Par Feuilles_d_Acanthe
Et puis là, dans la chaleur d'un printemps éclaboussant de bleu le canal Saint-Martin, me laisser aller à accepter un baiser, donner mes lèvres et ouvrir ma bouche. Tanguer dans la montée d'un désir aussi soudain qu'intense, avoir besoin de reprendre mon souffle pour mieux revenir vers lui. Et parce que l'âge me dédouane désormais de devoir jouer les vierges effarouchées, lui demander en riant s'il croit pratique de se retrouver avec une culotte mouillée, et recevoir avec bonheur, le retour d'un regard surpris mais complice.
Et parce que nous ne pourrons assouvir, avant longtemps, le désir qui nous habite, nous laisser aller, de rambardes en passerelles, d'escaliers en balustrades, à la découverte de nos corps, encore habillés d'hiver, sans nous soucier des regards environnants sur l'indécence de nos caresses. Parce que le printemps est bien là, dans le rut des pigeons et l'éclatement des bourgeons, parce que nos hivers nous ont été trop longs, avoir envie de faire l'amour là, maintenant, le laisser voir, et être heureux.
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