• Non qu'il s'agisse du sous-vêtement de ces messieurs, mais plutôt que ces dernières semaines ont été l'objet de bien des rebondissements…

    J'ai en effet failli partir m'installer à la campagne, dans un petit village à la limite de la Gironde et du Lot-et-Garonne. Un vrai coup de foudre pour l'endroit, de jolies maisons de village en pierre, groupées autour d'une halle des années 30, j'y avais trouvé une petite maison avec cour et jardin, je m'y voyais déjà et j'allais même signer le compromis… Mais non, si le projet était bon ce n'était pas, par contre, le bon moment. Cela sous-entendait du télétravail avec un réseau aléatoire, et des allers et retours réguliers sur la métropole, et puis un éloignement de mon fils cadet… Je garde le projet en tête, je reverrais ça dans deux ans, quand je serai assez proche de la retraite pour pouvoir négocier une rupture conventionnelle.

    Il faut dire qu'entre le quartier où je vis, et le boulot que je ne supporte plus, j'étais en mode ras-le-bol puissance maximale, ces dernières semaines. 

    Mais j'ai bien fait de renoncer : car j'avais prévu de mettre, dans le projet, le petit héritage que je pensais percevoir de mon père, or le notaire, hier, nous a annoncé qu'en fait, si nous héritons bien d'une petite somme, c'est ma mère qui en a l'usufruit… Nous nous sommes regardés, mines consternées. "On va pouvoir dire "notre chère mère", ais-je dit. "Très chère mère", a renchérit mon frère.  Adieu veau, vache, cochon… 

    Côté boulot, ça bouge aussi, je crois en avoir peut-être parlé ici. Alors que mon service est supprimé et que mon boulot est reporté dans d'autres services, et qu'en ce qui me concerne je devais être replacée dans un service qui ne me plait pas spécialement, j'ai appris qu'un des services qui doit reprendre mon boulot n'a personne pour le faire… j'ai donc appelé illico ma future chef pour lui dire que puisque le boulot, je sais le faire, ça serait une bonne idée de me positionner sur ce poste.  Ira, ira pas, on verra ça dans les semaines à venir. Bon, j'ai loupé la maison à la campagne, j'ai loupé l'héritage, ce serait ballot de louper aussi le poste.

    Allez, je vais te faire rire : comme j'arrivais au petit village pour revoir la maison qui m'avait plu, une envie pressante me prend. Je prends le premier petit chemin que je trouve, qui serpente joliment entre les fougères, dans les bois. Je trouve un endroit pour m'arrêter, je sors de la voiture, je baisse ma culotte, je commence à faire pipi, et voilà que pan ! pan ! des coups de feu. Et oui, la campagne, les chasseurs. Je me suis dit que mourir la culotte sur les chevilles, c'était pas glorieux, je l'ai remontée fissa et je suis repartie sans demander mon reste ! 

    En tout cas, pour changer, je suis crevée et comme je n'ai plus de congés (il nous a fallu poser des congés durant le confinement) ça tire pas mal. De surcroit, toujours à cause de ce foutu covid, la salle de sport et le studio de yoga sont fermés, je suis donc d'autant plus crevée que je ne peux pas me requinquer en bougeant. Pire, je suis toute raide et courbaturée d'être assise toute la journée et de ne pouvoir me dérouiller comme je le fais habituellement. Foutu covid, vraiment. Ce soir la Gironde n'est pas encore soumise au couvre-feu, mais ça ne saurait tarder… Quelle drôle de période, décidemment….


    1 commentaire
  • A - Automne. Nous y voilà, sans aucun doute, même si l'été a joué les prolongations ces deux dernières semaines, avec de belles après-midi très chaudes. Les petits cyclamens ont pointé leur nez il y a déjà un mois, tout comme les petites fleurs blanches des éléagnus, et la lumière a déjà pris cette teinte chaude qui caractérise l'automne. Aujourd'hui, c'est la douche froide, au sens propre du terme, une bonne grosse pluie opiniâtre tombe depuis cet après-midi, et il faut que je me résolve à remettre un pantalon et des chaussures fermées, demain matin. 

    C - Cinéma. Va voir Antoinette dans les Cévennes. C'est une jolie comédie, et un beau portrait de femme libre.

    E - Envie. Tu sais de quoi j'ai envie en ce moment ? De deux semaines sur une île déserte, au soleil, bien au chaud, avec une piscine olympique, une chambre d'hôtel avec de grands rideaux blancs se balançant devant de grandes porte-fenêtres ouvertes, surtout pas de clim, et juste un maître d'hôtel pour m'accueillir avec le sourire quand je descendrai au restaurant mettre les pieds sous la table, et puis une masseuse silencieuse quand j'aurais besoin de papouilles. Personne d'autre, pas de télévision, pas de smartphone, rien que moi, le soleil, la mer et le repos. Et surtout pas de masque !!!

