• Quand même il faut que je te raconte un truc. Le dimanche soir, alors que j'étais déjà dans mon lit, comme je pensais à la reprise du lendemain matin, je me suis soudain dit "mais, pour rentrer dans la boîte, il me faut un truc, non ? un truc… un badge !?" Je ne m'étais pas servi de mon badge depuis deux mois, j'avais oublié ce que c'était. Te dire si j'avais décroché du bureau et de ses contingences matérielles. Je me suis relevée aussi sec et été chercher ledit badge au fin fond de mon sac à main.

    Et le lendemain, quand je me suis retrouvée sur la rocade, je me suis demandée si je savais encore conduire. Mais si, il y a des choses qu'on n'oublie pas. Par contre j'ai eu un moment de doute en me disant "merde, j'ai oublié de faire mon attestation dérogatoire", faut croire qu'on prend les mauvaises habitudes aussi vite qu'on perd les bonnes.

    Bref. Il y a, cette semaine, un peu plus de monde sur la route, mais la circulation est toujours aussi fluide, c'est un vrai bonheur. C'est crétin, quand même, on pourrait donc éviter les bouchons, la pollution, avec un peu de bonne volonté.

    En parlant de bonnes et mauvaises habitudes, j'ai encore un peu de mal à réaliser, quand je passe mon badge au sas d'entrée, que je ne pointe plus, je me sens comme un galérien fraîchement libéré des fers, qui se retourne sans cesse en cherchant le garde-chiourme.

    La reprise et son lot de joyeusetés habituelles, dont l'annonce de la réorganisation de mon service, cette après-midi. Je conserve mon ordinateur et, avec un peu de chance, mon bureau et mon fauteuil, mais tout le reste change. Mon boulot, ma chef, mon bulletin de paie, la mutuelle, le CE, l'accord de participation… je ne suis même pas sûre que la convention collective soit la même. Je change d'organisation, presque comme il y a six ans (déjà !) quand la Big Bank a avalé le petit poisson où je bossais auparavant. La réorganisation concerne plusieurs services en plus du mien, ça va se faire dans le courant de l'été pour une mise en place début septembre - si le projet ne prend pas de retard. Je reste zen, le changement ça me connait, et du reste il y a deux semaines j'ai postulé à une annonce interne pour aller bosser - je n'ai peur de rien - en agence bancaire, parce que pourquoi ne pas tenter une dernière aventure professionnelle avant la retraite ? J'aurais aimé être soigneuse dans un zoo, danseuse classique ou brodeuse chez Lesage, je crois que c'est un peu raté, mais un petit "Bonjour Madame Michu commentallezvous ce matin et ce petit découvert vous me le renflouez quand" ça me changerait peut-être agréablement de "Peux-tu m'assurer que ton upgrade de serveur est bien sous contrôle, et joindre à ta demande le PV de tests et la validation du manager ?" - parce que je ne fais pas toujours un boulot passionnant-passionnant.

    Mais bon, la reprise, c'est sympa quand même, et il me tarde de pouvoir revoir mes collègues… à l'automne peut-être, quand on pourra enfin retravailler tous ensemble en même temps. 


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  • Reprise du travail sur site ce matin, donc. Peu de monde sur la route, je l'ai dit, encore moins de monde dans l'entreprise, la reprise n'est prévue que début juin, ne reprenaient aujourd'hui que les collaborateurs et cadres volontaires pour reprendre, afin de tester les mesures mises en place par l'entreprise : distribution des masques, redimensionnement des open-spaces et de la cafétéria, etc.

