C - Chagrin. Plus que Loukoum, c'était la Chatte, l'âme de mon foyer, celle qui m'attendait derrière la porte quand je rentrais, celle qui réclamait que je la nourrisse, celle qui faisait la sieste avec moi le dimanche. Je croyais l'entendre encore marcher, je l'appelle encore quand je rentre... mais ça va mieux, d'autant que la semaine a été intense - heureusement.
B - Bobologie. Un de mes genoux me fait mal, et bien mal, quand je fais du vélo. Ca, ça ne m'amuse pas du tout. J'en ai parlé à mon médecin, il veut attendre un peu avant de me faire passer une radio, me dit de me mettre au repos, il pense que c'est peut-être juste une tendinite. Je tente le baume du tigre quelques jours. Si ce n'est qu'une tendinite, d'accord. Renoncer au vélo... c'est juste impensable pour moi, tant le vélo est une partie importante de ma vie, depuis l'enfance. Je me souviens encore de mon premier vélo, qui a servi à tous les enfants de la famille après moi, soeur frères cousins cousines... "LE petit vélo rouge", tout le monde s'en souvient encore.
F - Frère. Long tête à tête avec l'aîné de mes frères, ce midi, et il y avait des années que ça ne nous était pas arrivé. C'était bien.
A - Atelier. J'avais reçu un mail, il y a plusieurs mois, me proposant de participer à un atelier à la médiathèque et, j'avoue, je ne me souvenais plus trop de quoi il s'agissait, quand je m'y suis rendue, mardi soir. Je n'avais pas non plus compris que c'était un atelier sur deux jours. J'imaginais qu'on allait parler des améliorations que nous, adhérents, souhaitions être mises en place. Et finalement, c'était rien de tout ça. C'était des ateliers, par petits groupes, sur le thème : "que pouvons-nous, nous adhérents de la médiathèque, apporter à la médiathèque". Et en mode "design thinking" - Google est ton ami il t'expliquera mieux que moi. J'ai d'abord pensé "mais qu'est-ce que je fous là" et puis je me suis laissée allée, laissée prendre au jeu, et j'ai adoré. J'ai passé deux soirées avec huit autres personnes, à imaginer un projet complètement barré de pochettes surprises confectionnées par des usagers de la médiathèque à destination des autres usagers, et je me suis retrouvée, mercredi soir à 21 heures, après deux soirées incroyables, à présenter le projet aux autres groupes, en mode "stand-up" totalement improvisé, en duo avec un autre participant, un type incroyablement intelligent et dynamique, de mon âge et informaticien de surcroît, mais hélas marié. Bref, dans les circonstances qui étaient les miennes ces dernières semaines, cette parenthèse pour le moins surprenante mais énergisante a été appréciable - et appréciée.
R - Révolution. Au boulot, quand on ouvre internet, c'est via le portail intranet de la Big Bank. Le cours de l'action, les informations importantes sur la stratégie du Groupe, les résultats financiers, puis quelques encarts spécifiques aux différentes filiales. On peut commenter les publications... on peut. Concrètement on le fait pas, on laisse ça aux quelques groupies de la direction qui s'extasient en mode "bravo !" "great job !", etc. Jeudi matin, la DRH du Groupe a mis en ligne une vidéo parlant de "people strategy", de "people care", d'inclusion, de diversité - c'est dans l'air du temps - et d'éco-responsabilité - c'est le greenwashing - bref le truc bien agaçant... et il n'y a pas que moi à avoir été agacée puisqu'en quelques heures les commentaires ont fusé, et pour une fois pas de "good news !", mais des commentaires rappelant qu'entre le discours et les faits, il y a un écart bien ressenti par les salariés. "Une révolte encore ? Non sire, une révolution". La semaine dernière, l'intersyndicale d'une des filiale de la Big Bank a appelé les salariés à faire grève - parce que la Direction proposait 0,6 % d'augmentation générale alors que les bénéfices sont revenus au niveau d'avant la crise du Covid - et, chose incroyable dans le milieu bancaire, les salariés ont massivement répondu à l'appel de l'intersyndicale. J'attends avec intérêt de voir comment ça va tourner...
F - Fatigue. Bah, comme toujours. Le plus ennuyeux n'est pas là, c'est surtout le moral, plutôt sombre, le retour des crises d'angoisse, et des grignotages de plus en plus fréquent. Bon, le moral, c'est la perte de La Chatte, bien sûr, mais aussi les travaux à venir dans la copropriété dont j'ignore toujours le coût - on ne le saura qu'en fin d'année - ainsi que des tensions aussi au sein du conseil syndical dont je fais partie. Pour les grignotages et les kilos en trop, j'envisage de prendre rendez-vous avec une nutritionniste, ce n'est pas dramatique. Pour la copropriété, j'essaie de prendre du recul, je crois que c'est essentiel. Il faut que je profite de l'été pour me remettre au yoga, ça me fera du bien physiquement et moralement, et me motiver pour retourner à la salle de sport de façon régulière surtout.
L - Lectures. Le comité d'entreprise a fait un bénéfice inattendu cette année, et a décidé de nous le redistribuer sous forme de carte culture. Chouette, je vais pouvoir m'acheter des bouquins que je souhaitais faire découvrir à mes frères et à un de mes collègues qui me prête régulièrement des livres - c'est à lui que je dois la lecture du fameux Métro 2033 ces derniers mois. Dans la lligne de mire, deux romans d'un écrivain camerounais, Gauz, qui est une véritable révélation littéraire pour moi, révélation que je serais contente de partager. Dans une boîte à livres aujourd'hui j'ai trouvé un roman de Claude Klotz, et qui sait que Claude Klotz c'est le vrai nom de Patrick Cauvin, mais qui donc se souvient de Patrick Cauvin, écrivain à succès dans les années 70/80, et dont j'ai lu une bonne partie des romans avec bonheur et émotion. Claude Klotz est mort il y a quelques années, j'ai eu de la peine, et je n'ai pas boudé mon plaisir en retrouvant un de ses romans aujourd'hui. Patrick Cauvin écrivait des romans "populaires" (et pour moi ce n'est pas un défaut) et Claude Klotz des romans d'aventures nerveux et énergiques. Egalement trouvé dans une boîte à livres cette semaine, et commencé aussitôt, un roman de Russell Banks, et ça fait du bien aussi de se colleter avec de la littérature de haut niveau.
C - Collègues. J'ai appris le départ de Hugues, un prestataire employé dans une des équipes avec lesquelles je bosse. Les prestataires, ils vont, ils viennent, c'est pas facile pour stabiliser le travail. Il n'est resté que trois mois, sur le même poste le précédent avait été viré au bout d'un mois. David, mon collègue, vient d'être chassé par une très grosse entreprise française qu'il aimerait bien rejoindre, s'il part il ne va pas être facile à remplacer, et ça ne me donne pas envie de rester dans cette équipe, d'autant que Chen, mon autre collègue, est plutôt pris par des projets avec les filiales internationales et qu'il n'a pas le niveau technique de David. De quoi sera fait l'année prochaine au bureau, je ne sais pas. Longue pause, jeudi après-midi, avec Cléante, qui m'a confié être fatigué par Cyrille qui, depuis quelques mois, est devenu agité et mécontent de son boulot. Le travail c'est aussi des interactions sociales qui ne sont pas toujours des plus simples.