Par Feuilles_d_Acanthe
Je suis arrivée de bonne heure au boulot, ce matin. Chloé étant en vacances, je devais assurer la permanence d'ouverture et Hubert, celle de fermeture. Je suis arrivée de bonne heure, crevée par cette semaine une nouvelle fois intense, déprimée, à cran. Un peu avant huit heures, le téléphone a sonné.
"Je suis la femme d'Hubert. Il est à l'hôpital, il est dans le coma, il a fait un arrêt cardiaque hier soir."
Non. Non, pas lui, pas ce garçon jeune encore, plein d'énergie, au corps d'athlète, jamais malade.
Il faut attendre 48 heures pour savoir comment va évoluer son état de santé. C'est long, 48 heures.
Je me suis effondrée, mais il a fallu faire face. Face au travail, malgré tout, parce que je me retrouvais seule à devoir poursuivre l'activité, et que de notre travail dépend le fait que d'autres puissent travailler, face aux questions de ceux qui, apprenant la nouvelle, sont venus dans mon bureau, alors que je n'avais qu'une envie, essayer de me concentrer sur mon boulot pour penser à autre chose qu'à cette terrible nouvelle. Il y a aussi eu les appels téléphoniques, les questions par messagerie instantanée... L'informatique, c'est un grand service, mais on se connait tous, et on est tous soucieux des autres.
Un représentant du personnel, membre du CHSCT, est venu me voir, assez rapidement, et j'avoue que cela m'a fait du bien de pouvoir parler, de pouvoir exprimer des choses. Cela fait six mois que notre service subit un stress important, et j'ai du mal à croire que la crise cardiaque d'Hubert ne soit pas, au moins un peu, liée à ce stress.
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