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Des hauts, des bas, et un coup de gueule

Dire que je passe une sale période, c'est un euphémisme. Je n'en dirai pas plus, si ce n'est que j'ai fini par envoyer, ce soir, un sms à mes frères et soeur pour leur dire à quel point je paye au prix fort le fait de m'être occupée, seule, de nos parents ces dernières années. Ma soeur a immédiatement appelé... et je n'ai pas décroché, et je ne décrocherai désormais plus. J'ai failli terminer mon sms par "allez tous vous faire foutre", c'était un peu l'idée, vois-tu.

Evidemment, évidemment, je vais le regretter, évidemment, évidemment c'est moi qui vais passer pour la méchante, celle qui est bien connue pour son mauvais caractère... Ma soeur va se draper dans sa dignité, mon frère aîné va me jouer le couplet du "mais je suis teeeeeelllement désolé vraiment je n'imaginais pas que c'était si dur et que puis-je faire pour toi maintenant" et se débrouillera pour que ce soit  moi qui m'excuse et le remercie, schéma désormais bien connu... Mon petit frère, s'il reçoit le sms sur son vieux téléphone du siècle dernier, ne répondra pas - et c'est le seul pour lequel j'ai un peu de mauvaise conscience, parce que c'est en fait le seul à avoir été là au moins un peu.

Bref, je ne peux même pas dire que ça m'a soulagée, j'ai même probablement aggravé les choses, mais fallait que ça sorte, je vais trop mal en ce moment, passant par des moments où ça va, mis à part la fatigue, et d'autres où je suis aux trente-sixièmes dessous, relations avec mon fils aîné et, surtout, avec ma belle-fille encore plus compliquées en ce moment, une hospitalisation en psychiatrie ça fait jamais très bon effet...

Re bref, à la clinique les soignants sont bienveillants certes mais un peu absents, et c'est moi qui suis allée les voir cet après-midi pour les alerter sur le fait qu'un autre patient était en pleine crise de mal-être au point de parler de suicide - et pourquoi faut-il que ce soit toujours moi qui me préoccupe des autres ? J'étais moi-même au plus mal à ce moment là, et j'ai trouvé pour le moins étrange le fait de venir en aide à un type tout en pensant moi-même à ma propre mort.

Bon, je rassure tout le monde, c'est pas encore pour cette fois-ci, je m'accroche, je ne sais pas trop pour quoi pour qui - si, pour mon cadet en particulier.

Et sinon, il fait beau, les petits zoizeaux chantent et je suis particulièrement sensible à cela, si je devais perdre l'ouïe c'est bien le chant des oiseaux que je regretterais. En attendant, demain sera un autre jour, je vois la psy et nous étions convenu qu'elle me prolongerait d'un mois - mais non, je vais reprendre le boulot lundi prochain, retrouver une vie normale au plus vite, sauver les apparences, faire comme si, parce que craquer, c'est trop compliqué et inconfortable.

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I
Je t’adresse tous mes vœux de courage. Garde espoir, surtout ! <br /> J’ai remarqué qu’en cas d’idées noires, lire un bouquin passionnant ou surprenant peut (au moins momentanément) me faire changer d’univers et d’état d’esprit. <br /> Tu as sans doute raison de repartir au travail, retrouver tes collègues et une ambiance différente te fera sûrement du bien. J’espère que tout se passera le mieux possible.<br /> Je pense à toi (et d’autres que moi aussi), tu te sens peut-être seule (ce qui arrive fréquemment quand on ne se sent pas bien) mais ce n’est pas le cas. <br /> Ce week-end, prends ton vélo, un pique-nique et promène-toi dans la nature sans ne plus te soucier de quoi que ce soit. Sur place, fais une pause et imagine la vie des renards ou des écureuils. Sur le coup, ça peut paraître risible mais ce peut être un moyen de rompre avec le quotidien et de bien déconnecter.<br /> Je suis de tout cœur avec toi, en tout cas.
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