disposition un outil de messagerie instantanée, avec vidéo si on veut, et c'est pas mal. Pour autant, bien sûr, que la Big Bank ait mis les moyens nécessaires pour que tout le monde puisse se connecter à distance. Et puis ça me fait un entraînement pour le jour où je vais me retrouver à la retraite, avec une vie sociale singulièrement plus réduite. 

    Donc demain matin, je me lève, je reste en pyjama toute la journée si je veux, et puisque je n'ai personne dans mon dos, j'en profite pour passer un ordre d'achat en Bourse. Parce que figure-toi que si l'action de la Big Bank se casse la gueule, et mon plan épargne entreprise avec, celle de ma banque aussi. Et comme cette dernière est à la portée de ma petite bourse à moi, je compte bien jouer les Picsou et piocher dans mon livret A qui ne rapporte plus rien pour profiter de l'aubaine. Wall Street, me voilà.


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  • A - Arbres. Ceux de la copropriété sont vieux, du coup il a fallu abattre quelques acacias, et celui qui est devant la fenêtre de ma chambre devrait suivre, hélas. Fini le chant des étourneaux au petit matin, et les piaillements des petits, au printemps. Mais il faut être raisonnable, un de ses comparses est tombé sur une voiture, l'an dernier, et heureusement il n'y avait personne dedans. 

    C - Conseil syndical. Un de mes agacements. On a des problèmes avec le syndic qui ne fait pas grand'chose, et, de fait, notre interlocutrice habituelle a été licenciée, trop mauvaise et ça on s'en est bien aperçu, mais la présidence du conseil syndical, une jeune femme qui vit dans la même cage d'escalier qui moi, est pleine de bonne volonté… mais manque de temps tout en s'obstinant à vouloir rester présidente du conseil syndical. Elle m'associe tout de même à une partie de ce qu'elle fait, heureusement. 

    F - Fatigue. J'étais vraiment crevée, la semaine dernière, au point d'aller chez le généraliste ou plutôt, son remplaçant. Celui-ci m'a prescrit un bilan sanguin, dont j'attends les résultats. Vivement les prochaines vacances, dans un mois. J'ai tout de même fait une bonne nuit, de vendredi à samedi, et j'étais assez en forme hier après-midi pour faire une grande balade à vélo de 23 kms ! Après la séance de yoga du matin, c'était décidemment une journée sportive. Aujourd'hui, j'ai fait une bonne sieste, et on verra bien comment se passe la semaine prochaine. 

    J - Jonquilles. Pour quatre euros, je suis revenue du marché dominical avec un joli bouquet de jonquilles qui embaume ma cuisine.

    M - Maire. Les élections approchant, les équipes électorales sont de sortie, les élus aussi, et j'ai pu interpeler le maire de ma commune au marché ce matin, sur le sujet de le propreté - ou plutôt de la saleté - de mon quartier. C'est un homme politique, rompu à l'exercice qui consiste à dire oui et répondre à côté :-/ J'avoue, je suis perplexe, pour l'instant je ne sais pas encore pour qui voter.

    P - Pu'er. C'est le nom étrange d'une variété de thé, dont un collègue m'a donné un échantillon pour que je le goûte. Beurk. on le dit "boisé" moi je lui ai trouvé une odeur de soupe de poisson, mais il faut dire que j'avais eu la main lourde. En fait il en faut peu, et ne pas le laisser infuser trop longtemps. Le collègue, c'est un prestataire arrivé il y a quelques mois, d'origine laotienne, très sympa, qui lit beaucoup et me passe les bouquins dont il se débarrasse. Au boulot, on a a mis en place dans l'espace détente une "boîte à livres", de façon assez spontanée, c'est une bonne idée qui marche bien.

    T - Télétravail. Avec cette histoire de coronavirus, nous avons pour consigne de prendre avec nous notre pc, en partant le soir, dès fois que l'épidémie se propage au fait que le site soit fermé. Le télétravail, on le réclame depuis des années, sans succès, et voilà que là, on nous l'impose presque :-/ ça résume bien la politique rh de la Big Bank ! 

