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A l'étiage

Et voilà, autant je m'attendais à ça, en début d'année, quand j'ai aménagé chez papa-maman, avec cartons mais sans fistons. Puis finalement j'avais tenu le coup, de façon surprenante mais plutôt soulagée. Et puis voilà, c'est maintenant que je craque, maintenant que je sens à l'étiage, une marée basse mais basse, et puis pas une marée basse façon bassin d'Arcachon, qui laisse de jolis dessins sur le sable, et du varech qui sent bon la plage de quand on était gosse. Non, une marée basse façon Garonne, de celle qui laisse apparaître ce qu'elle cache habituellement, limons, boues, troncs décomposés, cadavres d'animaux...

Craquer dans la voiture, c'est pas ce qui m'affole, j'ai une longue pratique derrière moi, maintenant. Me retrouver à aller me planquer aux toilettes, trois fois dans la matinée, c'est plus dur. Je vais repousser le moment d'aller chez le coiffeur, finalement c'est très utile, cette frange qui tombe sur mes lunettes. Me demander avec angoisse comment je vais tenir, et, étrangement, me demander surtout comment je vais gérer. Parce que ça a l'air de rien, mais gérer un craquage chez papa-maman, ça ne va rien arranger. J'ai envie d'être seule pour chialer, sauf que seule, en fait, je ne le suis jamais (sauf dans ma voiture). Encore un des paradoxes tellement supeeeeeeers qui caractérisent le sentiment d'échec que je me trimballe, lourde valise, depuis mes conneries d'il y a cinq ans : je suis seule sans pour autant vivre seule, tout comme je crève de l'absence de mes gamins sans pour autant les appeler, tout comme je me plante au boulot parce que je n'arrive pas à m'y mettre. 

Ce midi, refuser les invitations de mes copines, je me sens trop contagieuse. Déjeuner avec les collègues, ça oblige à serrer les dents et permet d'afficher un sourire social bienvenu.

Au café, au soleil, envier l'inhumanité des lézards.

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L
Juste quelques ondes ensoleillées pour vous aider à tenir la rampe.Hdc
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G
Heureux les simples d'espritsdeux milles que s'est ecritaujourd'hui j'ai comprisheureux les simples d'esprits oh oui ! aujourd'hui j'ai comprisheureux celui qui ne comprend pas s'qui passene vois pas s'accumulez la crasseici bas ou nos reves se fracassent maudite cette lucidité qui chaque jours prend leurs places qui fait que la resignationpeu à peu nous enlacent que nos sourires chaque jours se transforment en grimace que grandissent nos angoissesouvrir les yeux j'aurais pas du j'ai pas supportéc'que j'ai vu éblouÏ l'innocence enterré l'insouciance de mon enfance aveuglésa jamais les espoirs de mon adolescence cette soufrance sa s'appelle prendre conscience texte de Sinsemillia...je suis là si tu as besoin mais j'ai bien compris que tu preferais etre seule et je te comprends, lache pas la rampe, je fais quoi moi sinon sans toi?
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F
Parce que je ne suis douée pour rien, à commencer par vivre. Mais je n'ai pas, pour autant, pour l'instant, envie de lâcher la rampe.
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