• J'étais bien trop optimiste, dans mon article précédent. Les crises d'angoisse ont été croissant, c'est tous les jours et ça dure toute la journée, et je me suis retrouvée dans un bien triste état ce week-end, d'autant que celui-ci a été émotionnellement compliqué, une altercation avec un gamin du quartier, la p'tite Loukoum qui a fait une sorte de gastro sans signes avant coureurs, les voisines du dessus qui ont remis de la musique, bref un samedi très difficile et les nerfs qui ont lâché dimanche. J'ai pris mon vélo, pleurer en faisant du vélo dans les bois c'est mieux que pleurer toute seule dans un appartement devenu brusquement hostile. J'ai aussi augmenté le neuro que je prends habituellement parce que de toute évidence il vaut mieux couper l'herbe sous le pied à la déprime qui pourrait s'installer. J'ai repris le taf' sur site, ça m'a fait du bien de voir un peu de monde, et ce matin j'ai fait un mail à ma chef pour lui demander d'arrêter le télétravail et de reprendre le boulot sur site à mon retour de congés, début août. Le télétravail c'est comme beaucoup de choses, c'est bien, à petites doses. En ce moment, j'ai besoin de sortir de chez moi et de voir du monde.

    Sinon, malgré tout, des choses encourageantes, j'ai déniché une petite jupe dans une friperie, dans un style un peu seventies parfaitement mis en valeur par un tee-shirt noir, et pour la modique somme de deux euros, j'adore faire ce genre de trouvailles. Et puis avant hier soir j'ai eu assez d'énergie pour faire du tri dans les papiers qui s'entassaient sur ma table de salle à manger, en particulier tout ce qui concerne ma mère, l'habilitation familiale, ses relevés de compte bancaire puisque c'est moi qui les gère… j'ai bien tout classé dans des chemises cartonnées, avec des explications précises sur les documents, car je me sens moralement tenue de rendre des comptes à mes frères et sœur, s'il leur vient l'idée de m'en demander. Je me suis donné un grand coup de pied au derrière pour m'inscrire aux cours de yoga qui continuent cet été, la reprise sera difficile mais elle est nécessaire, je vais reprendre le chemin de la salle de sport la semaine prochaine, plus d'excuses puisque je serai en vacances. J'ai fait une liste de tout ce que je veux faire pendant ces trois semaines de vacances, justement, aller chez ma sœur, voir une ou deux expos, peut-être aller passer deux jours à Bazas histoire de découvrir cette petite ville du sud de la Gironde, faire un peu de couture aussi. La plage je ne sais pas, peut-être avec une voisine, la plage toute seule c'est compliqué j'ai toujours peur de me faire faucher mon sac avec mes clés dedans, à moins que je ne me décide à partir deux jours à Arcachon. Et puis aller au cinéma, il y a des films qui sont sortis et que j'ai envie de voir, aller voir une vieille copine, et puis parfois aussi, ne rien faire et me reposer, j'en ai bien besoin. Mais, avant tout, prendre soin de moi.


    votre commentaire
  • En m'autopsyant, ces jours derniers, je me suis dit que je m'en sortais pas trop mal. Début mars, j'avais une vie bien stable, boulot sport ciné, et puis le confinement est arrivé, ma belle routine a volé en éclat, et puis la fin de mon père, qui m'a essoré émotionnellement et physiquement. Je vis mon deuil, je gère les papiers et les démarches administratives, je n'ai toujours pas repris le sport, je ne sais pas de quoi sera fait mon boulot demain et j'ai un sérieux passage à vide de ce côté là, mais, mis à part quelques troubles du sommeil et quelques légères crises d'angoisse le matin, je tiens le coup de façon pas trop mauvaise pour une fille dont l'équilibre psychique est parait-il fragile. Et ça, c'est la bonne nouvelle du moment.


    votre commentaire
  • RIP

    Comme je venais du centre-ville ce matin, je suis passée sous les fenêtres de mon cadet qui était en train d'ouvrir ses volets. Appel de phares, clignotant, je me suis garée et j'ai ouvert ma vitre : 

    "Coucou ! Tu te lèves ? 

    - oui, et toi, tu fais quoi ? 

    - Bah…. je ramène Papi chez moi…

    - Ah. Désolé !"

    Nous avons échangé un sourire navré, je suis repartie.

    J'ai garé ma voiture, j'ai monté l'escalier, j'ai ouvert ma porte et je suis allée dans la chambre d'amis. J'ai posé l'urne à côté de la photo de mes grands parents.

    RIP Papa.


    2 commentaires
  • Il fait un temps estival depuis la semaine dernière, du coup, pour ce week-end à rallonges, j'ai ressorti le skort et le débardeur. Le skort, je suis une inconditionnelle. C'est une jupe (skirt) qui cache un short. Pourquoi un skort plutôt qu'un short ou une jupe ? Parce que c'est aussi pratique qu'un short pour faire du vélo, mais que la jupe est plus féminine. Pas forcément facile à trouver, mais ceux que j'ai sont solides et feront plusieurs étés. Le beau temps, donc, et j'ai pu recommencer à faire du vélo avec plaisir, et en attendant la réouverture de la piscine, de la salle de sport, et du studio de yoga, ça fait du bien. 

    Week-end rythmé par l'état de santé de mon père, bien sûr. Les appels à son généraliste, puis les appels au service des urgences, où le généraliste a décidé de l'envoyer pour décider d'une hospitalisation. Les urgences, quelle galère pour arriver à les avoir, sans parler des médecins qui doivent me rappeler - les infirmiers n'étant pas habilités à délivrer des informations médicales - et ne le font pas. Mon père a finalement été admis, hier soir, en pneumologie, où on lui a détecté des problèmes… intestinaux ! et où on lui a fait passer un IRM… du cerveau. Mais un bilan complet, c'est bien ce dont il a besoin. Pour les résultats de l'IRM, il faudra que j'appelle demain, car si j'ai pu aller le voir cet après-midi, le médecin n'était pas là. Après un début de semaine difficile, la semaine dernière, je me fais à l'idée qu'avec mes parents, de toute façon, ça ira de pire en pire, et que ça sera long, et qu'il faut donc que je prenne un peu de distance si je veux tenir sur la longueur.

    Je me concentre sur le positif, les projets en cours : même si la commande de matériaux a pris du retard, j'ai prévu de faire abattre une partie du mur séparant le séjour de la cuisine. J'ai aussi acheté une machine à coudre, d'occasion, et j'ai en tête de me faire une robe dans un tissu africain. La couture, c'est génial, ça occupe les mains et ça nécessite de penser en 3D, c'est donc excellent pour le cerveau. 

    Je suis allée faire du shopping, samedi matin. A défaut d'aller Rue Sainte-Catherine, parce que je n'en n'avais pas trop envie, en ces temps de déconfinement où l'ambiance est bizarre, je suis allée dans la petite zone commerciale à côté de chez moi. A chaque magasin, il faut se passer les mains au gel hydroalcoolique, tu termines ta séance de shopping avec le mains complètement déshydratées. Le drame : pas possible d'essayer les vêtements, les cabines d'essayage sont fermées, trop compliqué de les désinfecter à chaque essayage. Je dis le drame, parce que j'ai horreur d'acheter sans essayer. Même si sais ma taille, j'ai besoin de vérifier comment la robe tombe, j'ai parfois de mauvaises surprises. Bon, j'ai quand même acheté une robe et une chemise en jean, et fait la séance d'essayage chez moi, ce qui m'a un peu frustrée : j'ai découvert que le passage en cabine fait, pour moi, partie du plaisir du shopping. J'ai donc acheté une robe qui me faisait très envie, et une jolie paire de nus-pieds, aussi, tout en étant circonspecte : je vais être, tout cet été, en télétravail deux semaines sur trois, ce qui va nettement limiter mes envies d'élégance. 

    En partant faire du vélo hier matin, j'ai croisé ma voisine du dessus qui, l'air épuisé, m'a dit "je regrette d'avoir acheté ici". En revenant, deux heures et demie plus tard, j'ai croisé celle du dessous qui m'a dit "je vais vendre et m'acheter un terrain dans les bois". Je ne suis pas la seule à trouver les nuits difficiles, en ce moment. Si, côté run des motos ça s'est calmé (nous avons été nombreux à nous plaindre auprès de l'élu en charge du quartier, et ça semble avoir porté ses fruits), une bande de gamins et de gamines s'installent dans l'aire de jeu pour enfants en face de la résidence, en milieu de nuit, avec force jacassements et rires. Et si les motos se sont calmées, un ou deux scooters puissants et, donc, bruyants, passent régulièrement et, là encore, tard dans la soirée. Pour s'endormir, c'est difficile, et quand on réussit à s'endormir, rien ne dit qu'on ne sera pas réveillé une ou deux heures plus tard… Cette nuit, toutefois a été assez tranquille pour le remarquer, et je compense régulièrement par des siestes réparatrices.

    Ce week-end, donc, fut bon, même s'il aura été limité par cette fichue situation. J'ai aussi vu ma petite-fille, qui est tout à fait adorable, et je n'ai pas résisté à la prendre dans mes bras. Du beau temps, du vélo, une jolie robe, ma petite-fille… que demander de plus ?!


    1 commentaire
  • Médusée, que j'étais cet après-midi à l'Ehpad, quand ma mère a attrapé le petit emballage en papier brillant des crêpes dentelles et s'est mise à le manger… Et elle ne voulait pas en démordre, au sens propre du terme, au point que j'ai cru que je n'arriverais pas à récupérer ledit emballage. Elle n'a plus sa tête, mais a toujours de l'appétit au point, donc, de manger n'importe quoi maintenant. J'imagine que sa démence a encore grimpé d'un cran.

    Mon père a-t-il encore toute sa tête ? La psychologue de l'Ehpad, que j'ai croisée en partant, m'a dit qu'elle l'avait trouvé un peu "flottant" cet après-midi, et de fait, j'ai trouvé mon père un peu étrange, bizarrement détaché.

    Mon père, je ne l'avais pas vu depuis deux mois et demi, en raison du confinement, et les quelques nouvelles que j'avais eu par l'Ehpad ne m'avaient pas préparée au choc que j'ai eu en le voyant, il y a deux semaines. Amaigri à un point que je n'aurais jamais imaginé possible le concernant, décharné en fait, et, désormais, alité puisque trop faible pour qu'il en soit autrement. Les raisons de ce déclin sont complexes, mon père ne parvient plus à s'alimenter depuis plusieurs mois, il souffre de vomissements dont personnellement je pense qu'ils sont dûs au stress de se voir décliner, je pense que mon père est entré dans un mauvais cercle vicieux, il se rend malade à l'idée d'être malade et de mourir. Bien sûr, il faut aussi penser qu'il puisse y avoir une "vraie" raison, médicale, à ses vomissements, mais le confinement est passé par là et une des conséquences est que tous les actes médicaux, tels que les radios, les irm… ont été stoppés pendant deux mois. Dommages collatéraux du Covid, en quelque sorte.

    Lorsque je l'ai vu il y a deux semaines il a tenu à me donner le classeur dans lequel il met toutes les informations importantes - dont ses dernières volontés, comme j'ai pu le découvrir, pas très rigolo de tomber là-dessus - parce qu'il est trop fatigué pour s'occuper de ses papiers, il était inquiet en particulier parce qu'il n'avait pas fait sa déclaration d'impôts.

    J'ai fait la déclaration, j'ai jeté un coup d'œil sur ses mails, et j'ai brisé un tabou (et ça n'a pas été facile) en regardant l'état de son compte en banque - parce que s'il décède avant ma mère, il faut continuer à régler l'Ehpad. C'est moi qui vais devoir gérer tout ça, alors je préfère savoir ce qu'il en est.

    Gros stress émotionnel depuis deux semaines, je vis un peu au rythme des visites et des coups de fil de l'Ehpad, les nouvelles sont tantôt bonnes tantôt mauvaises, je suis épouvantée - je l'avoue - à l'idée que mon père est en fin de vie et que cette fin de vie pourrait durer de longs mois, j'ai vécu ça il y a deux ans avec mon oncle et je sais à quel point c'est éprouvant pour les proches. Les émotions me fatiguent toujours beaucoup, et les nuits rendues difficiles ces dernières semaines par le raffut du quartier n'arrangent rien. Je suis crevée. Accessoirement, j'ai beau ne pas aimer mon père, c'est tout de même difficile émotionnellement de le voir dans cet état là, arrivé à un certain stade le passé est dépassé, si je puis dire, il ne reste plus rien que cette vérité : un être humain est là, mourant, et ce corps usé et décharné est celui de mon père.


    1 commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique