Par Feuilles_d_Acanthe
... j'ai su que j'allais m'ennuyer" a dit la dame derrière moi quand les lumières se sont rallumées. Je confirme, je n'aurais pas dit mieux (mais je l'aurais dit plus grossièrement).
Elle vit seule, elle mange seule, elle travaille seule, elle va au cinéma seule. Elle ne parle pas, ne sourit pas. Elle ne sympathise pas avec ses collègues, et quand elle va au ciné c'est pour voir un film de Mizoguchi. On finit par comprendre qu'il y a eu un enfant dans sa vie, un mari, une maison. Un jour, une tourterelle rentre dans son appartement, et l'oiseau va réveiller la belle endormie.
Elle, c'est Anne, interprétée par Sandrine Kiberlain. Le film, c'est L'Oiseau, et je me suis demandée ce que je fichais là dès la première minute, en effet. C'est mou, c'est inintéressant, même glauque parfois. Les images sont sombres, la réalisation approximative (entre autre un zoom aussi discret que celui de mon APN). Et puis c'est pénible, de voir Kiberlain se balader tout au long du film avec un air mou et sans nuances. Elle est censée être "absente à elle-même","en arret", je l'ai trouvée tout simplement chiante.
En fait, à en lire la critique faite sur la gazette de l'Utopia, j'avais déjà des doutes. Je me méfie des critiques de l'Utopia, à les croire tous les films qu'ils proposent sont de véritables chefs d'oeuvre. Bien sûr, ils ne vont pas dire qu'ils programment des bouses, mais j'aimerais bien tout de même un peu plus d'impartialité. En fait, je ne serai probablement pas aller le voir si ce film n'avait pas été tourné... à Bordeaux. La cloche du tram, les quais éclaboussés de soleil, la rambarde du cinéma Jean-Vigo... Ca m'a fait drôle de voir Sandrine Kiberlain monter dans un tram comme moi une demi-heure plus tôt.
Intouchables... Ah oui, Intouchables. Une collègue m'a dit : "ce n'est pas une comédie, et quand on en voit le succès, ça veut bien dire que les français sont des nazes qui vont voir n'importe quoi." Bon, je ne suis pas très loin de penser cela. C'est vrai que quand on lit et qu'on entend les critiques enthousiastes, qu'on nous bassine chaque semaine avec les nombre d'entrées, et qu'on voit le film... :-/ Ce qui m'étonne surtout, c'est qu'on puisse le comparer aux Ch'tis. Intouchables, c'est une comédie dramatique, dont le seul point commun avec les Ch'tis est de jouer sur le même ressort, celui du comique d'opposition. Citadins/provinciaux, noirs/blancs,... le cinéma regorge de ce genre de scénarios "comiques". Je ne vais pas cracher dans la soupe : certaines situations et certaines répliques m'ont amusées. Je ne me suis pas tordue de rire pour autant. Omar Sy incarne à merveille le black-de-banlieue, puisque c'est ce qu'on attend de lui, quand à Cluzet il joue son rôle, point barre, ni plus ni moins. Je regrette d'avoir vu le film à la télé (chuuuut) et non au cinéma, je suis curieuse de la réaction des spectateurs pour mieux comprendre l'engouement que provoque ce film. Je soupçonne un peu de politiquement correct là-dedans, genre "ouais les handicapés sont des gens comme les autres" (avec, en plus, la caution morale du "c'est une histoire vraie") - et ça m'étonnerait que les handicapés qui au quotidien s'emmerdent à slalomer sur des trottoirs envahis de voitures et de crottes de chien, se retrouvent dans le film. Curieusement, je n'ai pas du d'interview de gens en fauteuil à la sortie des cinés. Et dire qu'on le pressent comme le grand succès des César.... :-(
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