Par Feuilles_d_Acanthe
En colère, déçue, catastrophée, en cris, en pleurs...
Mon fils cadet a eu le bac avec mention Bien. Normal. En travaillant un peu il aurait eu Très Bien. Mais pourquoi travailler ? Il a une vivacité d'esprit étonnante, une capacité à mémoriser incroyable... d'après un médecin, il a un QI au dessus de la normale, ce que je crois volontiers, depuis le temps que je le pratique, ce fichu gamin. Quand il était tout petit, il avait un regard étonnant, et je pensais "il sera avocat ou voyou".
Pour avocat, c'est raté. Parce que s'il est intelligent, il est également têtu et procrastinateur. Total... il n'est inscrit nulle part cette année, parce qu'il s'est mal débrouillé au moment de l'orientation post-bac, parce qu'il ne m'a pas écoutée quand je lui disais de tenter une formation en alternance (je pense que l'alternance devrait te convenir puisque tu voudrais gagner de l'argent rapidement/mais non je veux faire des études normales), de s'inscrire en BTS (ce n'est pas le BTS que tu voulais mais inscris-toi tu ne seras pas sans inscription à la rentrée/mais non ce n'est pas ce BTS là que je voulais faire), de chercher une entreprise quand il s'est finalement décider à tenter une formation en alternance (arrête de trainasser, cherche une entreprise rapidement/mais j'ai le temps, et puis d'abord ils vont sûrement me prendre, là où j'ai fais mon stage), de s'inscrire en fac (puisque tu ne trouves pas d'entreprise pour ton BTS en alternance, inscris-toi en fac au moins tu ne resteras pas sans rien faire et peut-être que finalement ça t'intéressera/mais non ça ne m'intéressera pas)...
Donc voilà, il m'a annoncé cet après-midi que c'est trop tard, même pour les inscriptions en fac.
Je suis déçue, les larmes dans la gorge, amère, bouleversée. Bien sûr, je m'en veux. De ne pas avoir été là l'an dernier au moment des choix d'orientation, de ne pas avoir été là pour le secouer davantage, et pourtant depuis les résultats du bac, il ne s'est pas passé une fois où nous nous sommes vus où je ne lui ai pas parlé de son orientation, de ses recherches. Nos trop rares rendez-vous en étaient devenus pénibles, tant pour lui que pour moi. Je m'en veux de l'avoir harcelé avec ça, tout en m'en voulant de ne pas avoir été assez convaincante. De toute façon, avec mes fils, je m'en veux de tout, j'ai systématiquement les larmes aux yeux quand je parle d'eux. Cet après-midi, je ne savais même pas s'il fallait que je l'engueule ou pas. Je n'ai pas pu m'empêcher de l'engueuler, c'était plus fort que moi, ça sortait des tripes, et j'ai terminé en pleurant, ça sortait du coeur.
Qu'est ce qu'il va bien pouvoir faire, maintenant ?
Avoir des enfants c'est s'inquiéter, c'est trembler. Tout le temps.
Pour tout arranger, mes parents s'apprêtent à réaliser une transaction immobilière qui m'inquiète au plus haut point. Comme si les enfants ne suffisaient pas, il faut aussi s'inquiéter pour les parents. Ca pourrait être drôle. Mais ce soir je n'ai aucun sens de l'humour.
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