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Comme un léger ras-le-bol

De cette histoire de covid, de mon boulot, de mon quartier, et même de moi-même. Pas facile, tout ça.

Bon, la situation tu la connais, tu t'es dit "ok pour le confinement on en chie un bon coup mais on va tenir le coup, c'est pour la bonne cause, on se boucle à double tour deux mois et quand on en sort, l'épidémie est finie, on boit un coup pour arroser ça et on reprend notre petite vie pépère". Sauf que ça fait des mois maintenant qu'on te fait chier avec des chiffres auxquels tu comprends rien, et que certains dans ton entourage commencent à jouer les sceptiques "t'en connais toi, des gens qui l'ont choppé ce covid" ? bah non seulement t'en connais pas beaucoup, mais tu t'aperçois que tu connais surtout beaucoup plus de gens qui vont de plus en plus mal, mal partout parce que ça fait un an qu'on bouge plus et qu'on n'est pas fait pour rester assis devant un écran ou affalé devant une télé toute la journée, et puis mal au moral parce cette histoire, ça finit par le plomber, le moral. En plus, à la télé, ya rien. On va en mourir de cette histoire, mais pas du covid, de tout ce qu'on ne peut plus faire, ne plus pouvoir faire de sport, voir les amis, se faire soigner correctement…

Qu'on me donne une île déserte, sans télé ni radio. Oui, je sais, je peux débrancher, et quand tu vois dans quel état j'étais à la fin de l'année, quand ma box m'a lâchée… je ne suis pas à un paradoxe près ! Tiens, d'ailleurs, tu sais quoi ? Ben c'était pas la box. C'était un connard de technicien qui avait débranché mon câble internet pour pouvoir installer celui des voisins fraîchement installés dans l'immeuble, parce que c'était plus simple que d'installer une extension sur la prise collective qui n'avait plus de ports de libre. L'effet papillon en quelque sorte, un type qui débranche simplement une prise et moi qui me retrouve au trente-sixième dessous, parce que c'était la goutte d'eau qui faisait déborder la coupe d'une année déjà trop pleine.

Bref.

Bon, sinon, en vrac : j'ai dit dit à ma chef et à la drh que je ne veux pas faire le boulot qu'on voudrait que je fasse, comme je leur ai expliqué si j'ai rejoint l'informatique c'est pour mettre les mains dans le cambouis, pas pour faire de l'excel toute la journée. En plus, me former sur un poste qui ne m'intéresse pas, auquel je ne comprends pas tout, avec des collègues qui sont à 500 bornes et avec lesquels tout se passe via Skype, c'est coton. Si le boulot m'intéressait, je serai heureuse de relever ce challenge là, mais en l'occurrence ça rend les choses encore plus inconfortables. Ne crois pas que dans le monde merveilleux de la Big Bank il suffise de dire "je veux faire autre chose" pour que tu changes de poste. Nan ! Tu continues à faire ton boulot, bon gré mal gré, et tu regardes les offres de postes en interne et tu espères que s'il y a un poste qui t'intéresse il ne sera pas déjà pourvu, parce qu'en général tout se fait plutôt en sous marin dans le dos des DRH. Ne crois pas non plus que dans ce monde merveilleux, tu puisses postuler par un coup de fil ou un mail au RH responsable du service et défendre ta candidature. Non, tu vas en bas de l'annonce, tu cliques sur "postuler", tu reçois un mail automatique qui te dit que ta candidature est transmise. Et puis après, tu attends. Et, neuf fois sur dix tu reçois un mail, toujours automatique, qui te dit "désolé vous ne correspondez pas au profil recherché". C'est ça, la gestion des Ressources z-humaines, de nos jours.

Toujours en vrac, j'ai fait estimer mon appartement, les estimations sont raccords avec ce que je pensais, c'est bien. J'ai commencé à visiter des appartements et comme je ne suis pas la moitié d'une idiote, j'en ai laissé passer un, la semaine dernière, qui correspondait à ce que je cherchais, parce que j'ai manqué de jugeote, de rapidité, de courage, il faut dire que l'appartement en question dépassait un peu le budget que je m'étais fixé et qu'il n'était pas négociable. Le marché immobilier sur la métropole bordelaise étant ce qu'il est - tendu, et au plus haut sans espoir de baisse -  la question est : que suis-je prête à accepter pour pouvoir quitter mon quartier pourri ? Je dois visiter vendredi un appartement situé dans un quartier que je recherche, mais c'est un T2. Suis-je prête à renoncer à un espace auquel je me suis habituée ces dernières années ? Si je ne donne pas suite à cette annonce là, dans combien de temps vais-je retrouver un autre appartement à vendre correspondant à mes critères - dont le plus important étant la localisation ? Non, je ne veux pas attendre : ce dimanche, j'ai éteint un départ de feu allumé volontairement au pied de mon immeuble. Quand tu en es là, je t''assure qu'il faut être solide, et je ne le suis pas. 

Donc, émotions, stress, fatigue. J'ai quand même bien ri hier soir chez la psy, en lui racontant que je me faisais draguer par un des agents de sécurité, au boulot. Parce qu'entre nos horaires respectifs, le confinement, le télétravail, on a dû se dire trois phrases en trois mois. Inutile de te dire qu'à ce rythme là, on mourra avant d'avoir pu conclure ! 

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I
Ne pourrais-tu pas partir en week-end quelque part (par exemple, chez ta sœur) pour te changer les idées ? Je pense que tu as besoin d’un bon bol d’air frais. Personnellement, en ce moment, je suis encore partie de chez moi. Je vais d’ailleurs t’écrire une carte. À mon avis, il faut essayer d’oublier qu’il y a une crise et prendre du bon temps quand même (lorsque c’est possible).En tout cas, bon courage à toi. Tu affrontes en ce moment pas mal de contrariétés (boulot, un éventuel déménagement, etc), gageons que ça ira mieux prochainement.
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B
Tant qu'il est léger, hein...<br />  <br /> Bleck
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