• J'ai passé l'après-midi avec deux de mes tantes paternelles, plus de 150 ans à elles deux. Bon pied bon oeil, les tantines. La pluls âgée m'a ouvert son album de photos, j'ai pu en faire quelques clichés.

    En l'occurence cette photo, d'autant plus exceptionnelle pour moi que mon père n'a pas de photos de ses parents. J'ai donc découvert le visage de mes grands parents, jeunes. Je n'ai pas connu mon grand'père, mort jeune, et je n'ai connu ma grand'mère qu'âgée.

    N'étaient-ils pas beaux ?  Je vous présente Gaston, né en 1895, typographe, croix de guerre 14-18, et Henriette, couturière, de sept ans sa cadette.

    grands_parents

    Perçoit-on la désillusion dans le regard de ma grand'mère ?  Le couple ne s'entendait pas. Mon grand'père a, de fait, eu une maîtresse - au moins une - sur Paris. J'ai peut-être des demi-cousins, quelque part en région parisienne. Ma grand'mère, devenue veuve, a détruit tous les souvenirs de son mariage, il ne reste donc que quelques photos conservées par mes tantes, et celle-ci est la seule sur laquelle ils posent ensemble.


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  • Et peut-être même l'arrière grand-mère...
    Ma grand'mère est au centre. Difficile de dire qui sont les autres personnes. C'est tout le problème des photos de famille quand on n'a plus personne pour les déchiffrer et mettre les noms sur les visages. On peut supposer que la personne plus âgée à sa droite est sa mère, mais rien n'est moins sûr. Dans la joyeuse pagaille qui les entoure, peut-être certains de mes grands oncles, ma grand'mère n'ayant eu que des frères. Peut-être le monsieur à la casquette était-il le troisième (et dernier) mari de mon arrière grand'mère, là encore, pure supposition. Malgré tout, j'aime bien cette photo, pour le naturel des gens qui ne semblent pas trop poser, ou du moins ne sont pas figés comme habituellement sur les photos de famille, surtout celles prises par les photographes dans les studios de l'époque. Celle-ci a été prise en plein air, probablement devant la maison familiale, à Vetheuil,  petit village en bord de Seine. Vetheuil qui a eu son heure de gloire : les impressionnistes sont passés par là, y ont posé leurs chevalets, et ont peint à plusieurs reprises le clocher de l'église surplombant la Seine. Monet, en particulier, qui y a même vécu quelque mois, pour finalement s'installer un peu plus loin, à Giverny.
    Si les matrones ont encore de larges et lourds tabliers sombres, la jeune fille à la gauche de ma grand'mère, ainsi que le jeune homme sur lequel elle s'appuie, évoquent, par la légèreté de leurs tenues et leurs coupes de cheveux, les années 30, période probable de la prise de cette photo. Ma grand'mère, quand à elle, parait "endimanchée", comme en visite. Il faudra que j'en demande plus à ma mère sur la jeunesse de sa propre mère. Je n'ai pas connu ma grand'mère. Grossesses nombreuses, mal suivies... elle meurt d'un cancer généralisé peu après ma naissance. Aujourd'hui, j'ai un âge qu'elle n'aura jamais atteint. Mais pas de doute lorsque je vois cette photo, je la reconnais forcément : mes cousines, certaines de mes nièces aussi, lui ressemblent beaucoup. C'est assez troublant, ces ressemblances qui passent au-delà des années et des générations.

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  • Car il semble qu'en réalité cette petite fille soit un petit garçon. Il est vrai qu'à l'époque les garçons portaient longtemps robes et boucles. Là encore, si on n'a plus personne pour commenter les photos, c'est mal parti. La photo date probablement des années 1910 grand maximum, le fauteuil a encore un côté Napoléon III. Ne nous arrêtons pas sur son regard pas très rassuré : quand il sera grand, il sera militaire ! En 40, il suit De Gaulle à Londres, profite de ses rares permissions pour faire des enfants à ma grand'mère, laquelle l'attend patiemment. Je ne sais pas trop comment, originaire d'un petit village près de Collioure, dans les Pyrénées Orientales, il s'est arrangé pour la rencontrer, elle, originaire d'Ile de France, en tout cas, ensemble ils se sont balladés : la Tunisie tout d'abord, où ils se marient, puis l'Algérie, un petit passage en France, puis l'Allemagne. La petite histoire rejoint la grande, mon grand'père fait partie de l'armée française d'occupation en Allemagne après guerre. Ils finissent par revenir en France. Mon grand'père, après la mort de ma grand'mère, quittera l'armée, rejoindra l'éducation nationale, puis prendra sa retraite au soleil de son village natal. Comme il ne pouvait jamais rien faire comme les autres, il s'installera dans une caravane, et votera socialiste vingt ans après avoir soutenu un certain quarteron de généraux... mais après tout, la vie est ainsi, on change et on change aussi d'idées parfois. Je garde de lui le souvenir d'un homme à la façon de parler tellement directe que cela me terrorisait et qui, pourtant, avait passé une après-midi à faire des découpages avec mes propres fils l'une des rares dernières fois où je l'ai rencontré, au grand ravissement de ceux-ci...


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