    J'ai donc récupéré quatre masques, dans une enveloppe kraft, deux pour aujourd'hui, deux pour demain, avec quelques consignes, mettez un masque le matin, et l'autre l'après-midi après votre pause déjeuner, et venez chercher de nouveaux masques tous les deux jours. D'accord, mais le masque, on le met comment ? la face bleue sur le nez, ou la face blanche ? Et comment on fait pour éviter la buée sur les lunettes ? Et surtout, comment on fait pour supporter ce putain de truc en permanence sur la bouche, avec les élastiques qui tirent derrière les oreilles ? Aïe je me suis coincée la boucle d'oreille… J'admire les gens qui bossent en permanence avec un masque sur la figure, claustro comme je suis j'en oublie de respirer, ça m'agace et je ne suis pas la seule. Nous sommes cinq dans l'open-space, nous optons tacitement pour un modus operandi pratique : on met le masque quand on se rapproche pour discuter, le reste du temps le masque reste sur le menton.

    Panne d'écran, un technicien vient, c'est un gars avec qui j'ai bossé, on discute un peu. Il a un masque, je porte le mien tant qu'on discute. Il manipule l'écran, mon pc, il écarte mon clavier qui le gêne…. pas de gants, pas de lingettes pour nettoyer après son passage. Je ne vais pas pousser des cris d'orfraie : personnellement je pense qu'il faut aussi qu'on se fasse notre immunité. J'ai toutefois regardé d'un œil un peu dubitatif la clim, juste à côté de moi, qui soufflait son air chaud à toute puissance…

    Je vais aux toilettes, je me lave les mains, je retourne au bureau j'ai touché la porte du couloir, je me relave donc les mains au gel hydroalcoolique mis à notre disposition. Je vais chercher de l'eau pour la cafetière, je retouche la porte du couloir, je me relave les mains au gel hydroalcoolique mis à notre disposition. Je vais déjeuner à la cafétéria, je re-retouche la porte du couloir, je me re-relave les mains au gel hydroalcoolique…. je termine la journée avec la peau des mains façon croco, et ce n'est que le premier jour. Ca va faire le bonheur des producteurs de crèmes pour les mains ! 

    Je suis donc retournée au boulot ce matin, et j'ai bien fait. J'ai réalisé qu'un mois de plus de confinement, et je n'aurais pas eu envie, mais alors pas du tout envie, d'y remettre les pieds. Travailler chez soi, c'est bien. Ma copine Véro, elle, était bien contente de reprendre : elle vit avec sa maman, un peu âgée, un peu sourde, alors le télétravail dans la chambre avec BFM qui braille non-stop dans le salon à côté, c'était compliqué. 

    La Big Bank a peaufiné son plan de reprise. Pour la pause déjeuner, nous avons des créneaux horaires imposés selon l'étage où nous sommes. Il y a certaines copines que je ne vais pas croiser d'ici plusieurs  mois ! A la cafèt, ambiance surréaliste : sur les tables de grandes croix faites au scotch marron condamnent une place sur deux. Nous déjeunons en quinconce, quatre à une table prévue pour huit, et sans sel, ni poivre, ni carafe d'eau, ces objets étant des surfaces pouvant potentiellement être vecteur du virus…  Le coin café a été condamné, pour la convivialité on attendra la fin de l'épidémie.

    On notera que ce gros méchant virus aura mis à mal le modèle immobilier à la mode dans le monde de l'entreprise : terminé le "free-sitting" du "flex-office" : désormais chacun à une place attitrée, et doit y rester. Ca et le télétravail généralisé, c'est intéressant de voir à quel point les scénarios d'hier pourraient ne pas être ceux de demain.

     


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  • J'ai repris la route du travail, ce matin. J'ai mis un quart d'heure pour y aller, pareil ce soir pour en revenir. Là où je mets au minimum 35 minutes, parfois presque une heure - pour faire 7 kms. Peu de monde sur la route, peu de monde sur la rocade. Moins de pollution, du temps gagné… Quelles économies ferions-nous si le télétravail devenait quelque chose de normal.

    Mais voilà, dans la tête de bien des gens, et surtout des cadres, le télétravail, ce n'est pas vraiment du travail. Une collègue m'a rapporté, dans une conversation la semaine dernière, qu'à l'occasion de la réunion d'équipe hebdomadaire son manager a déclaré "lundi nous reprenons le travail !". Elle lui a gentiment, mais fermement, fait remarquer que personne n'avait cessé de travailler, et qu'au contraire pour certains le télétravail avait engendré plus de travail, et des horaires de travail élargis.

    Bref, demain il en sera comme hier, et l'homme est un loup pour l'homme.


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  • A - Angoisses. J'ai vécu le confinement avec un arrière-fond de crises d'angoisse, rien d'invalidant juste de petites crises le matin au réveil, et puis j'ai appris que je n'étais pas la seule, du reste il y avait de quoi.

    A - Applaudissements. Non je n'ai pas applaudi, le soir à 20 heures. Parce que je trouve ça très agaçant ce discours qui divise la société entre "valeureux guerriers qui risquent leur vie" et les autres, comme moi, qui bossent quand même. Parce que ça m'agace de voir le gouvernement nous filer du trémolo pour parler des soignants, quelques mois seulement après leur avoir balancé du lacrymo dans la gueule. Et enfin, parce que dans mon quartier, ce sont les mêmes qui applaudissent à vingt heures et caillassent les pompiers quand ils interviennent sur les feux de poubelles allumés exprès.

    A - Autruche. Je le dis franchement : au début du confinement, dans l'état de stress qui était le mien, je n'avais qu'une envie : faire un trou dans le sol, et m'y fourrer la tête en attendant que ça passe. Ou me flanquer sous la couverture et demander qu'on me prévienne quand ça serait fini. Et puis on s'habitude à tout, et finalement je trouve ça même un peu rigolo de voir comment, d'un jour à l'autre, certains mots, confinement, masque, ont envahis nos conversations. Et comme je le dis dans mon alinéa suivant, ça aurait pu être pire.

    C - Covid. Bon, c'est quand même pas la Peste, le choléra ou la variole. Oui parce que j'étais en train de lire un bouquin de Jorge Amado quand le confinement a commencé, et il y est question d'une épidémie de variole. Occasion d'en savoir un peu plus, je suis allée sur le net, j'ai trouvé deux articles Wikipédia consacrés à la variole et à la peste, très bien faits, et je me suis dit qu'on avait quand même bien de la chance. La variole est officiellement éradiquée - mais ça fait un peu froid dans le dos de savoir qu'il en existe quelques souches dans quelques laboratoires P4 - quand à la peste, et bien figure-toi qu'elle refait quelques morts de temps à autre, un peu partout dans le monde et ça, c'est quand même sacrément flippant. 

    E - Economie. Pour moi, c'est ce qui me fait le plus flipper, la suite, les conséquences. Le gouvernement qui nous lâche des milliards, c'est gentil, c'est nécessaire, mais va-t-il aller les chercher dans nos poches ? Et puis, surtout, les gens que j'aime vont-ils se retrouver au chômage, vont-ils pouvoir rouvrir leurs commerces,...

    M - Masque. Tu inspires, tu expires, et tu as de la buée sur les lunettes. Voir ou respirer, fais ton choix camarade.

    P - Philo. L'occasion de faire un peu de philo, réfléchir au rapport au chez-soi, au temps et à ce qu'on en fait. J'ai trouvé ça intéressant.

    R - Remise en cause. Remise en cause de notre système économique ? Rien n'est moins sûr, hélas. 

    R - Rentabilisation. Non je n'ai pas "rentabilisé" mon confinement en apprenant une langue étrangère, en regardant des podcasts culturels ou en regardant Arte. J'étais pas assez sereine pour ça, alors je me suis juste ennuyée en revoyant la série Urgences rediffusée une énième fois sur la TNT. Et ce n'est pas grave, fuck la rentabilisation.

    R - Reprise. Je reprends le boulot, sur le site de l'entreprise qui m'emploie, lundi. Ca va me faire bizarre, devoir me presser un peu pour me préparer le matin, reprendre la voiture, et être enfermée dans un bureau. Revoir les copains et les copines ça va être sympa, même si on ne va pas tous se revoir de suite. Reprise progressive, par groupes, en alternant les groupes et les périodes de télétravail, pour limiter les risques d'épidémie. C'est les chattes, qui vont être surprises, elles avaient pris l'habitude de me voir toute la journée à la maison ! Le manager d'une fille que je connais a déclaré "lundi on reprend le boulot". Comme si on bossait pas parce qu'on était en télétravail… certaines idées reçues ont la vie dure, hélas.

    S - Sport. C'est ce qui m'a le plus manqué. A force d'être assise, et d'avoir une activité physique réduite à la seule heure de marche autorisée de la journée, j'ai perdu du muscle, et me suis retrouvée avec un tas de petites douleurs désagréables. Les salles de sport ne seront pas autorisées à ouvrir de suite, et on n'a pas de date pour l'instant, mais retrouver mon vélo dès le week-end prochain va être un vrai bonheur pour moi. Et à défaut de salle de gym, j'irais faire du vélo elliptique dans les installations en plein air de mon quartier, dont j'espère qu'elles seront de nouveau autorisées d'accès.

    T - Télétravail. Travailler face à la porte-fenêtre de ma cuisine, avec vue sur les arbres et le ciel, avec la porte grande ouverte les jours de beau temps, c'est bien agréable. La pause café du midi, sur le balcon, c'est sympa aussi. D'ailleurs hier midi, j'ai pas vu l'heure, et j'ai failli oublier de reprendre le boulot ! 


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  • Pépin, la lune, la lune !

    Pépin, la lune, la lune !

    Pépin, la lune, la lune !

    Pépin, la lune, la lune !


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  • Ca fait des années que ça dure, et c'est à chaque fois pareil : il fait beau, et il y a toujours un imbécile pour tourner dans le quartier avec une moto puissante, non homologuée, sans pot d'échappement (et tant qu'à faire, sans assurance, sans casque et bien sûr sans permis). Une moto, déjà, c'est pénible. Mais ces derniers semaines ce sont deux, puis trois, puis, ce soir, quatre motos qui tournent. Du milieu de l'après-midi jusqu'à la tombée de la nuit, et c'est juste l'enfer.

    J'ai appelé les flics hier soir, les ai rappelé ce soir, et je ne suis pas la seule, le flic qui répond est à chaque fois exaspéré. Moins que nous, cependant. "Pas de moyens" "les nuisances sonores ne sont pas la priorité", voilà la réponse.

    Il est bien évident que la prochaine fois que je rencontre un Gilet Jaune, je lui conseillerai de venir manifester, avec ses copains, dans mon quartier : les flics n'y sont jamais.

     

    Et ça tu vois, c'est grave : constater qu'il vaut mieux être un délinquant qu'un citoyen défendant ses idées. 


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  • Pas de muguet pour embaumer mon petit déjeuner cette année, et je l'ai bien regretté, crois-moi, l'odeur du muguet est une odeur que j'adore, tout comme j'adore la vision de ces délicates petites clochettes blanches.

    Bravant la pluie et le vent, je suis sortie en fin de matinée pour ma sortie quotidienne, attestation en poche, avec pour l'occasion le grand parapluie aux couleurs et symbole de mon syndicat, bleu blanc et colombe portant un rameau, et j'ai fait mon tour en sifflotant L'Internationale. 

    L'Internationale, pourtant, c'est pas inné pour moi. Petite-fille d'un officier de l'armée de l'air, fille d'adjudant, nièce de marins à pompons rouges (à l'époque on parlait de la "Royale" et mes oncles étaient fiers de dire qu'ils faisaient leur tour du monde à bord de "La Jeanne", entendez la Jeanne-d'Arc), j'ai plutôt été biberonnée aux chants militaires (La République nous appelle, sachons vivre ou sachons périr, un français doit vivre pour Elle, pour Elle un français doit mourir !) et aux cantiques religieux (la touche maternelle de mon éducation). C'est au lycée que j'ai entendu l'Internationale pour la première fois, mes deux meilleurs amis de l'époque l'ayant entonné un jour pour je ne sais plus quelle occasion. Je me souviens du choc que ça m'a fait, l'Internationale j'en avais entendu parler, mais rencontrer des gens qui savaient la chanter, c'était vraiment pour moi un véritable choc culturel. D'ailleurs avec ces amis là j'allais de découverte en découverte, une vraie ouverture d'esprit à d'autres façons de voir le monde, penses-tu l'un était fils de républicains espagnols ayant fui Franco, l'autre était réfugiée politique fuyant Pinochet. Pleine d'enthousiasme j'ai appris El Pueblo unido jamas sera vencido par cœur, je me suis réjouie de l'arrivée de Mitterrand au pouvoir (à quelques mois près j'aurais pu voter pour lui), et j'ai aussi très vite compris que l'étroitesse d'esprit est finalement la même partout, "Dis Marcelo que se passe-t-il en Pologne ?" "Rien, il ne se passe rien en Pologne." - Le "rien" c'était Solidarnosc, imagine le caillou dans la chaussure de tous mes amis communistes.

    Autre temps, autres mœurs, j'ai donc défilé-confinée toute seule ce matin, à défaut de muguet j'ai respiré l'air des chèvrefeuilles ornant les grillages du quartier, et en passant à côté d'une belle haie printanière, je me suis régalée de l'odeur des fleurs blanches de la saison, seringas, orangers du Mexique et, surtout, des fleurs des thuyas, une odeur acidulée venue de l'enfance, et c'est bien une de mes odeurs préférées. Camarade lectrice, camarade lecteur, bon premier mai à toi ! 


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  • Je te le dis de suite : ce titre n'a absolument rien à voir avec ce billet. J'ai juste entendu cette phrase tout à l'heure dans une série télévisée, et elle m'a plu. Je me suis dit que ça pourrait faire une bonne entrée en matière pour une nouvelle ou un roman, mais je n'ai pas été chercher plus loin, il y a belle lurette que je me suis dit qu'il y a suffisamment d'auteurs qui poussièrent sur les rayonnages des bibliothèques, sans que j'ai besoin d'en rajouter.

    Je suis en congés cette semaine, en congés confinée, inutile de te dire que je m'ennuie un peu, et quand je dis un peu, je suis bien en dessous de la vérité. Comme m'a dit une copine, on va sortir de ce confinement avec le cul tout plat, d'avoir passé nos journées assis sur nos canapés. 

    Cet après-midi, j'ai passé la tête au bureau, c'est l'avantage du télétravail, histoire d'avoir quelques nouvelles. Bah j'aurais mieux fait de m'abstenir. J'ai appris que mes deux collègues prestataires voient leur mission arrêtée fin juin, la Big Bank réduisant la voilure côté frais généraux au vu de la crise économique. Et que la réorganisation dont j'avais déjà entendu parler se précise, mon service devrait vraisemblablement disparaitre en septembre prochain. Mon collègue David et moi sommes un peu dépités, nous étions plutôt contents d'avoir trouvé, depuis à peine un peu plus d'un an, un service où on se sentait bien, bonne ambiance et boulot pas passionnant, mais pas trop pénible, et sans trop de pression. Bon, si ça se trouve on continuera à faire notre boulot, mais dans une autre équipe. Tout est possible dans le monde merveilleux de l'entreprise. 

    En tout cas, confinement, télétravail, départ de mes collègues, réorganisation, ça fait beaucoup de changements, pour moi qui ai horreur de ça. Mais ça pourrait être pire. La crise qui nous tombe dessus est dramatique pour certains - d'ailleurs je me fais du souci pour mes collègues prestataires, ils pourraient bien se retrouver au chômage si leur boîte ne leur retrouve pas de contrat. 

    Foutu virus.

    Et tu sais quoi ? Ben mes parents dans leur ehpad, même pas un petit rhume, pas la moindre toux, rien. Ouep, j'ai parfois les idées mal placées.


