Par Feuilles_d_Acanthe
Grand beau temps hier, renforcé par un vent doux venu du Sud. J'avais besoin d'aller prendre un bon coup de vent dans la tête après le passage difficile de la semaine dernière, alors direction l'océan.
Mauvaise décision : j'ai proposé à Sylvie3 de m'accompagner parce que son moral n'était pas au top.
Bien mal m'en a pris : j'ai eu droit à trois heures de complainte, complainte habituelle sur son enfance sur laquelle elle tourne en boucle. Je pensais que le fait de voir (enfin !) une psychologue allait l'aider mais ça n'est visiblement pas encore ça et c'est encore à moi qu'elle raconte tout ça. Alors oui, bien sûr, être l'enfant unique de parents dépressifs eux-mêmes nés de parents sinistres, et qui plus est subir du harcèlement scolaire... Oui, j'en conviens c'est lourd... mais c'était il y a longtemps tout de même.
Je vais te raconter un truc : à 12 ans j'ai été victime d'une agression sexuelle, mais j'ai eu la chance d'arriver à faire fuir mon agresseur. Gros trauma tout de même surtout qu'à l'époque on ne parlait pas de ces choses là, on devait se débrouiller soi-même à gérer ça dans sa tête et c'est le genre de chose qu'on n'oublie jamais. Si je dis "à 12 ans j'ai été victime...", 12 ans ça parait proche, c'est l'enfance et l'enfance, c'est toujours hier. Mais je peux dire aussi : "en 1975 j'ai été victime..." et déjà ça éloigne un peu le truc. Maintenant je peux dire également "il y a 50 ans j'ai été victime..." et là ça commence vraiment à relativiser l'histoire. Mais 50 ans c'est... un demi-siècle, eh oui. Alors si je dis "il y a un demi-siècle j'ai été victime..." on est dans la préhistoire et on commence à se dire "oui bon on passe à autre chose quand même". Pas forcément facile mais pas faux non plus. Ces dernières années j'ai saupoudré ça de quelques séances d'EMDR et si je n'oublie pas ce qui m'est arrivé, le souvenir a perdu de son intensité et de sa violence. Revenir au présent et prendre conscience qu'aujourd'hui le mec est probablement mort, ça remet aussi vraiment les choses en perspective.
Bref, j'ai dit à Sylvie : "tu as envisagé de faire de l'EMDR ?" "Non, j'ai tellement trop de traumatismes tu sais...". Je lui dis aussi "mais regarde toi aujourd'hui, tu vis seule mais tu t'assumes totalement, tu vis normalement en dépit de tes difficultés psychologiques..." bah non, elle boucle sur son enfance. Trois heures, c'est long, la prochaine fois j'irai voir l'océan toute seule.
En tout cas, il faisait un grand soleil et ça faisait du bien.
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Ensuite on a terminé l'après-midi en prenant un pot du côté du Bassin, le soleil tombait à l'horizon sur les prés salés et c'était très beau aussi.
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Si j'avais besoin d'aller prendre le grand vent c'était pour évacuer un peu cette histoire de studio, d'investissement, d'argent. Et comme je ne suis pas du genre à rester à attendre (quoi d'ailleurs ? les choses s'arrangent rarement toutes seules), j'ai pris rendez-vous avec l'agent immobilier qui m'avait vendu le studio, et je l'ai remis en vente. A un prix inférieur à celui auquel je l'avais acheté mais il faut savoir limiter la casse. Et j'ai pris les coordonnées d'un conseiller en gestion de patrimoine. Et puis si je n'arrive pas à vendre le studio je devrais quand même m'en sortir, même difficilement, après le coup de stress de la semaine dernière je suis redescendue en pression et retrouvé un peu d'objectivité.
Les emmerdes, on le sait, arrivant rarement seules, j'ai quelques soucis avec la CPAM, coup de fil de ma psy ce matin pendant que j'étais au sport "j'ai reçu un courrier de la CPAM m'informant qu'ils refusaient l'arrêt de travail d'octobre, je ne comprends pas ce qu'ils veulent dire..." En rentrant j'ai appelé la CPAM, fait le point, réussi à comprendre et je leur ai tout confirmé par un courrier recommandé - et oh joie oh bonheur de la technique moderne je l'ai fait et expédié depuis mon pc, plus besoin d'aller à la Poste c'est un vrai progrès. A 13 h j'avais avancé sur ce dossier et c'était une satisfaction. Maintenant j'attends la réponse de la CPAM mais au moins j'ai fait ce qu'il fallait de mon côté. Pas de réponse par contre du côté de la RH que j'ai contacté (par mail, ils ont supprimé leur téléphone pour ne plus être emmerdés et être, paraît-il, plus efficaces) pour savoir pourquoi je n'ai pas été payée le mois dernier, mais après mon coup de fil à la CPAM j'y vois un peu plus clair. Je suis fauchée mais au moins je sais pourquoi.
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