     


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  • Pas mal d'interrogations, ces derniers jours, depuis une énième nuit difficile. Le quartier est bruyant le jour, le quartier est bruyant la nuit, l'immeuble est une passoire phonique. Et puis il y a l'urbanisation galopante, la moindre maison ancienne est abattue pour laisser place à deux, voire trois maisons neuves, quand ce n'est pas un nouvel immeuble. En faisant du vélo, dimanche dernier, j'ai vu un écureuil…. un miracle, je n'en n'avais pas vu depuis plusieurs années. Les oiseaux chantent, oui, pour combien de temps encore ? La pollution sonore, la pollution visuelle, la pollution atmosphérique vont croissant. Aux heures de pointe je mets 35 minutes minimum pour aller bosser, certains soirs il me faut presque une heure pour rentrer, routes saturées, quand je n'en mets que quinze en temps normal...

    Alors quoi ? L'autre jour mon frère m'a répondu : laisse tomber ta cité, viens vivre à la campagne, tu gagneras moins d'argent mais tu vivras mieux. 

    Alors ça cogite pas mal, un peu dans tous les sens. Partir ? où ? les prix de l'immobilier flambent dans la région, et pas seulement sur la métropole bordelaise. Toute la Gironde devient hors de prix, et même une partie des Landes. Travailler ailleurs ? A mon âge ? Attendre la retraite ou changer de vie maintenant ? 

    Et puis : vivre ailleurs ? J'ai tenté l'expérience, il y dix ans, direction Pau, retour ventre à terre moins de six mois plus tard. Prendre un nouveau départ, ailleurs, c'est facile quand on part en couple, en famille. En célibataire, ça l'est moins. Et puis ici, je mets mes pas dans les pas de mes ancêtres. Je suis d'ici, comme mon père, mon grand'père avant lui, je suis issue d'une des familles les plus anciennes de Pessac. Etre né quelque part, et oui, je le ressens, au plus profond de mes tripes. Et pour tout dire : j'ai déjà ma place au cimetière de Pessac - alors quoi, tourner le dos à tout ça ? 

    Alors voilà, je cogite. Mes frères et sœur l'ont fait, eux, même mes parents d'ailleurs, qui se fichent pas mal de savoir où seront posées leurs cendres. Mon fils aîné a lui aussi quitté la métropole bordelaise.

    Un appartement dans une banlieue pauvre, ou une petite maison dans un village paumé ? Et quel boulot pour vivre ? Des questions, des questions. Réfléchir, tout poser, prendre le temps.

    Et puis jouer au loto, aussi. Après tout, on ne sait jamais ;-) 

     


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  • J'ai passé une bonne soirée hier soir, chez Sylviane et Laurent, et j'ai souri en entendant Pierre, qui par ailleurs fut mon manager il y a une bonne dizaine d'années, se lamenter en parlant de quelques anciens cadres de notre ancienne boîte qui se retrouvent "placardisés" depuis le rachat par la Big Bank, "oui tu te rends compte, ils doivent être à 100 K et ne font pas grand chose de la journée !". 100 K, il faut comprendre 100 000 euros annuels, là où Pierre ne doit en être "qu'à" 60 000, j'en ai déduit qu'on est toujours le pauvre de quelqu'un d'autre. C'était une soirée à la bonne franquette, chacun portant quelque chose à manger ou à boire, j'avais porté un cake assez surprenant, poires-chorizo, et le mélange fonctionne très bien, à la recette initiale j'ai rajouté des pignons de pins et c'est une bonne idée. Sylviane avait quant à elle préparé des champignons farcis, je me suis régalée. 

    Je suis tellement fatiguée en ce moment - les nuits difficiles s'enchaînent - que je n'ai pas pu aller au cinéma comme prévu cet après-midi, mais après la sieste je suis partie à Bordeaux, il y avait longtemps que je n'avais pas pris l'air de la ville, et surtout la foire aux Plaisirs s'est installée sur la place des Quinconces, et j'avais très envie d'aller respirer cet air de fête, sentir les odeurs de chichis et de gaufres, et entendre les cris des enfants sur les attractions.