    M - Ménage. J'aime que tout soit bien net chez moi, mais il y a des fois où le ménage me pèse. La chasse à la poussière, jamais gagnée, le sol à laver, épuisant. Sylviane et Laurent me disant, vendredi, qu'ils allaient prendre une femme de ménage, j'avoue y avoir pensé. Juste deux heures par mois, pour laver les sols et, de temps en temps, les vitres, ça me soulagerait. Mais ce soir je suis rentrée, pas forcément pleine d'énergie mais motivée, et j'ai fait ma salle de bain à fond, j'ai déclaré la guerre à la poussière et au tartre, sous l'œil encourageant de Loukoum. N'empêche, face à la poussière et à la saleté je me sens Sisyphe, trop souvent.

    O - Ordinateur. Mon pc vient de me faire deux écrans bleus (BSOD, l'écran bleu de la mort qui tue) coup sur coup, c'est pas bon signe ! 

    P - Pandémie. On ne fêtera pas les 50 ans de Sylviane, au vu des circonstances, trop compliqué de se réunion tous ensemble, il ne fait plus assez beau pour fêter ça dehors, ses parents sont âgés donc à risque, et puis il y a ceux qui psychotent, on met le masque, on le met pas, comment on respecte les distances quand on a tous un verre à la main ? De son côté l'Ehpad vient de raccourcir ses horaires de visite, ce qui m'oblige à m'adapter pour aller voir ma mère, genre aller au ciné ou voir ma mère faut choisir. Il nous emmerde sacrément, ce foutu virus. 

    P - Psy. Ne pouvant louper une réunion importante, au boulot, j'ai dû annuler mon rdv chez Monsieur Psy. Je lui ai envoyé un mail pour le prévenir (il préfère être joint par mail) en m'excusant et en lui demandant de me proposer un nouveau rendez-vous. Il m'a répondu laconiquement qu'il avait bien pris note de l'annulation du rendez-vous… et rien de plus. Je suppose que j'ai perdu Monsieur Psy. Voyons le bon côté des choses : il doit penser que je n'ai pas besoin de psy. Heureusement que Madame Psy, elle, est bien là et fidèle à nos rendez-vous, parce que j'ai quand même un peu beaucoup besoin d'évacuer tout ce à quoi je dois faire face, depuis quelques temps.

    R - Règlement de comptes à OK Corral. J'avais prévu de me coucher tôt, mercredi dernier, quand j'ai entendu un grand remue-ménage pendant que je me démaquillais. J'ai passé la tête sur mon balcon, pour découvrir, sous mes fenêtres, trois voitures de police, des flics casqués, des flics avec des chiens, des flics avec des talkie-walkies. Et, dix minutes plus tard, les CRS ont débarqué… Une bande de Kurdes faisait une descente dans le quartier, pour en découdre avec une bande de Turcs non-kurdes. La vue des CRS a calmé tout le monde, les Kurdes ont tournicôté dans le quartier un certain temps, mais le lendemain les flics étaient toujours là, au grand dam des dealers du quartier dérangés dans leurs petites affaires, et le calme est revenu. La banlieue bordelaise, c'est pas la banlieue parisienne, on fait juste semblant. Tant mieux, je voudrais pas que le prix de mon appartement en pâtisse ! 


    2 commentaires
  • Le quotidien : les papiers pour ma mère 6, encore et toujours, la fatigue, encore et toujours. De temps à autre une pointe de chagrin, de remords, en pensant à mon père. Au boulot, le transfert vers l'entité Informatique Groupe de la Big Bank suit son cours, je devrais signer mon nouveau contrat mi-novembre, en effet. 

    Sinon, c'est l'automne, les éleagnus embaument lorsqu'on s'approche des haies, et dans les bas-côtés des côtés encore un peu sauvage, les petits cyclamens ont fait leur apparition, il y a presque un mois déjà. Il faisait gris et frais ce matin pour ma balade dominicale en vélo, et les fougères ont déjà bien roussi, et voilà que les feuilles tombent.

    En attendant un hypothétique changement de lieu de vie - pas avant la retraite, en fait, il faut que je prenne mon mal en patience et supporte le quartier plusieurs années encore - j'ai réaménagé le salon, le réaménagement du coin repas est programmé fin novembre pour autant que l'artisan ne me plante pas encore une fois. Au programme également le changement de la porte de la salle de bain, ouvrant sur l'intérieur, pour une porte coulissante plus pratique, et puis l'aménagement d'un coin bureau dans la deuxième chambre. Je ne sais pas vivre sans projets. 

    Le moral est plat. Je préfèrerai être en haut, mais je ne suis pas en bas c'est déjà ça. 


    votre commentaire
  • Je crains bien moins le virus que l'hystérie collective qui se développe autour du port du masque, crois-moi ! 


    1 commentaire
  • Je suis partie un peu à la bourre ce matin, un réveil difficile puis du linge à étendre, mais l'avantage c'est que j'ai évité l'habituel bouchon. Un quart d'heure pour aller de chez moi à la sortie de la rocade, et puis vingt minutes pour faire les derniers deux cents mètres, le télétravail c'est fini pour la majorité des gens, les vacances sont finies aussi, et puis voilà que le tram va desservir l'aéroport, ce qui signifie quelques années de travaux, de chaussées défoncées, de ralentissements qui se rajoutent aux embouteillages habituels.

    Bref, le boulot, contente de retrouver ceux qui étaient en télétravail la semaine dernière et qui ont repris le boulot ce matin. Côté travail c'est plutôt calme en ce moment, parce que je pense que ça ne va pas durer, lorsque je vais rejoindre la filiale IT du Groupe. Du coup, ça me laisse le temps de discuter, de prendre des nouvelles, d'échanger des infos. C'est ainsi que Fred m'a appris que la prime de compensation versée par l'IT pouvait être versée sur le plan épargne retraite, certes on ne la touche pas immédiatement mais au moins elle ne rentre pas dans le revenu imposable. L'info est bonne, il faut que j'y réfléchisse. Un de mes collègues du syndicat m'a appelée pour prendre des nouvelles du transfert, et j'ai déjeuné avec une copine que je n'avais pas vue depuis longtemps. Dans l'après-midi le syndic ayant envoyé les comptes de la copropriété je les ai épluchés, et j'ai envoyé à ma voisine, présidente du conseil syndical, mes remarques. 

    Je suis rentrée ce soir, dans la boîte à lettres il y avait deux lettres de la caisse de retraite complémentaire de mon père. J'avais renvoyé un dossier, il y a quinze jours, et ils m'en renvoient deux à compléter. Bon. Ca fait partie des bizarreries administratives auxquelles je suis confrontée depuis le mois de juillet. 

    Je venais juste de terminer mon appel à ma cousine, qui fête aujourd'hui ses 60 ans, quand mon portable a sonné. La femme de ménage de mes parents, au sujet de son licenciement, je n'ai pas tout à fait fini les papiers parce que c'est compliqué, et elle voulait surtout me parler de ma mère, qu'elle a trouvé toute seule en train de pleurer quand elle est allée lui rendre visite la semaine dernière à l'ehpad. Oui, je suis bien d'accord, ma mère passe une bonne partie de ses journées seule, dans son fauteuil roulant, dans un coin de la salle à manger ou du salon de l'ehpad. Et alors ? la réalité est là, il faudrait assez de personnel pour s'occuper de tous ces petits vieux qui ne peuvent plus bouger et s'occuper par eux-mêmes. Et ce n'est pas le cas. Alors on fait quoi ? Comme j'ai expliqué à la femme de ménage, ma mère n'ayant plus toute sa tête elle n'est pas aussi triste que si elle se rendait compte de la situation. Et puis que veux-tu que je te dise ? Je n'y peux rien. 

    Après avoir raccroché, je me suis demandée si je ne pouvais pas, finalement, conserver le contrat de la femme de ménage, et lui demander d'aller à l'ehpad deux heures par semaine pour tenir compagnie à ma mère. Si j'ai pensé à ça, c'est que dans la conversation, elle m'a demandé si elle pouvait aller la voir de temps en temps pour la voir et lui faire le tour du parc. Sur le moment, ça m'a un peu agacée, j'ai un peu de mal avec ce genre de dévouement gratuit. D'où mon idée de transformer ça en salariat. Bon, ça m'obligerait à faire toute la paperasserie pour la payer, mais au moins ce serait carré. Et ça me soulagerait un peu d'être la seule à aller voir ma mère.

    La nuit portant conseil, je reverrai ça demain.

    Entre deux, j'ai pris dix minutes pour appeler le fournisseur de ma box, dix minutes qui m'ont permis de conserver mon tarif un peu plus bas que le prix public (mais qui paie vraiment le prix public ?). Je n'ai pas pu m'empêcher de rire quand l'opérateur, ivoirien ou camerounais, m'a proposé de m'offrir le bouquet africain, alors il m'a proposé le bouquet chinois, on s'est finalement mis d'accord sur le bouquet cinéma et je l'ai chaleureusement remercié, il fait pas un boulot facile. 

    A ce stade là la crise d'angoisse qui me prend toujours à la débauche était oubliée depuis longtemps, et j'ai pris le temps de faire le câlin du soir à Loukoum, et puis de plier le linge qui avait séché dehors aujourd'hui. Maudire la moto et le quad qui passent bruyamment en bas de chez moi ne sert à rien, j'ai enfilé mon casque connecté en Bluetooth à la télé, un petit gadget dans lequel j'ai investi après les tribulations sonores du confinement, et qui me rend bien service.

    Il se fait tard, je vais aller au lit avec un bouquin, j'ai découvert un auteur prometteur, Gauz, j'aime quand le livre est littérature et pas seulement lecture.

    Demain sera une nouvelle journée. 


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique