Par Feuilles_d_Acanthe
Je suis donc partie en week-end vendredi matin. Trop de monde sur l'autoroute et tant qu'à partir ailleurs, autant rouler tranquille et profiter du paysage. Etape chez mon cadet vendredi midi, qui m'a fait découvrir une... crêperie. Pas vraiment couleur locale, mais nous ne sommes pas très magret ni foie gras. Et les galettes étaient très bonnes.
La crêperie était située sur un airial au sortir de la petite commune où vit désormais mon fils. L'occasion de faire une photo d'un des plus beaux paysages du monde - et encore la lumière n'était pas extraordinaire, le temps n'étant décidemment pas au rendez-vous de cet été.
Et puis retour sur la route direction Bazas, je passe par les petites départementales bordées de pins, j'y suis seule, je roule tranquillement pour profiter du paysage. Je reconnais certaines routes que je prenais il y a douze ans lors de ma parenthèse paloise, lorsque j'explorais tous les itinéraires bis, je reconnais le grand champ de maïs qui sert de refuge hivernal aux grues. Je repasse des Landes en Gironde, le paysage est le même - les frontières ne sont souvent que des pointillés sur du papier. Et puis insensiblement le vert des forêts change, de plus en plus de feuillus les composent. Et puis les champs, déjà moissonnés, et je suis à Bazas, le parc de l'hôtel, le parking, la voiture ne bougera plus jusqu'au retour.
L'hôtel... alors autant te dire : le luxe. Un bel hôtel familial, du personnel bien formé, souriant, aux petits soins pour les clients. Assez d'étoiles pour que les chambres soient très confortables, que la moquette des couloirs soit bien épaisse, que le parc soit splendide, que la piscine soit chauffée et que la table y soit délicate et recherchée. La clientèle est chic, familiale - les petits garçons portent des bermudas et des polos, les petites filles toutes blondes ont de jolies robes.
J'ai réservé trop tard pour avoir une chambre avec porte-fenêtre, n'empêche la vue est belle depuis ma fenêtre et le bruit du jet d'eau et les chants d'oiseaux très reposants.
L'hôtel est situé à cinq minutes à pied du centre historique de Bazas, auquel on accède par une jolie petite route qui donne un beau point de vue sur la cité.
J'ai passé plusieurs heures à me balader et explorer les rues anciennes. Bazas, des remparts, une belle cathédrale et une place à arcades, des maisons très anciennes - Moyen-Age, Renaissance - dont certaines abritent des jardins anciens derrière des portes dont le bois a été coupé il y a mille ans ou à peu près.
J'ai fait collection des trous de serrure, qui laissent deviner des secrets de verdure de l'autre côté, une collection comme une autre... Quelle Histoire, quelles histoires derrière ces serrures ?
Le temps était hélas trop frais pour que je profite de la soirée qui prévoyait animations, illumination de la cathédrale et feu d'artifice. Une autre année peut-être. A l'hôtel j'ai profité de la piscine - j'y étais seule ! du hammam et savouré mes repas. Le boeuf de Bazas, un incontournable, et l'assiette de légumes rôtis pour mon dîner végétarien étaient juste sublime, j'ai commandé les plats à la carte sans en regarder les prix. Je vais te dire : le luxe, c'est bien, c'est reposant, et j'ai apprécié cette pause à sa juste valeur, en étant pleinement consciente de la chance que j'ai de pouvoir me l'offrir et en savourant cette chance.
Bazas, le calme, la nature, tout ce vert... Bazas c'était une possibilité, à l'époque où j'ai cherché à quitter la métropole.
Je suis rentrée par les petites routes, les petits villages aux églises anciennes, les hameaux. J'avais espéré de petites routes dans les pins... j'avais oublié le grand incendie d'il y a deux ans. Les forêts brûlées ont été nettoyées des arbres morts, la moline et les fougères ont repoussé, mais ça fait bizarre ces grandes étendues plates et sans arbres auxquelles on est pas habitué par ici. Heureusement il y a encore de belles forêts qui ont été épargnées.
Retour sur la métropole, devoir laisser derrière moi les grandes étendues de nature, revenir sur la ville encombrée, sale. Il y a certes des avantages à vivre dans la métropole, je le vérifie tous les jours, mais je n'en peux plus de tout ce béton, de cette promiscuité. Il s'en faut de quelques années - trois ou quatre, pas plus je l'espère - pour que je puisse prendre une décision. Si j'avais espéré pouvoir compter sur le télétravail pour m'éloigner, cela n'est plus d'actualité, le télétravail n'est pas autorisé lorsqu'on part en mission de bénévolat salarié. Mais même si cela est difficile au quotidien, j'ai appris que lorsque ce n'est pas le moment pour un projet, et bien ce n'est effectivement pas le moment.
Je suis rentrée chez moi, Loukoum est venue me voir en miaulant tristement, elle s'est habituée à ce que je sois tout le temps chez moi et a été perturbée par le fait d'être seule deux jours. Ce qui ne m'arrange pas, car j'aurais bien aimé repartir un peu, le Gers en septembre par exemple. Je n'étais pas sortie de mon appartement depuis deux ans, il était temps.
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