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Brrrrrr

Un titre pas très original, pas plus que la photo du thermomètre pour illustrer le temps qu'il fait depuis quelques jours, au moins par chez moi.

Deux degrés sur le balcon ce matin et c'est presque mieux que les zéros de ces trois derniers jours. Il a dû faire cependant très froid cette nuit, la couche de glace sur le bol de Loukoum, pourtant abrité par le balcon, est plus épaisse que celle d'hier.

Pas de soleil en vue, donc pas d'espoir que la température remonte vraiment aujourd'hui. Je suis chanceuse d'avoir pu financer tous les travaux de rénovation. Ceux imposés par la copropriété mais aussi ceux que j'ai estimé devoir faire pour les optimiser, le double vitrage, le changement des volets roulants et l'isolation de leurs coffres intérieurs. J'ai - oh quel confort - 19° dans l'appartement et c'est formidable, après tant d'années à avoir vécu à 17°, 18° au maximum, parfois 16° le matin en sortant du lit (je n'ai jamais chauffé la nuit, mais rajouté une voire deux couvertures), et j'en suis bien contente, le chauffage étant pour moi une dépense qui pèse lourd sur mon budget je l'allume le moins souvent possible.

Ces derniers jours j'ai bien sûr pensé à tous ceux que j'ai croisés à Saint-Nicolas. Les plus chanceux auront obtenu une place en hébergement d'urgence pour quelques nuits. Concernant ces hébergements il faut savoir qu'avant d'arriver à y avoir une place il faut téléphoner au 115 tous les jours (pour une traçabilité du dossier prouvant que le besoin est réel) - d'où le besoin vital d'un téléphone - pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines. La place sera attribuée pour un maximum de 15 jours : le nombre de places est limité, il faut donc établir un roulement, chacun son tour. Les foyers sont des dortoirs où règnent le bruit, la violence, les vols entre sans-abris. Les foyers ne sont ouverts que la nuit, à 7 ou 8 heures du matin la personne doit en sortir et passer la journée dehors, ou dans des structures de jour comme Saint-Nicolas où ils pourront bénéficier de la chaleur du lieu et de boissons chaudes... tant qu'il y aura des budgets et des bénévoles. Jours les plus froids de la semaine, le centre était malheureusement fermé jeudi et vendredi. A Saint-Nicolas l'accueil est doublé d'un restaurant solidaire où on peut manger un repas chaud et consistant pour un euro cinquante. Pour le reste, c'est la journée dehors, alors que les rues, les trottoirs, les pavés, font remonter le froid dans tout le corps, d'une façon encore pire que le froid ambiant. Dans les grandes villes pourvues d'un métro, c'est un peu mieux. Je ne sais pas grand chose des maraudes de nuit, sinon qu'elles sont indispensables. Alors même à l'époque où je n'avais "que" 16 ou 17 ° dans mon appartement, j'ai toujours eu conscience de ma chance et je l'apprécie à sa juste valeur.

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B
Le froid... ajouté à la solitude et au manque d'hygiène ça doit être terrible. Ici nous avons nos deux SDF je parle de deux visibles et puis comme ailleurs il y a ceux qui se blottissent dans un micro appartement ruisselant d'humidité, abimés de la vie.<br /> <br /> Bleck
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F
Oui, à Saint-Nicolas il y avait un "premier cercle" de français (ceci dit sans aucune considération raciale, c'est juste qu'eux avaient un "statut" vis à vis des institutions) avec un toit sur la tête, mais dans une grande précarité, en particulier énergétique et un grand isolement. AAH, RSA, invalidité... on ne vit pas. Dans quelques mois j'irais les revoir, je garde un bon souvenir d'eux, toujours regroupés autour de la même table façon café du commerce, venant chercher de la chaleur sociale aussi.