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L'ami Ricoré

Alors, Isabelle, la Ricoré...

J'ai le vague souvenir d'y avoir goûté un jour, le vague souvenir d'une amertume en bouche, mais plutôt le souvenir d'une odeur parce que j'ai une mémoire olfactive plutôt développée, une odeur très particulière.

Par quelle étrangeté y avait-il un paquet de chicoré dans la cuisine familiale, quand je n'ai jamais vu ma mère ni mon père en consommer ? Mais il y avait parfois des choses étranges dans les placards. En tout cas je me souviens bien de ce paquet, et de ce paquet entamé qui plus est. L'espace d'un instant me dire "tiens il faudra que j'appelle ma mère pour lui demander" Et puis immédiatement me souvenir que non, je ne pourrais plus appeler ma mère. Il faut aussi faire ce deuil là, qui prend aux tripes, souffrir du rappel de cette absence, et accepter que des questions resteront désormais sans réponse.

Bref, la chicoré, et la gorge qui se serre.

Ma mère était une de ces femmes de l'après-guerre, qui avait appris à cuisiner à l'économie, en utilisant les restes, en ne jetant rien. Peut-être ce paquet de chicoré était il destiné à pallier l'absence éventuelle du café lors d'une fin de mois difficile ? Ou était-ce l'ingrédient mystère d'une recette familiale ? Dans les recettes familiales il y avait le gâteau de pain, avec des restes de pain rassis, restes qui faisaient aussi un excellent pain perdu. Les restes de rôtis se transformaient en boulettes de viande enrobées de chapelure - de biscottes écrasées. Un reste de spaghetti, enrobé de pâte à beignets et plongé par petits paquets dans la friteuse, faisait de délicieux "beignets de nouilles" servis tièdes ou froids, assaisonné d'un filet de jus de citron, en accompagnement d'une tranche de jambon d'York. Un plat de pauvre qui faisait nos délices. Si tu ne connais pas les beignets de nouilles, tu loupes quelque chose, vraiment.  Mes frères soeur et moi ferions des kilomètres en rampant pour une assiette de beignets de nouilles. D'ailleurs c'est ce que mon frère landais nous a cuisiné, lorsque nous nous sommes retrouvés tous les quatre un soir chez lui, quelques semaines après la mort de notre père. Un hommage à la famille. Les repas... Il fallait nourrir quatre enfants, devoir trouver de l'inspiration pour des repas sans cesse renouvelés - je me souviens de ma  mère me disant un jour qu'elle en avait marre de cuisiner deux fois par jours tous les jours depuis l'âge de 16 ans. Il est de bon ton de critiquer les "boomers", on oublie que les femmes d'autrefois furent des femmes admirables dans leur esclavage quotidien, des Sisyphes invisibles et anonymes - et la machine à laver n'arrivera dans les foyers que dans les années 60...

 

 

Monsieur et Madame Des Genêts ont un fils, comment s'appelle le meilleur ami de celui-ci ? 

Rico Rey. Parce que Rico Rey l'ami du petit des Genêts.

Oui, c'est consternant (mais ça me fait rire).

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B
Je ne vois rien de consternant dans ta blague, vraiment rien ! Elle me fait rire et c'est tout ce que je demande à une blague, merci.<br />  <br /> Bleck
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I
Je vais te raconter quelques petites anecdotes qui, j’espère, te feront sourire, même si elles témoignent d’une réalité tout de même assez navrante :<br /> Alors, chez moi, la cuisine était loin d’être synonyme d’un travail harassant pour ma mère : en général, mon frère, ma sœur et moi, avions droit à une tranche de jambon avec des pâtes ou des petits pois (sortis d’une boîte). Et le dimanche, comme c’était un jour particulier, nous avions droit à du poulet frites. Je précise que le poulet n’avait mijoté dans rien. Étant enfant (et même adolescente), je n’avais pas idée que des plats puissent mijoter pendant des heures. Ma mère est sans doute un peu plus jeune que la tienne (elle est née en 1946) mais mes deux grands-mères ne se débrouillaient pas beaucoup mieux. Ma grand-mère maternelle ne cuisinait que des pâtisseries et chez ma grand-mère paternelle, je n’ai jamais rien vu de transcendant non plus. Elles étaient toutes trois femmes de marins et leurs maris étaient très souvent absents, mais quand ils revenaient, il me semble bien que l’ordinaire n’était guère amélioré. (Peut-être est-ce dû au fait qu’en ce temps-là, les marins ne mangeaient pas très bien à bord des bateaux. Du coup, ils croyaient peut-être qu’il y avait une amélioration). <br /> Je suis la digne héritière de cette nullité culinaire (la seule crise de foie que j’ai faite de ma vie, c’est après avoir mangé un de mes plats) mais j’ai trouvé la solution : au lieu d’épouser un marin, j’ai épousé un crêpier ! Il fallait y penser. Petit bonus : il est tout le temps à la maison, comme ça quand il a le temps, il me mitonne des bons <br /> petits plats !
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C
Ma mère aurait aimé que le dîner soit remplacé par un comprimé nourrissant ou autre solution facile. Un repas par jour aurait suffi à son "bonheur", elle commençait à le préparer en même temps que le déjeuner. Et puis, décider de ce qu'on va servir avec toutes les contraintes dues aux moyens, à ce qui pousse au jardin qui ne produit pas sans notre participation. Comme vous dites, quel boulot pour toutes ces femmes ! Qui, pour certaines d'entre elles, travaillaient également à l'extérieur. Je suis d'un petit village de Dordogne et j'avais remarqué, lorsque grande ado / jeune adulte, j'allais parfois avec ma mère aider des voisins pour les vendanges, le maïs, le ramassage des fraises, des haricots verts... que la maîtresse de maison, après avoir fait sa part du travail, se dépêchait de rentrer mettre la dernière main au repas, surveillé par la grand-mère, et ce moment convivial était la pause des hommes et pas celle des femmes, occupées au service, ayant l'oeil à tout, s'occupant des convives, débarrassant... Je trouvais ça très injuste.<br /> Je vous souhaite bon courage, expression que j'emploie très rarement car, à mon sens, elle l'est souvent à tort et à travers. Il me semble qu'actuellement il vous en faut pour ce que vous traversez. Vivent l'hôpital du jour, les coups de fil de vos fils et les jours meilleurs.<br /> Bonne semaine
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