    La notule du 29 février

     

    Il faisait trop frais pour que je fasse un tour de grande roue, j'ai déambulé dans les allées avec plaisir, tout en savourant un chichi sucré et chaud, la séance de yoga de ce matin a été particulièrement difficile et je pouvais bien m'offrir cette douceur ! Je suis rentrée tranquillement, dans le tram j'ai fait quelques photos que j'ai retouchées (voir mon article précédent) car j'ai découvert que je pouvais faire plein de retouches, décidemment les smartphones sont de petits objets fascinants. 


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  • Reflets dans un oeil d'or


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  • A - Araignée. Pas de monstre dans cet appartement, j'en suis bien contente. Sur le balcon, quelques araignées, rien de bien méchant, c'est une variété assez petite et peu effrayante, alors je les laisse tranquille. Sur le balcon de ma chambre, en particulier, l'une d'entre elles s'est installée dans un morceau de bambou que j'ai posé là pour décorer, le bambou étant creux elle s'en est fait une maison, et a tissé une toile en forme d'entonnoir entre le mur et le bambou. Elle ne m'embête pas, alors je la laisse vivre sa vie d'araignée, avec son bambou maison et sa toile garde-manger. Et puis bon, il faut respecter la vie, même celle des petits insectes, figure-toi que je deviens bouddhiste.

    B - Beignets. Je regrette bien les temps anciens où je confectionnais beignets, merveilles ou bugnes. J'adorais ça. Surtout les bugnes, version du Dauphiné, légères, à la pâte délicieusement craquante. J'ai fait le choix de ne pas avoir de friteuse, donc terminé les beignets et autres friandises du Mardi Gras. La gourmande que je suis le regrette, mais l'odeur de friture elle, ne me manque pas ! 

    B - Bruit. Le gros problème du moment. J'ai eu un week-end particulièrement difficile, en particulier la nuit de samedi à dimanche où j'ai été réveillée à trois reprises, bruit des voisines du dessus qui bricolent à 23 heures, et oui le bruit d'une visseuse-devisseuse electrique suffit à me réveiller, puis les djeuns qui squattent un parking à deux ou trois heures du matin, musique à fond, et rebelotte à cinq heures… Le genre de nuit dont je sors groggy et mal en point pour toute la journée d'après. Sans compter la moto, puissante et donc bruyante, qui passe et repasse dans le quartier régulièrement dès que le temps est sec. La police ? "Ah non on peut rien faire, bon courage Madame". Si si, c'est vrai. J'ai participé à une manif, en décembre, contre la réforme des retraites, flics en armure et en armes tout autour, pour des manifestants dont la moyenne d'âge devait tourner autour de soixante ans. Mais pour ce qui est de venir arrêter un djeun qui emmerde tout un quartier, accumulant les infractions - vitesse excessive, défaut d'assurance, défaut du port du casque - plus personne. C'est dire l'état de la démocratie et du droit en France… En attendant, je me dis qu'il faut que je me trouve une solution, je pense que l'idéal serait de faire, dans ma chambre, une "boîte dans la boîte" en créant un lit clos et isolé phoniquement - j'avoue avoir du mal à m'y résoudre. Le problème est complexe, ce n'est pas tant le bruit que les vibrations des sons, en particulier des basses, qui me perturbent. Je vois un ORL la semaine prochaine pour la visite annuelle - le comble étant en effet que je suis légèrement malentendante - je vais lui en parler. Ah ben tiens, voilà que les voisines se mettent à jouer de la perceuse :-/

    C - Coronavirus. C'est un coup monté des chinois pour mettre la main sur l'économie mondiale. En attendant, l'action de la Big Bank se casse la gueule, je suis ça en direct au fil des heures sur l'intranet employés, pas bon pour mon plan épargne retraite ça :-(

    C - Cuisine. J'ai commencé ma journée, vendredi dernier, en changeant l'ampoule de la hotte aspirante de la cuisine, chez moi c'est régulier, j'allume la lumière de la hotte dès que je suis dans la cuisine, la lumière étant moins agressive, en particulier le matin au petit déjeuner, que celle du plafonnier. Résultat, je dois régulièrement en changer l'ampoule, ce qui n'est jamais très pratique mais bon, j'y arrive toujours. Il était dit que vendredi serait une journée consacrée à la cuisine, puisque je suis partie dans l'après-midi chez mon enseigne de bricolage préférée, et que j'en suis revenue avec un filtre à charbon pour la hotte, et, surtout, avec de nouvelles poignées pour les meubles. Les poignées d'origine étaient moches, en plastique, et, surtout, pas chères et ça se voyait. Pour une trentaine d'euros j'ai équipé les meubles de nouvelles poignées, en inox, nettement plus jolies. Parfois il en faut peu pour que je sois contente :-)

