Par Feuilles_d_Acanthe
Je me souviens d'une emission, vue à la télé il y a quelques années, sur le thème de la dépendance. L'intervenant avait conclu l'emission sur une phrase qui disait à peu près "la dépendance, si on veut que ça se passe bien, ça doit s'anticiper". J'ai donc réuni mes parents hier soir autour de leur table de salle à manger, pour discuter du sujet. Mais c'est loin d'être simple. Il y a les faits, objectifs, et puis la réalité des émotions des uns et des autres.
J'ai exposé factuellement et fermement mes craintes à mes parents, leur ai proposé une solution, à savoir, le placement de ma mère en maison de retraite le plus tôt possible, solution à laquelle ils se sont opposés, ce qui était prévisible. Qu'importe j'ai dit ce que j'avais à dire.
Je les comprends, bien sûr. Ce n'est pas facile, de devoir se confronter à la réalité de l'âge, de la maladie, de la dépendance, et sa fin. Il n'en demeure pas moins qu'il vaut mieux anticiper les choses que devoir subir une décision prise dans l'urgence, et c'est ce que je leur ai expliqué.
Ce soir, après trois jours passés à psychoter, je suis plus calme. J'ai eu une de mes tantes ce matin au téléphone, qui m'a expliqué que tout ça, elle l'avait déjà dit à ma mère il y a quelques semaines. Je me suis sentie moins seule, et soulagée aussi. J'avais quitté mes parents hier soir, avec une sacré mauvaise conscience, et ma tante m'a aidé à déculpabiliser. Parce que ça fait partie du problème, devoir assumer le rôle de la mauvaise fille qui veut mettre sa mère en maison de retraite... Et puis j'ai eu mon frère au téléphone ce soir, il partage mon point de vue, et ça aussi, ça m'a fait du bien.
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