• B - Boulot. Finalement mon collègue Vivian est rentré chez lui hier midi, en plein burn-out. L'arrêt de la clope, les insomnies, quelques tracas administratifs avec les impôts, le départ de notre collègue parisien, la pression du boulot et la pression qu'il s'est mis lui-même…. Je pense qu'on ne va pas le revoir de suite. Résultat : l'équipe est réduite à : ma chef, moi, un nouveau prestataire arrivé lundi dernier. Notre collègue parisien va être remplacé par un gars qui travaillait dans un autre service et qui était en longue maladie (une histoire de dépression parait-il) et qui revient mercredi. J'espère qu'il revient en pleine forme le garçon ! 

    C - Chattes. Loukoum, bien sûr, Loukoum, Loukoumette, mon bébé, le câlin du matin, parfois le câlin du soir aussi, Loukoum qui est toujours avec moi quand je suis dans la salle de bain, elle se perche sur le plan de travail et en profite pour faire sa toilette elle aussi. La Chatte, qui vieillit tranquillement, avec son caractère plus ou moins aimable, qui dort avec moi la nuit, qui vient dormir à mes côtés quand je fais la sieste sur le canapé - mais comment diable devine-t-elle que je vais faire la sieste ? 

    C - Chef. Je ne sais pas quoi penser de cette fille. Elle sais ce qu'elle veut, c'est certain, c'est à dire qu'elle veut faire carrière, et pas forcément dans la Big Bank. Est-elle efficace, est-elle sincère, sait-elle de quoi elle parle, je n'arrive pas à le déterminer. Je garde une distance prudente.

    I - Immobilier. J'ai accompagné mon cadet chez mon banquier préféré tout à l'heure. Le projet immobilier est bon : faire le même achat que le mien, à savoir acheter un appartement dans le parc HLM, dans le même quartier que moi. Pour autant, mon fils étant intérimaire, et donc avec des revenus irréguliers, le projet est-il bon pour lui ? Quoiqu'il en soit, il faut bien qu'il se loge. La Big Bank, chez qui mon fils est client depuis toujours, refuse d'étudier le dossier. Mon gentil banquier est, lui, plus ouvert. On va voir ce que ça donnera. 

    L - Lecture. J'étais bien partie, ces derniers temps, j'avais retrouvé un rythme de lecture assez soutenu. La fatigue qui me tombe dessus depuis peu me freine de nouveau. Dommage, j'ai une pile de livres à côté de mon lit pourtant fort intéressante. J'ai donc pris le parti, depuis déjà quelques années, de lire deux ou trois bouquins en même temps. En ce moment, sont donc en cours : le fameux bouquin sur notre intestin "deuxième cerveau", un roman de Kamel Daoud, et le dernier ouvrage du philosophe Alexandre Jollien. Il y a aussi un recueil de poésie d'un poète turc, j'aime bien lire de la poésie de temps en temps.

    P - Psy. Vu deux fois mon nouveau psy, ma psy étant partie à la retraite. Il est à l'heure, il est rapide, très rapide, trop rapide ? En même temps, je ne suis pas si mal que ça, je me gère plutôt pas mal. Il y a peut-être matière à réfléchir sur la psychiatrie qui persuade le patient qu'il est malade, fragile, et doit rester sous contrôle permanent…

    S - Sommeil. Si je pouvais, je passerai mon temps à dormir, en ce moment. Je m'endors dès que je m'allonge, et hier, lors d'une réunion, j'ai dû lutter pour garder les yeux ouverts. J'ai horreur de ça, c'est pénible. Etrangement je n'ai pas le sensation d'être si fatiguée que ça. A suivre.


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  • Les vacances, c'était bien, mais il fallait bien reprendre le boulot. La retraite, c'est pas de suite. Grande nouveauté : la semaine dernière, nous sommes passés en configuration "flex-office", c'est à dire sans bureau attribué. Bon, pour l'instant on se met encore toujours à la même place mais à terme, on pourrait changer de place tous les jours si on veut. On nous a installé de nouveaux bureaux, tous neufs tous propres, avec un grand écran, une station d'accueil pour pc portable, un clavier, une souris. Et on nous a installé des rangées de casiers, style casiers de piscine, chacun le sien, avec une boîte plastique pour mettre nos affaires. Toutes petites, nos affaires. Genre, un bloc notes et un stylo. Fini, les bureaux où chacun pouvait mettre sa lampe de bureau préférée, la photo de son chien, ses archives en papier Caroll… Le flex-office, c'est "paperless" aussi, c'est à dire, sans papiers - et sans déco personnelle.

    Donc, voilà, j'ai maintenant un pc portable, un casier de piscine avec le tupperware dedans.  Hier matin je cherche mon casier, je le trouve, je vais pour l'ouvrir avec le code donné par défaut… pfffff ce blagueur de Cléante m'avait fait le coup de changer le code, mais j'ai réussi à ouvrir mon joli casier, par ailleurs bien pratique je l'admets pour y ranger le sac à main en sécurité (jusqu'à présent je le mettais dans un tiroir qui ne fermait pas à clé). Bref, je prends possession de mon casier, et je pense de suite au film Men In Black, avec le petit peuple du casier qui chante "Gloire à J, Gloire à J" à chaque fois que Will Smith ouvre la porte de son casier. Il faut absolument que je me trouve la photo de ce passage du film pour la coller sur le mien ! 

    Bon, bref, je m'installe donc à mon ancien-nouveau bureau, le nouveau fauteuil est confortable, je trouve le cable réseau pour mon pc portable, je branche MA souris et MON clavier, parce que ça, pas question d'utiliser ceux qu'on nous fournit, j'utilise une toute petite souris adaptée à ma main, quand à mon clavier, j'y suis habituée et au moins ce sont mes microbes à moi qui vivent dessus (et dedans). Dans le courant de la matinée, ma chef vient me voir "alors, ce nouveau bureau ? et au fait, ta place, elle te convient " J'aurais dû me méfier. "Ben oui, une place c'est une place, il y a des choses plus importantes dans la vie" "Ah, je suis bien d'accord avec toi ! Alors, justement, ça te dérangerait d'échanger avec celle de Virginie, parce que Virginie, elle n'est pas bien où elle est…" . Damned. Virginie c'est une vieille fille qui a une mine de petite souris souffreteuse, personne ne sait vraiment ce qu'elle fait comme job, mais elle bosse pour le Big Boss alors… 

    Donc, hier soir, j'ai pris mon clavier, ma souris, et je suis allée les poser sur mon futur nouveau bureau, un peu chiffon à l'idée de devoir tout rebrancher, parce que les nouveaux bureaux ont toute la connectique dans une espèce de goulotte grillagée située sous le bureau, donc pas très pratique d'accès. Un peu chiffon aussi à l'idée de m'être faite un peu avoir, parce que j'aimais bien ma place, quand même. Et puis surtout parce que je me suis un peu fait manipuler par ma chef, et je n'aime pas ça, mais bon, c'est quelqu'un vis à vis de qui j'ai une certaine retenue voire un peu de méfiance, et ce n'est pas très grave.

    Ce matin j'arrive, je pose mon pc sur mon nouveau bureau, bah trois mètres plus loin que l'autre c'est pas la mort non plus, et puis c'est l'occasion de faire connaissance avec des filles que je connais mais avec qui je n'ai jamais travaillé. Eh, surprise ! un de mes collègues m'avait trèèèèèèès gentiment rebranché clavier, souris, et même reprogrammé le téléphone à mon nom. Je n'en reviens toujours pas ! Ca, c'était vraiment la bonne surprise de la journée ! 

    Et puis finalement, changer de place ce n'est pas plus mal : Vivian, mon collègue, en face de qui je bossais, est en train d'arrêter de fumer, et, déjà nerveux de nature, il est complètement à cran ! Pour le coup, je ne suis pas sûre que la fameuse Virginie ait vraiment gagné au change ! 


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  • Il est 18 h 10 le soleil vient juste de se coucher, on est en février et ça y est, le tunnel noir est derrière, il fera de moins en moins nuit le soir quand je quitterai le boulot. J'ai l'impression que ça a passé plus vite, cette année, encore que je me morfondais un peu ces derniers jours en constatant chaque jour en me levant qu'il faisait gris, gris, toujours gris. Et puis ce matin, surprise, soleil, et ça m'a fait du bien. Déjà que j'avais fait une presque grasse matinée (le réveil a sonné à sept heures, je l'ai éteint, me suis recouchée et rendormie jusqu'à huit heures vingt) qui m'avait fait du bien, mais le fait de voir le soleil se lever tandis que je prenais mon petit-déjeuner, voilà de quoi colorer de rose ma journée entière. Bien qu'il fasse froid, je n'allais pas me priver d'une balade à vélo cet après-midi. Deux mois au moins, peut-être bien trois ! que je ne n'avais pas fait de vélo, ça me manquait. Petite remise en jambe tranquille, de quoi me faire plaisir. La nouveauté, ou plutôt même, deux nouveautés. La première : mon nouveau smartphone a une application "santé" qui me permet de suivre un certain nombre d'exercice, marche, course, et même cyclisme. Je vais enfin pouvoir savoir combien de kilomètres je fais lorsque je pars plusieurs heures d'affilée !!! Cet après-midi, j'ai fais quinze kms, pépère, en une heure trente, et c'était une toute petite balade. Et l'application me donne également le tracé de mon parcours, je trouve ça sympa aussi. Deuxième nouveauté : je me suis équipée d'un petit dossard qui est pourvu de leds clignotants que je peux commander depuis une télécommande fixée à mon guidon. Ces leds permettent aux véhicules qui me suivent de mieux me voir, et me permet d'indiquer la direction dans laquelle je vais, ou vers laquelle je tourne. Autrement dit, j'ai maintenant des feux clignotants dans le dos. Je trouve ça génial. On arrête pas le progrès !!! 

    Chandeleur sur le calendrier, j'avais prévu de faire des crêpes aujourd'hui, et si mon fils aîné n'a pas voulu venir, un de mes frères est passé avec une de mes nièces et le fils de celle-ci (j'oublie toujours que je suis grand'tante. Diantre, grand'tante !) l'occasion d'un goûter sympa. Il restait de la pâte à crêpes, ça fera le dessert de mon rituel repas du dimanche soir avec mon cadet. Pour l'occasion, j'ai aussi fait un taboulé libanais, parce qu'un taboulé libanais c'est toujours une pause de verdure et de vitamines appréciable en plein hiver. Le seul problème du taboulé libanais, c'est qu'il faut un peu plus d'une heure pour le préparer, ciseler le persil c'est long et pénible, et je termine toujours par en avoir partout dans la cuisine ! Pour ceux qui ne connaissent pas le taboulé libanais : une botte de persil ciselée finement, un peu de boulgour préalablement gonflé dans de l'eau chaude et du jus de citron, deux tomates et un oignon coupés en tous petits dés. On assaisonne d'huile d'olive et de jus de citrons. A préparer impérativement la veille pour que la préparation s'imbibe bien d'huile et de jus de citron. C'est acidulé, frais, délicieux. Un vrai coup de fouet et de fraîcheur, qui change agréablement des soupes hivernales.

    Bref, dimanche, plaisir du ménage matinal et de l'appartement tout propre qui laisse entrer le soleil, de la douceur du temps qui passe sans se soucier de la pendule, du calme du quartier...

    Demain sera un autre jour, un lundi post-déménagement au bureau, encore un, j'en reparlerai. 

    Pour l'instant, je me laisse aller à la douceur du dimanche qui se termine tranquillement, le soleil s'est couché le ciel est encore bleu, j'écoute Nina Simone, je vais aller rentrer mon linge qui sentira bon le linge séché dehors par un après-midi ensoleillé mais piquant. 


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  • J'ai fait de l'archéologie familiale, mardi après-midi, en me plongeant dans les quelques lettres que ma mère avait conservées, échangés entre son père et elle. Mon grand'père était un homme érudit, qui ne mâchait pas ses mots - et qui, de fait, a terrorisé mon enfance. Je n'ai rien appris de passionnant, si ce n'est qu'il reprochait à ma mère de bouder et d'avoir mauvais caractère, ce qui m'a bien fait rire vu que c'est précisément ce que me ma mère m'a toujours reproché aussi. J'ai aussi trouvé un arbre généalogique fait par un des frères de ma mère, que j'ai mis de côté car j'aime bien les arbres généalogiques, j'ai trouvé une vieille photo de ma mère que je ne connaissais pas, et je me suis dit qu'elle était vraiment jolie quand elle était plus jeune. Je me le suis dit aussi hier après-midi, quand après avoir passé l'après-midi à faire du tri et du vide dans l'appartement de mes parents, je me suis enfin posée sur un des canapés avec un vieil album de photos.

    J'ai donc passé l'après-midi d'hier chez mes parents, en mode "tornade blanche". Ma mère avait accumulé, ces dernières années, des boîtes de "merdouilles", bouts de tissus, pelotes de laine entamées, bouts de papier, canevas très moches, écharpes tricotées main… j'ai tout viré, plusieurs poches poubelles et autant d'allers-retours entre l'appartement et le local poubelles, j'ai cru que je n'y arriverai jamais, j'ai terminé sur les rotules. J'ai aussi terminé de vider la bibliothèque, les derniers livres attendent dans le coffre de ma voiture que je les amène à la boîte à livres du parc à côté, j'ai rassemblé tous les bibelots dans un carton pour le futur vide-grenier familial (je viens d'envoyer un sms à mes frères et sœur pour leur proposer une date). 

    Pas d'états d'âme, juste un moment de tristesse en manipulant tout ce qui avait fait le quotidien de ma mère ces dernières années tant qu'elle pouvait encore se servir de ses mains. Les états d'âme, je n'en n'ai pas le temps, il faut que l'appartement soit vidé fin mars, et je dois encore trouver une solution pour tous les meubles et tout ce qui ne sera pas partagé entre mes frères et sœurs. 

    Il n'y avait donc pas de trésor caché dans ces pelotes de laine ni ces bouts de tissus, juste une ou deux aiguilles à coudre que j'ai failli me planter dans les doigts, et aucun secret de famille dans ces quelques lettres, juste le souvenir de l'odeur de la pipe de mon grand'père...


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  • Dimanche dernier autour du goûter chez mon fils aîné il y avait un Benjamin, deux Kévin, trois Marine. Enfants des années 90. Leurs enfants sont des petits Jules, Camille (garçon), Julia… Nos enfants ont plus d'imagination que nous.


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