    D - Déménagement. Mes collègues me charrient de temps en temps "bon, alors quand c'est que tu déménages ?". Ma bougeotte est bien connue. Pour autant, et c'est bien là le problème compte-tenu du paragraphe précédent, plus question de déménager. Je peux vendre mon appartement, et le vendre avec une plus value conséquente, pour autant je le vendrais au prix du marché dans un quartier populaire. Ce qui ne me permettrait pas d'aller trouver ce dont je rêve, à savoir le même appartement, mais au calme. Une maison, n'en parlons même plus, ce n'est pas à ma portée. Mais même un appartement, ailleurs, ne l'est plus. Du reste mon appartement, outre qu'il est grand, a deux avantages essentiels : des charges de copropriété d'un montant correct, et une taxe foncière plus basse qu'ailleurs, puisque je suis dans un quartier pauvre. Ce sont deux éléments primordiaux dans mon budget. Donc, bruit ou pas, il faut que je reste dans mon appartement. J'ai caressé l'idée de le vendre, une fois à la retraite, pour partir m'installer à la campagne, mais la campagne… bah c'est calme. Et peut-être un peu trop, pour moi qui apprécie les avantages de la vie citadine : médiathèque, ciné, salle de sport, commerces, j'ai tout à portée de pieds, de vélo ou de tram. 

    D - Drive. Je sais, il y a de quoi polémiquer sur ces structures, petits salaires, contrats de travail à temps partiels subis, management par le stress, et profits maximum pour les actionnaires. Mais ça me change la vie. L'appli smartphone est particulièrement bien faite, je remplis mon panier au fur et à mesure qu'il me manque quelques chose dans la semaine, et je vais au drive, le mercredi ou le jeudi soir : j'en repars cinq minutes plus tard montre en main, courses dans le coffre. Je maîtrise mieux mon budget courses, je ne perds plus de temps à pousser un chariot dans une grande surface, je ne perds plus de temps à attendre en caisse, côté fatigue et stress c'est tout bénéfice ! 

    E - Engagements. Je fais partie du conseil syndical de la copropriété, je me suis également proposée pour être secrétaire du comité de quartier qui est en train de se former… Mais pourquoi faut-il toujours que je me fiche dans des trucs comme ça, alors que je ne rêve que de tranquillité ? En même temps, j'aime bien agir et m'impliquer dans ce qui m'entoure. Parfois, je ne me comprends pas moi-même.

    F - Froid. Zut, le temps se remet au froid. Bon, froid, ça reste relatif. Si j'ai gratté trois fois mon pare-brise cet hiver, c'est le grand maximum. 

    L - Lectures. Une des résolutions de l'année nouvelle était de m'attaquer à la PAL, la Pile A Lire, la pile de bouquins en attente de lecture, bouquins récupérés dans les boîtes à livres devant lesquelles je passe régulièrement et qui s'accumule dans la chambre d'amis. C'était sans compter le fait que je continue à récupérer des bouquins, sans parler de ceux que mes collègues me prêtent. Ca donne un lecturama assez varié, de Freud à Nicole de Buron, en passant par Sartre…. 

    V - Vacances. Je pense déjà à mes vacances d'été, avec le temps qu'il fait j'ai une grosse envie de soleil et de chaleur. Et j'ai adoré mon séjour sportif en Catalogne, en septembre dernier. J'aurais bien réitéré la formule. Mais j'ai aussi envie de faire quelques travaux dans l'appartement, et je ne pourrais pas tout financer. Quoiqu'il en soit, le temps s'est remis au froid aujourd'hui, il me tarde l'été ! 

