• Alors je t'explique : j'ai vu Gabrielle dimanche passé. Elle allait bien. Le lendemain, j'ai déjeuné avec quatre copines. Le mercredi j'ai été chercher Véro à la clinique à côté de chez moi, parce qu'elle avait passé un petit examen avec une anesthésie générale et qu'elle ne pouvait rentrer seule en voiture chez elle. Le soir, j'ai dîné avec Monsieur mon cadet. Jeudi, j'ai été au boulot et jeudi soir Gabrielle m'a dit qu'elle avait le covid et, donc, qu'elle m'avait déclarée cas contact à la sécu...

    J'ai bien reçu le sms de la sécu m'informant que j'étais cas contact et qu'il fallait que j'aille me faire tester, vendredi soir.

    Aujourd'hui, prise d'un doute, j'ai envoyé un message à mes copines, à Véro, à mon fils, pour les prevenir que j'étais cas contact quand je les ai tous vus.

    Bon, mon fils a mal à la gorge mais il pense avoir pris froid ce week-end en faisant du foot en extérieur. Véro est malade depuis vendredi et elle s'est fait tester ce midi, c'est le Covid. Françoise et Anne avec qui j'ai déjeuné lundi midi, ont le covid aussi... mais pas Sylviane ni Sabine, qui étaient à côté de moi à table... Véro se dit que le covid, elle l'a peut-être attrapé à la clinique mercredi ou que c'est son compagnon, covidé lui aussi, qui l'a attrapé en allant se faire vacciner contre la grippe le lundi et lui a refilé...

    Bon, je ne sais pas. Ce que je remarque par contre, c'est quand j'ai reçu le sms de la sécu m'informant que j'étais officiellement cas contact, vendredi soir, j'avais déjà potentiellement contaminé tout mon entourage depuis le début de la semaine... le dispositif anti-covid est donc très très très efficace...

    Vendredi j'ai envoyé un sms un peu vénère à Gabrielle lui reprochant de m'avoir balancée à la sécu. Dont je me suis excusée le lendemain. Elle m'a répondu que j'étais très égoïste d'avoir réagi ainsi face à la lutte anti-covid, contre un virus qui tue, et elle ne me parle plus.

    Est-ce que je l'ai choppé, au moins, ce grand méchant virus ? Bah je ne sais pas, j'ai eu quelques maux de tête, et quand bien même j'aurais été malade, qu'est-ce que ça aurait changé, que je sache si c'était le covid ? ou la grippe ? ou un rhume ? ou la connerie ? Ah non, ça je sais que je suis déjà bien atteinte. Bref, agacement de m'être accrochée avec Gabrielle, bêtement, pour rien, puisque cas contact ou pas, c'était déjà trop tard.


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  • S - Sobriété énergétique. "19° c'est assez" qu'on nous dit. Encore faudrait-il y arriver, aux 19° ! Je ne chauffe pas, il fait 16° dans l'appartement, la nuit la couette est bien épaisse et tout va bien. En journée c'est plus compliqué, je chauffe un peu le matin, et un peu le soir, au mieux j'atteins 18°. Lorsque je suis en télétravail, j'ai des collants doublés en polaire, investissement du mois dernier, et des robes en laine bien chaudes, achetées lors des soldes de l'hiver dernier, très bon investissement également, et en plus elles sont jolies. Je travaille avec un plaid sur les genoux, pour le plus grand plaisir de Loukoum qui vient s'y blottir, et pour le mien car Loukoum est un excellent chauffage d'appoint. Je suis passée chez Gabrielle l'autre dimanche, il faisait 16° aussi, le chauffage c'est un luxe. Le pire c'est qu'elle et moi sommes cadres, avec des salaires qui, il y a quelques années, seraient passés pour confortables. Oui mais on est seules, donc on paie les impôts plein pot, on n'a droit à aucune aide, et les charges sont bien là. On nous fait toujours pleurer en parlant des familles monoparentales, je t'assure qu'autour de moi les femmes seules avec des gamins à charge s'en sortent bien mieux que nous, entre pension alimentaire, alloc, exonération des impôts... Bref.

