Par Feuilles_d_Acanthe
Lee Miller était photographe, elle a couvert la seconde guerre mondiale. Cela étant dit, pas la peine de perdre deux heures et une place de ciné.
Là par contre, chef d'oeuvre : L'Histoire de Souleymane.
Souleymane est un guinéen sans-papiers, dans deux jours il doit passer un entretien à l'OPFRA qui décidera si oui ou non il obtiendra le fameux sésame. En attendant, livreur uber à vélo, il roule comme un fou dans les rues de Paris, prêt à prendre tous les risques pour gagner quelques euros. Quelques euros pour payer celui-ci qui lui loue son compte de livreur, pour payer celui-là qui lui fournit une histoire capable de lui valoir le précieux permis de séjour, tandis qu'il doit se battre contre un quotidien hostile, une cliente mécontente, un restaurateur peu scrupuleux, des flics qui jouent de leur autorité... et puis les appels au 115, les dortoirs surchargés du centre social... Une belle histoire, d'autant plus poignante pour moi maintenant que je connais Ibrahima, servie par une réalisation magistrale. Une très belle course dans les rues de Paris, souvent la nuit, avec une caméra qui suit Souleymane au plus près, prête à prendre tous les risques aussi. Enfin une caméra embarquée qui ne tremble ni ne tressaute, certains devraient prendre des cours. Et puis une image splendide, les lumières de la ville en arrière plan. Attention, rien de touristique : la ville et ses lumières oui mais celles des feux tricolores, des restaurants, aperçues à toute allure, à hauteur de vélo. Aucune musique, et le générique qui se déroule silencieusement laisse au spectateur le temps de s'imprégner de ce qu'il vient de voir. Bref, un gros coup de coeur pour ce film qu'il faut voir absolument.
Et puis hier soir, changement de registre pour un concert d'Ibrahim Maalouf. Je m'attendais à - j'espérais - un concert de jazz intimiste, je me suis retrouvée debout à danser au rythme d'une world-music magnifiée par la trompette d'Ibé comme l'appellent ses fans. J'en ai pris plein les oreilles et le corps de décibels et de basses, ça faisait longtemps et ça m'a fait beaucoup de bien. C'est pas le genre de choses que je vais voir habituellement, c'était... dépaysant. Pour le jazz, je réécouterai les CD. J'aime beaucoup Ibrahim Maalouf qui explore des choses bien différentes - je garde un souvenir extraordinaire de sa collaboration avec Oxmo Puccino pour un Alice au Pays des Merveilles magnifiquement revisité - ce qui n'est pas si fréquent dans le milieu musical. Un très bon moment, trop court.
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