    V - Vélo, si on est encore bien loin de l'été, ces dernières semaines le temps doux et clément m'a permis de reprendre le vélo, pour de belles balades le dimanche matin, et c'est bien agréable. J'apprécie de pouvoir adapter mes activités sportives à la saison, la natation l'été, la salle de sport l'hiver, tout comme le yoga, le vélo quant à lui c'est n'importe quand du moment qu'il ne fait pas froid et qu'il ne pleut pas, et la marche c'est en toute saison. 


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  • Il y a Pascal, qui a fait un road-trip en famille aux USA, l'été dernier, il y a Sylviane et Laurent qui sont partis aux Bahamas, l'hiver dernier, cet hiver ils vont "juste" deux semaines à Avoriaz, il y a Chloé et son mec qui partent chaque hiver au soleil. Et puis Cyrille qui, mardi dernier, me raconte qu'il a un pote qui s'est installé en Nouvelle-Calédonie, alors bien sûr il va y aller en juin prochain, et puis tant qu'à aller en Nouvelle-Calédonie via le Japon, "ben on s'est dit qu'on allait en profiter pour passer une semaine au Japon, et visiter Tokyo et Kyoto."

    Parfois, j'en ai marre d'être pauvre :-/


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  • Un verre, ça va, deux verres...

     

    Crémaillère chez Corentin, hier soir. En tout petit comité, nous étions quatre, et avec deux cartons en guise de table basse. Corentin ne bosse plus pour la Big Bank, il y a terminé sa mission, dans la foulée il a quitté sa coloc au fin fond de la banlieue bordelaise pour un petit appartement dans le centre de Bordeaux, d'où la crémaillère, hier soir, l'occasion de prendre de ses nouvelles et de passer un moment agréable.

    J'ai passé une excellente soirée, ambiance festive, bonne musique, et ce petit Corentin qui passe et repasse devant moi, avec ses rondeurs appétissantes, comme un chou à la crème géant devant les yeux d'une gourmande. J'avais assez bu pour trouver ça drôle et agréable, du reste j'ai toujours trouvé que le désir est peut-être supérieur au plaisir, en ce sens qu'il dure délicieusement plus longtemps. 

    Je suis rentrée comme j'étais venue, en tram, et avec le sourire parce que ça fait du bien ces papillons dans le ventre quand je vois Corentin, et c'est tout aussi bien que ça n'aille pas plus loin, le "plus loin" je l'ai vécu dans une autre vie je n'ai donc aucun regret ni aucune frustration. Dans le tram il y avait un couple de deux garçons, j'ai vu les regards puis assisté à l'élan des corps qui se frôlent, puis se rapprochent, c'est toujours bien de voir le bonheur des autres, aussi. Je suis rentrée chez moi, heureuse d'avoir passé une bonne soirée, savourant le bonheur d'éprouver du désir, d'être délicieusement ivre, et d'avoir la chance de vivre dans un pays et une époque où je peux être une femme seule, libre et heureuse.


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  • Régulièrement, je prends mon vélo, direction un endroit que je connais, aux fins fonds de Pessac, là où, géologiquement, nous sommes déjà dans les Landes. Le sol y est sableux, la forêt encore présente, pins, chênes, ajoncs, et, surtout, on y trouve encore des endroits qui évoquent les moutons et les bergers à échasses. L'eau du sous-sol - Aquitaine vient du latin Aqua - n'est jamais très loin et affleure parfois au ras du sol.

    Cet endroit que j'aime bien, c'est une lagune, une cuvette peu profonde cernée de pins, au sol de sable fin. Elle peut rester sèche plusieurs années de suite et puis un jour, comme aujourd'hui, elle est pleine d'une belle eau limpide. En octobre dernier, elle était sèche mais les pluies abondantes de novembre et décembre on regonflé la nappe phréatique, qui est remontée. Un joli spectacle, toujours inattendu, toujours surprenant.

    Trop d'eau, ce matin, pour m'asseoir sur le sable. Je suis restée au bord, le temps d'y écouter le silence, le bruit du vent des la cime des pins alentours, et - le printemps arrivant décidemment bien tôt cette année - le cri perçant d'une buse. C'est un endroit qui me ressource.

    Et au bout, la lagune

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Et au bout, la lagune


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