Par Feuilles_d_Acanthe
J'ai pris le parti, il y a un certain temps, de prendre les choses qui viennent en disant "oui". Total quand B. m'a appelé lundi il y a quinze jours en me disant "tu sais, la chorale dont je t'ai parlé, et bien ça recommence ce soir, je passe te prendre à 20 h 00", et bien j'ai dit oui.
Alors à 20 h 00 j'étais en bas de chez moi, et à 20 h 15 je passais une audition avec la chef de choeur, cinq minutes chrono, je suis ressortie de la salle et plein de monde était là, on m'a dit "alors ?", j'ai répondu "soprane" et là ils ont tous fait "aaaahhh !" parce qu'a priori, la chorale manquait un peu de sopranes, et c'était plus sympa comme accueil.
On m'a donné un paquet de partitions, et j'ai commencé à frémir en ouvrant le paquet, Puccini, Rossini et d'autres que je ne connaissais même pas, mais voilà il y avait Bach aussi, et le Choral du Veilleur en plus !
J'ai suivi les autres - une soixantaine de personnes, peut-être plus - et là, après quelques vocalises rapides, ça a commencé, et j'ai découvert, à mon grand effroi, que ces gens là savaient chanter les partitions, comme ça, naturellement. Moi, je sais déchiffrer ma clé de sol, et encore, alors là je me suis dit : je n'y arriverai jamais, c'est pas pour moi ce truc là, je suis un insecte insignifiant à côté de ces gens là. Mais à côté de moi il y avait une dame sympa, et puis Bach, le Choral du Veilleur, quand toutes les voix s'y mettent, c'est sublime.
J'y suis retournée la semaine dernière, avec l'intention de rendre mon paquet de partition mais avec l'envie de chanter tout de même, la même dame très gentille était toujours à côté de moi, et finalement elle avait l'air un peu perdue aussi parfois, et puis j'y suis retournée hier soir, avec encore l'intention de rendre mon paquet de partition, parce que j'en bave sacrément, mais la dame m'a dit "moi aussi j'ai trouvé ça dur au début" puis quand elle a vu que je savais tout de même déchiffrer la partition (le solfège, finalement, c'est comme le vélo, on n'oublie jamais tout à fait) elle m'a dit que j'en savais plus qu'elle. J'ai fini par m'habituer à la méthode de la chef de choeur, à savoir nous faire commencer toutes les partitions sans en terminer aucune, histoire de débroussailler un peu le terrain de l'année à venir, et finalement en repartant hier soir je savais que je reviendrais la semaine prochaine, et la suivante aussi.
Mais tout de même : quels salauds ces ténors : Bach, ils le chantent en allemand quand nous on n'en n'est encore qu'aux la-la-la !
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