Par Feuilles_d_Acanthe
J'ai passé une partie de la journée chez ma cousine, pour un énième déménagement - le prochain est d'ores et déjà prévu dans deux ans - j'en ai profité pour beaucoup discuter avec ma tante, 85 ans, toujours aussi dynamique. Je ne me souvenais pas de son âge exact "85 ans ! lui dis-je" "Et c'est passé trop vite !" m'a-t-elle répondu en riant. Elle a passé de longues années à se battre contre la dépression, mais cela va mieux maintenant, et elle est toujours pleine de vie et de projet. Mon oncle, 93 ans, commence par contre à être fatigué - mais à 93 ans on peut l'être, non ?
Gros coup de blues, en rentrant chez moi. Ma tante, mon oncle, leurs filles, leurs maris, les petits enfants... une tribu unie et soudée, gaie. Ils sont toujours les uns chez les autres, quand ils ne se voient pas, ils s'appellent, mes cousines couvrent leur mère de bijoux, et ils sont tous en train de se réjouir de l'arrivée d'un deuxième arrière petit-enfant.
Rien à voir avec ma propre famille. Mes parents ne viennent jamais chez moi, sauf sur invitation. Ma soeur a coupé les ponts avec eux il y a cinq ans, je n'ai pas vu l'aîné de mes frères depuis deux ans. Pour mes 50 ans, ma mère m'a envoyé un mail - distance entre nos deux appartements à ce moment là : 5 kilomètres. Le mail était signé "bien affectueusement, maman". Pas maman et papa, juste maman. Je ne sais pas si l'oubli était volontaire ou non. Affectueusement... si facile à écrire. Je ne me souviens pas avoir jamais été dans les bras de ma mère.
Pas de jalousie vis à vis de ma cousine. Je ne me suis pas tapée 3 ans de psychanalyse pour rien, et je suis capable désormais de prendre du recul, de comprendre, et de mieux accepter les choses. Mais ce n'est pas parce qu'on parvient à accepter certaines choses, qu'on n'en n'éprouve plus aucune douleur. Par ailleurs, en divorçant j'ai également fait exploser ma propre cellule familiale, et je porte le poids de cet échec, de cette responsabilité, de ses conséquences.
Il y a des jours où l'amertume s'invite au menu...
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