    I - Impôts. Justement. Je vais bosser plus l'an prochain, donc gagner plus. Pour éviter le douloureux rattrapage de fin d'année, j'ai écrit aux impôts cette semaine pour demander comment faire pour... payer plus, tous les mois. J'ai eu la réponse en moins d'une heure, quand tu veux payer il n'y a pas de problèmes ;-) Réponse claire, grâce à laquelle j'ai pu déclarer la somme que j'estime gagner l'an prochain, moyennant quoi j'ai immédiatement vu mon taux de prélèvement à la source augmenter, mais je m'y attendais. A partir de janvier je vais donc gagner plus, et donc payer plus.

    O - Occupations. J'ai des journées bien remplies en ce moment. Outre un surcroit de travail lié à la fin de l'année qui arrive, période toujours plus chargée dans mon service, je dois gérer la succession de ma mère en même temps. Appeler le notaire, relancer le notaire, re-relancer le notaire... Faire le point avec le service succession de la banque de ma mère, tenir mes frères et soeur au courant, leur demander s'ils ont bien reçu le mail du notaire, leur demander de m'envoyer certains papiers,... Je croyais que le notaire allait tout faire, que nenni. Sauf que le notaire il facture son temps, et pas moi :-/

    T - Travaux/Tram. Deux ans plus tard, un nouveau pont, de nouvelles routes, de nouveaux rond-points... et sous mes yeux, l'autre jour depuis la fenêtre du bureau, la jonction des rails venant de Bordeaux avec ceux arrivant de l'aéroport. Il s'en faut encore de quelques mois avant les premiers essais du tram, mais ça aura passé vite, ces deux ans et le résultat sera joli, car on voit déjà se dessiner les aménagements paysagers prévus aux abords du tram. Côté circulation, c'est tendu mais ça va, et je n'hésite pas à quitter le bureau plus tôt l'après-midi pour éviter les embouteillages du soir, quitte à me reconnecter depuis chez moi pour finir mon travail.

    T - Travaux/copropriété. Comme si le projet - pharaonique - de rénovation énergétique de la résidence ne suffisait pas, voilà que le conseil syndical s'est mis en tête de rénover également la voie d'accès pompiers qui dessert quelques appartements, et surtout, les ascenseurs. De quoi faire monter en flèche mon niveau de stress, déjà plutôt élevé ces temps ci... Le pire, c'est qu'ils sont bloqués sur leurs idées, et totalement imperméables à tout raisonnement différent du leur. Je me suis fait à l'idée de perdre de l'argent lorsque je revendrai mon appartement, mais voilà que je deviens extrèmement inquiète à l'idée que je pourrais ne pas arriver à le revendre, faute d'acheteur assez courageux pour acheter un appartement dans une résidence en travaux durant plusieurs années.

    C - Covid. Gabrielle a le covid. Mais voila-t-y pas qu'elle m'a signalée comme cas contact auprès de la sécu ? Ca me rend un peu chafouin ça. Il y a encore un an, ça m'aurait valu une semaine de confinement :-/ Et inutile de te dire qu'à une semaine de la signature de l'acte de notoriété chez le notaire, ça ne m'aurait pas fait rire du tout. Hors de question que j'aille me faire mettre un truc dans le nez, j'ai réussi à y échapper depuis deux ans, tout comme à échapper au covid, je me suis faite vacciner pour pas être emmerdée, et voilà que je me retrouve fichée par la sécurité sociale :-(  Tu t'imagines un peu à quoi on en est arrivé, pour un virus moins méchant qu'une grippe, à être fliqués et, pire, à dénoncer les autres ? Et volontairement, en plus ! Re bref, comme j'ai dit à mon frère tout à l'heure "même si j'ai le covid, même si je dois y aller en rampant, il est hors de question que je n'aille pas à ce rendez-vous chez le notaire !".

    L - Lectures. Je ne sais pas comment on en est arrivé à parler de ça, mais j'ai découvert que Philippe, l'informaticien pro du Python qui bosse à côté de moi, a lu Les Royaumes du Nord, de Pullman. Et, encore mieux, il m'a appris que Pullman en avait écrit une trilogie préquelle ! Excellente nouvelle, d'autant que j'ai pu constater qu'elle est disponible à la médiathèque. Du plaisir en perspective ! J'espère que cette trilogie sera aussi bonne que la première. On a aussi parlé du Seigneur des Anneaux, je savais qu'il lisait de la SF je ne le savais pas également amateur de fantasy. J'adore bosser avec des mecs, on découvre toujours des choses formidables !

    F - Film. Lectures, et films : j'ai revu, pour la énième fois, l'adaptation d'Orgueil et Préjugés, la version avec Kneira Knightley. Je ne m'en lasse pas. J'adore également la version avec Colin Firth, les deux versions sont excellentes. Comment résumer l'intrigue à Gabrielle, qui ne connait ni le livre ni le film "c'est l'histoire d'une nana et d'un mec... bah en fait il ne se passe rien, mais c'est génial !" ! 

    C - Cité. Décembre revenant j'entends les feux d'artifices de la Cité, dont je ne suis pas éloignée que ça. Même si je pense ne pas avoir fait une bonne affaire en achetant mon nouvel appartement - le projet travaux risque de dépasser le budget annoncé - je ne regrette pas d'avoir quitté la Cité. J'ai croisé une de mes anciennes voisines il y a peu, qui m'a raconté que les djeuns squattent désormais les abords de mon ancien bâtiment, la nuit, avec forces cris et musique. Le projet de travaux me cause quelques insomnies, mais lorsque je dors mes nuits sont enfin plus reposantes.

    M - Médecin. J'avais des papiers à faire signer au médecin traitant de mes parents, cette semaine. L'occasion de le remercier pous ces trente ans passés à les suivre, en particulier durant leurs fins de vie respectives. Et, en sortant du cabinet, pour la toute dernière fois, un serrement de coeur en me disant "eh bien oui, c'est bien ça, ils ne sont plus là."

     


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  • Deep blue


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  • J'ai fini par me décider à répondre au conseil syndical, en leur rappelant que la démocratie, c'est accepter qu'on ne soit pas tous d'accord, et qu'il fallait qu'on en soit content, d'être en démocratie. J'ai quand même aussi écrit que vouloir imposer une pensée unique, c'est de l'abus de pouvoir et que c'est pénalement condamnable. Ca, je pense que ça va faire grincer des dents, mais il faut savoir montrer les dents.

    J'ai commencé la semaine par trois jours de formation sur "les fondamentaux réseaux", formation que je réclamais depuis déjà plusieurs années, et que je suis contente d'avoir enfin eue. Trois jours intéressants, et très intenses. Ca m'a fait du bien, ces trois jours au boulot mais en dehors du boulot. Retour en télétravail ce matin, cet imbécile de David m'a destabilisée plus que je ne le voudrais, du coup j'ai l'impression de faire des erreurs en permanence et finalement, je vais être soulagée quand il terminera sa mission. Petit passage chez la psy, en fin d'après-midi, et puis reconnexion vite fait, pour vérifier qu'il n'y avait rien d'urgent. Demain, je ne bosse pas, ça aussi ça va faire du bien. J'ai encore quelques vendredis non travaillés, et puis l'an prochain, c'est le grand retour à temps complet. Je vais travailler plus pour gagner plus, pour payer plus d'impôts et être plus fatiguée... Comme je l'ai écrit l'autre soir, 2023 pourrait être une année déterminante, en matière de choix de vie, d'endroit, de travail...

    Sinon, j'ai le moral, bien que j'appréhende la réaction du conseil syndical à mon mail, que j'ai essayé de faire court, factuel, sans agressivité. Mais ne pas réagir, j'aurais eu l'impression d'une certaine lâcheté, d'avoir été vaincue par ma peur.

    Et puis cet après-midi un point avec le clerc de notaire pour la succession de ma mère, ça avance enfin et ça, c'est plutôt une bonne nouvelle.


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  • Je crois qu'aujourd'hui, j'ai touché le fond.

    Déjà, j'ai pas bien dormi, cette nuit, à cause du courrier des pompes funèbres. Je me suis fait un méchant trip à l'idée que le gestionnaire du compte bancaire de ma mèrese soit barré en vidant son compte... Oui, je sais, c'est nul, mais la nuit a été courte et compliquée, et la nuit tout parait pire. Je peux t'assurer qu'à 9 h 01 j'étais en ligne avec les pompes funèbres, avec un type sympa qui m'a tout de suite rassurée, les banques sont justes plus lentes que d'habitude à accepter les prélèvements, et les lettres de relance partent un peu trop tôt... J'étais tellement soulagée que j'ai failli m'effondrer en remerciant le monsieur.

    Mais la journée n'était pas finie, c'était sans compter les mails du conseil syndical très hostiles à mon encontre - j'ai commis l'erreur d'aller, en début de semaine, prendre des renseignements dans la copropriété d'à côté qui a fait des travaux de rénovation, pas de bol le syndic est le même que notre syndic, qui m'a balancée auprès du conseil syndical, à qui ma démarche n'a pas plu. David étant encore à cran aujourd'hui, et moi toujours sous l'influence négative de ce qu'il m'a dit hier, j'avoue avoir hésité à appeler ma psy, dans la matinée, pour lui demander de m'arrêter, et pas pour quelques jours mais pour plusieurs semaines minimum... Je ne l'ai pas fait, j'aurais l'impression de baisser les bras, et puis la semaine prochaine, je suis en formation les trois premiers jours, et je ne bosse que jeudi, en fait, puisque j'ai posé le vendredi. Jeudi soir, ça tombe bien, j'ai rendez-vous avec la psy, je verrais dans quel état je suis. En attendant, je bouffe du cbd et je me terre au fond de mon lit. Ma cousine m'avait invitée, ce soir, pour fêter les 92 ans de ma tante Christiane, et surtout parce qu'il fallait que je passe prendre celle-ci pour l'emmener chez ma cousine parce que ça arrangeait celle-ci. Je suis allée chercher ma tante, suis allée chez ma cousine, et je suis repartie au bout de cinq minutes, pas en état du tout de faire face à une soirée avec des gens. J'avais invité Gabrielle à m'accompagner au cinéma demain après-midi, et puis à partager mon repas du soir, j'espère pouvoir maintenir, mais ça me fera du bien de voir Gabrielle, qui traverse elle-même pas mal de galères en ce moment. Dimanche midi, nous fêtons l'anniversaire de mon ex-mari, j'espère que d'ici là j'irais mieux.

    Le pire c'est que je me sens tellement vulnérable que je n'arrive pas à me projeter continuant à vivre seule, alors même que, pour autant, je n'envisage pas de changer de mode de vie. Mais vivre seule, c'est être vulnérable, fragile, c'est avoir peur. J'ai sérieusement envisager une colocation avec Gabrielle, elle y a pensé aussi, mais nous nous savons trop différentes pour que cela soit vivable. Me rapprocher d'un de mes fils, pourquoi pas, mais financièrement je ne suis pas sûre que ça soit faisable, au vu de la flambée des prix de l'immobilier du côté de chez eux. Bon, je l'ai dit hier, il faut attendre de voir comment 2023 va se passer. Un an ça parait très long, et en fait c'est très court.


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