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  • A - Anglais. Une des résolutions de l'année, c'était de travailler régulièrement mon anglais, bouquin d'exercices, vidéos du British Council, etc. Et puis le confinement serait la période rêvée pour ça. Bah non, grosse flemme, pas envie.

    B - Bouquins. L'autre résolution de l'année, m'attaquer à la Pile A Lire qui m'attend dans le coin bibliothèque de la deuxième chambre. C'était sans compter une de mes voisines, qui m'a passé cette semaine deux grosses poches de bouquins. La troisième résolution c'était d'apprendre à dire non - échec sur toute la ligne.

    C - Confinement. Bah ça dure, je suis un peu triste de ne pas vu mon fils aîné depuis plusieurs semaines, et ma petite-fille avec. Deux mois sans la voir, elle aura bien grandi. Vivement qu'on puisse se retrouver tous ensemble. Mon anniversaire est mi-mai, j'espère bien fêter ça avec eux.

    F - Fatigue. Le contrecoup du stress, je suppose. Et puis moins on en fait, moins on a envie d'en faire. Il faut que je me reprenne en main, retrouver une activité sportive acceptable. Marcher une heure par jour, c'est gentil, mais c'est pas du sport. 

    M - Marche. Je sors désormais marcher tous les jours une heure. L'occasion de respirer l'air libre, d'écouter les oiseaux, de m'échapper de mon appartement. Je fais des photos, ça me permet d'oublier un peu la situation. Je fais des photos thématiques, que je poste ensuite sur facebook. J'ai fait des photos d'arbres, des photos de gouttes d'eau sur des feuilles, après une averse, des photos de fils électriques sur le ciel bleu, et des photos de nuages. 

    R - Ramadan. En relation avec ma note précédente : partir dans un petit village, avec des vieux en béret,  une église et des cloches qui sonnent. Le multiculturalisme, ça a ses limites, crois-moi.

    S - Sport. Je suis en congés cette semaine, la Big Bank nous ayant demandé de poser des congés maintenant pour éviter qu'on parte tous en vacances quand le confinement sera fini. Donc l'occasion de me remettre au sport, car j'ai un peu lâché le truc ces derniers quinze jours. Me remettre au yoga, au moins un jour sur deux, alterner avec des exercices avec des haltères. 

    T - Télétravail. Ca se précise, on va y rester plusieurs mois, le déconfinement se fera de façon très progressive, une semaine de boulot en entreprise, suivie de deux semaines de télétravail, puis retour au boulot, puis télétravail, etc. Au minimum tout l'été, l'objectif étant d'éviter une deuxième vague d'épidémie. Par la fenêtre de ma cuisine, j'ai vu le printemps arriver, les cerisiers du Japon fleurir, puis laisser la place aux fleurs du grand acacia devant mon immeuble. Parti comme c'est parti, je risque de voir tomber les feuilles des platanes qui bordent l'aire de jeu pour enfants ! 


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  • Comme disait ce bon Gandalf.

    Ce déconfinement, pour aussi pénible qu'il soit, permet de réfléchir. Sur le rapport au travail, sur le rapport à son chez-soi, sur son rapport aux autres, éventuellement. 

    J'ai eu une longue discussion, via Skype, avec Cléante, mercredi. Comme on prenait de nos nouvelles respectives, je lui ai dit que pour moi, ce confinement était l'occasion de revoir mon rapport à mon appartement, à mon quartier. Pareil pour lui. Il vit depuis une dizaine d'années dans un appartement, en plein Bordeaux, ce qui lui convenait jusque là, parce que lui permettant de sortir en ville facilement, et surtout de pouvoir rentrer chez lui, en ayant bu, à pied et donc sans craindre un contrôle d'alcoolémie. Le confinement sans un appartement sans balcon lui fait reconsidérer les choses.

    Cléante est originaire d'une petite ville du bout du département, à la limite de la Dordogne. Là bas, m'expliquait-il, tu peux acheter une maison pour moins de cent mille euros, et attention, une maison en pierre, avec parquets et poutres centenaires, et fantômes authentiques. Bon, le problème c'est que dans ces petites villes de campagne il n'y a pas vraiment de travail, et c'est bien là que le bât blesse. Mais, me disait-il, il réfléchissait quand même, parfois. "Tu comprends, avec 100 000 euros, j'ai une maison. Il m'en reste encore un peu pour voir venir, et puis à la campagne, tu ne dépenses quasiment rien, et puis franchement, même s'il me fallait devenir ouvrir agricole, ça m'irait". Ca, c'est le fantasme, la réalité c'est autre chose, faire le grand saut, à nos âges, il en va autrement. Je suis bien placée pour le savoir : il y a dix ans je suis partie recommencer à zéro, autre région autre boulot, j'ai tenu six mois sans ma famille, la Rue Sainte-Catherine et les salles obscures de l'Utopia.

    Pour autant, je réfléchis beaucoup, je revois moi aussi mes priorités, et je commence à réfléchir sérieusement à partir, d'ici quelques années, m'installer dans un petit village du sud-gironde. Mon appartement est bien, et il est bien situé. Mais. Mais il y a le bruit d'un quartier par trop populaire, le bruit, les odeurs, la saleté. 

    Pas possible de partir maintenant. Je ne peux pas acheter une maison aux fins fonds de la Gironde et continuer à bosser sur la métropole bordelaise, même si le télétravail va entrer dans les mœurs. J'y ai tout de même réfléchi, parce qu'entre être coincé trois quart d'heures dans les bouchons, et faire trois quart d'heure de routes de campagnes, la seconde option parait plus agréable. Mais ce n'est pas le bon moment. Parce qu'avec cette crise, on ne sait pas trop où on va, on ne sait pas ce que va donner le marché de l'immobilier dans les mois à venir, et que mes économies ont un peu souffert de la crise également, en particulier le plan épargne entreprise qui s'est cassé la gueule en même temps que les actions de la Big Bank. J'ai donc tout intérêt à attendre, la retraite c'est fin 2027, et pourquoi ne pas partir un peu avant selon ce que proposera la Big Bank aux séniors à ce moment là. Du reste, si la demande immobilière reste la même sur la métropole, la valeur de mon appartement devrait continuer à augmenter et j'aurais, par contre, bien remboursé mon prêt, le différentiel devant me permettre alors d'envisager plus facilement un nouvel achat. Je me dis que partir dans cinq ans, ce serait pas mal, et que cinq ans, ça passe vite. Il me faut donc être patiente…. ce qui est bien la qualité qui me fait cruellement défaut ! 


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  • Et les alentours sont verts comme je les aime ! Je suis rentrée hier midi de ma marche quotidienne avec un bouquet de fleurs et herbes des champs, et ça m'a fait du bien !

     

    Le printemps, malgré tout


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  • J'ai fini ma provision d'Earl Grey Betjman & Barton, achevé les dernières miettes de feuilles du dernier pot de Mariage Frères, et je garde la dernière cuillerée du Pecan Pie de chez Dammann  pour fêter le déconfinement. J'en suis réduite à boire du Lipton, et en sachets, que j'achète en supermarché. Je te le dis, ce confinement provoque bien des drames domestiques. 


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  • La chilienne de l'entrée d'à côté qui chante à tue-tête - et faux - depuis ce matin, le mec de la tour d'en face qui a fait la fiesta jusque tard hier soir, et je suppose que ses voisins ont dû se plaindre, quelques minutes après l'arrêt de la musique c'était les rugissements d'un moteur, sur place, genre vous m'avez obligé à éteindre ma musique bah maintenant je vous emmerde comme je peux. Probablement la même voiture qui a enchaîné les tours de quartier à pleine vitesse, une bonne partie de la nuit. Je suppose que ma voisine du dessous avait bu, hier soir, au vu de sa façon de chanter du France Gall, et oui ça traverse les murs. Quand aux djeuns, ils ont investi l'aire de jeu en face de chez moi, fort opportunément dissimulés par la haie. Le quartier décompresse, et déconfine, comme il peut. Je me déconfine aussi, j'ai recommencé à aller marcher une à deux fois par jour, une heure, avec attestation et dans un rayon d'un kilomètre, parce que rester assise à longueur de journée, ça devenait pénible. Moins on en fait, moins on a envie d'en faire, je n'ai pas fait de yoga de la semaine, il faut que je me reprenne en main. 

    J'ai repris le boulot cette semaine, contente de retrouver mes collègues, j'en ai profité pour envoyer quelques mails à d'autres collègues pour prendre de leurs nouvelles. Tout le monde dit aller bien, mais être confiné dans une maison avec jardin dans un quartier résidentiel, c'est pas pareil qu'être confinée dans un immeuble en banlieue pauvre. Note pour le prochain confinement : être ailleurs.


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  • La lune montante


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  • A - Angoisses. Quand je vois le nombre de personnes autour de moi qui me disent être angoissées, ou stressées, je n'en reviens pas. Une amie me disait avant hier que son conjoint souffre de crises d'angoisse lui aussi, ce qui m'a bien étonnée. On touche du doigt nos limites, en ce moment. Quand je vois comment je ne suis pas bien par moment, je me dis que je n'aurais jamais résisté, lors de la deuxième guerre mondiale par exemple, j'aurais terminée complètement folle. Il faudra que j'en parle à ma tante, pour savoir comment elle a vécu ça. 

    B - Bruit. Le quartier est étrangement calme, la nuit en particulier, du coup je dors mieux. Le jour, c'est une autre histoire, avec les voisines du dessus, mais depuis hier il y a moins de bruit chez elles, pourvu que ça dure.

    E - Ennui. Mais qu'est-ce que je m'emmerde !  

    N - Neige. De façon très inattendue, il a neigé lundi dernier ! Un temps presque printanier la veille, et voilà que je me suis levée lundi matin et qu'il neigeait ! De beaux gros flocons, et j'ai profité du spectacle toute la matinée. Hélas cela n'a pas duré, et il faisait trop doux pour que ça tienne, mais j'étais bien contente d'avoir vu la neige une fois cette année ! 

    P - Pollution. Pas de doute, l'air sent meilleur, et il est moins sale aussi. Ca fait du bien ! 

    P - Printemps. Parce que le printemps est bel et bien là. Il faisait une vingtaine de degré dehors cet après-midi - sauf qu'il n'était pas question d'en profiter, je respecte au mieux le confinement et ne sors plus que très rarement. Au point que, quand je sors j'ai la tête qui tourne immédiatement ! Mais je vis avec les fenêtres grandes ouvertes, et c'est tout de même agréable. Pas de fleurs sur mon balcon pour l'instant, on verra quand on sortira de ce fichu confinement ! 

    P - Poids. Tout le monde se lance dans la cuisine, ou la pâtisserie. Moi aussi du reste, j'ai ressorti mes livres de cuisine, et je profite des soirs où mon cadet vient dîner (il est seul, moi aussi, nous maintenons donc nos rendez-vous habituels) pour faire de nouvelles expériences culinaires. Malgré tout je ne grossis pas, et j'ai même perdu du poids, la faute au stress qui me rend malade :-/

    V - Vivement. Vivement que ça se termine. Je suis parfois dans des états de stress et de nervosité pénibles à vivre. Rester assise toute la journée, ça ne me convient vraiment pas. En sortir, comment, et avec une économie dans quelle état ? Si au moins on pouvait espérer que gouvernements et populations en auront tiré les leçons indispensables, mais non, j'imagine que la majorité des gens vont se précipiter dans les magasins, à peine le déconfinement annoncé. Quelles leçons, vais-je en tirer, moi ? 

    Y - Yoga. Eh bien vraiment, je ne regrette pas de m'y être mise, parce qu'en ce moment, c'est bien la seule chose que je peux encore faire, alors je ne m'en prive pas. Je trouve des séances très bien faites sur YouTube, ça me fait du bien et ça fait passer le temps ! 

     

     


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