Par Feuilles_d_Acanthe
On n'est qu'en novembre. On n'est que le 25 novembre. Je suis ma pire ennemie. J'ai allumé mes phares en débauchant, à 17 h 20, et heureusement que ce soir je vais à la gym, si j'arrive à y aller, si je ne pleure plus d'ici là. L'hiver n'est pas encore là, je me demande comment je vais passer les mois à venir. La gym ? une prof de danse un peu vieillie, qui fait aussi de l'assouplissement (elle n'appelle même pas ça de la gym) pour adultes. Dans une salle froide. Mais je n'ai rien trouvé d'autre à proximité de chez moi, toujours le même problème, je ne connais pas Pau. Les pages jaunes ne sont pas forcément d'un grand secours, et ne parlons même pas d'internet - il y a encore fort à faire en matière de référencement dans les sports et loisirs. Ce qui me manque le plus, c'est certainement la chaleur des copines, leur proximité, la proximité de la famille aussi. Je me sens seule, ça me fait peur cette solitude, qu'est-ce qui va se passer si je craque vraiment, et puis comment je vais tenir dans cette solitude là, dans ce froid, cette grisaille, cette pluie quotidienne ? Peut-être que ce serait pareil à bordeaux, peut-être que ce serait pareil en été, d'ailleurs cet été j'étais déjà mal. Mais là. Je devrais me battre, ne pas me laisser aller, je n'ai jamais sû. Je ne suis pas de ceux qui font des résistants, de ce qui font des aventuriers, moi il me faut mon petit train-train, dans mon petit espace bien connu, bien sécurisant. J'ai honte, tout en me disant qu'après tout c'est comme ça que je suis et qu'il faut de tout pour faire un monde. En attendant, me voilà plantée là, et après tout pourquoi je me lamente, je me suis mise là toute seule, et au moins, et ça c'est bien, je n'en veux à personne. Je suis désolée, je ne suis pas toujours rigolote, je me lamente beaucoup, je le sais, et je m'en excuse auprès de ceux de mes lecteurs que cela pourrait lasser.
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