Par Feuilles_d_Acanthe
Lorsque j'ai aménagé en début d'été dernier, j'ai découvert, à quelques mètres de ma terrasse suspendue au second étage, une jungle d'arbres, de buissons et de lianes emmélés, qui me semblait sans limites, ce qui, en pleine ville, me faisait rêver...
A l'automne, j'ai découvert, les arbres se dénudant, que la "jungle" ne semblait pas si étendue que cela, et cet hiver, j'ai constaté que deux résidences se cachaient derrière la végétation. Même si cet espace boisé n'était pas si grand que je me l'était imaginé, je me trouvais bien chanceuse d'avoir un tel paysage devant mon appartement, avec l'impression, en plein été, d'être ocupé de la ville alentour.
Mais voilà, j'ai constaté cette semaine, en rentrant chez moi le soir, que la jungle était désormais nettoyée, chaque jour davantage. Adieu arbres et broussailles :-( Certes quelques arbres subsistent encore, notamment en bordure du Serpent, le ruissseau qui marque la limite entre la résidence et la jungle (ou plutôt désormais, l'ex-jungle), mais de chez moi je vois le sol, sableux, de ce vaste espace. Je pense que dans les mois à venir, une nouvelle résidence va s'élever à l'endroit où, l'été dernier, je voyais batifoler un écureuil roux qui faisait le bonheur de mes petits déjeuners sur ma terrasse.
Au début des années 2000, les programmes d'urbanisation avaient été mis à l'arrêt, la municipalité ayant souhaité préserver le maximum d'espaces verts. Mais depuis cinq ans, on assiste à une urbanisation galopante, que rien ne semble pouvoir freiner. Le moindre terrain libre est colonisé, selon sa taille, par un groupe de maisons individuelles, mais sans jardin, ou une résidence. Ces résidences restent à taille humaine, deux étages pas plus. Comme celle où je vis en fait. Car j'ai beau râler, j'avoue que j'ai bien été contente de trouver un appartement à deux pas du centre ville, et que j'ai apprécié d'aménager dans un appartement neuf.
Mais cela me fend le coeur de voir disparaitre cette végétation luxuriante à laquelle je m'étais habituée, et de devoir renoncer à cette impression grisante d'être dans les arbres, sans parler de tous les oiseaux - et de l'écureuil - qui vont certainement aller se cacher ailleurs - s'il leur reste encore quelques espaces où se réfugier.
J'ai également la sensation d'assister à une profonde modification du tissu urbain, à la fin d'un monde et au début d'un autre, un monde de briques et de bêton, de rues encombrées de véhicules toujours plus nombreux, de bruit et de fumées de pots d'échapement.
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