• Bouquins - Hervé Le Corre, Trois de chutes, la trilogie bordelaise

    Je dis merde à la chaleur. On est - quoi ? - à la mi-juin, et il fait un cagnard subsaharien qui nous fait nous tapir dans l'ombre moite comme des cloportes sous des pierres. Je veux des orages, de la pluie bretonne, une dépression bien creusée sur le Groenland, mettons, une de ces écharpes bien enroulées comme on nous en montre à la télé. Faut déclarer la guerre aux Açores. Passer des accords avec l'Irlande. J'ai envie de marcher dans les flaques comme quand j'étais gamine. Je veux troquer mes nu-pieds glissants de sueur contre des bottes en caoutchouc. Aller bosser en ciré jaune, comme les marins, sponsorisée par K-Way. Parce que c'est là que le bât blesse. Si j'étais en congé, un Tee-shirt, une petite jupe, des espadrilles encordées au Pays basque me suffiraient amplement pour sortir faire mes courses ou traîner parmi les soldes. Je montrerais mes avantages à des connards ni vus ni connus qui en profiteraient anonymement, et basta. Mais je me vois mal me pointer au bureau légère et court-vêtue avec presque rien en dessous. Figurez-vous que la flicaille est une corporation très majoritairement couillue. Et volontiers moustachue pour ce qui concerne les tuniques bleues.

    Bouquins - Hervé Le Corre, Trois de chutes, la trilogie bordelaise

     

     

     

     

     

    Je goûte assez peu le polar, mais Le Corre situe ses romans à Bordeaux et en région bordelaise, pour mon plus grand plaisir. Cette trilogie bordelaise reprend dans un seul livre ses trois premiers romans dont le troisième, Les Effarés, est certainement le meilleur. Petites frappes, gosses paumés, tueur bas de front, tous évoluent dans le Bordeaux des années 80, gris et sale, aux quartiers périphériques défavorisés. (le plus incroyable du renouveau de la ville n'est pas tant dans sa rénovation, que dans son nouvel essor au sein même de ses limites géographiques. Certaines zones, auparavant terra incognita, se couvrent aujourd'hui de nouvelles constructions). Les polars de Le Corre sont violents, sombres, nulle rédemption pour ses héros, mais la langue est belle, savoureuse, quelque part entre Audiard et Thiefaine, et il s'y entend à dresser des portraits hors du commun. Bref, il faut lire Le Corre.


  • Commentaires

    1
    Mardi 4 Avril à 18:06

    Je vais l'inclure dans ma liste.

      • Vendredi 7 Avril à 22:37

        Ah, la liste !!!  cool la mienne ne cesse de s'allonger... smile

    2
    Samedi 8 Avril à 19:06

    Tout pareil dans la caverne. La liste se trouve juste à côté de la pile des livres enfin achetés mais qu'il reste à lire...

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :