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Bouquins

Deux romans très éloignés l'un de l'autre et pourtant, pas autant qu'on pourrait le penser.

Alabama 1963 (Ludovic Manchette/Christian Niemec). Dans une petite bourgade du sud des Etats-Unis une fillette noire est assassinée. Puis une autre disparait quelques jours plus tard... Ses parents embauchent un détective pour la retrouver, un détective blanc. Celui-ci va mener l'enquête avec l'aide inattendue de sa femme de ménage noire.

Allez, on n'échappe pas au poncif du détective devenu alcoolique suite à son renvoi de la police pour une affaire ayant mal tournée. Je l'ai déjà dit : ça me gonfle et c'est pour ça que je lis peu de polars. L'intérêt dans ce roman ne réside toutefois pas dans l'intrigue (dont la fin est un peu bâclée) mais dans la description de cette Amérique du début des années 60, quand l'élection de JFK a donné aux noirs l'espoir d'un monde plus égalitaire. Le roman se passe dans cet état sudiste où les deux communautés vivent côte à côte et où le KKK veille à ce que les noirs pas plus que les blancs ne franchissent la limite d'une frontière invisible. De ce point de vue là, j'ai trouvé le roman intéressant et je l'ai lu avec plaisir.

 

Jeux de Maux, David Lodge. Peut-on trouver roman plus éloigné que ce polar ? Et pourtant, on y retrouve la même volonté d'une description minutieuse d'une société à un instant T de son histoire. Angleterre, du début des années 60 jusqu'au milieu des années 70. On suit l'évolution d'un groupe de jeunes étudiants catholiques qui fréquentent la même église et la même fac, qui vont se marier, avoir des enfants... en tentant de concilier Foi, interdits religieux et vie sexuelle. "Jusqu'où peut-on aller ?" est d'ailleurs le titre original de ce roman, faisant référence à la période du flirt avant l'inévitable mariage sans lequel rien ne peut être consommé. Là encore, une description très détaillée d'un moment décisif de l'histoire du catholicisme anglais, alors que l'arrivée de Paul VI sur le siège de Saint Pierre a soulevé l'espoir d'une Eglise moins rigoriste sur le plan de la contraception en particulier, alors qu'un vent de libération des moeurs souffle sur la société britannique. A noter que le roman est comme toujours inspiré de la propre expérience de Lodge, et qu'il a été écrit à la fin des années 70, au moment même où le roman se termine lui-même.

Lire Lodge c'est toujours comme déguster un grand cru, il faut prendre son temps et le savourer, et j'ai pris un grand plaisir à renouer avec cet auteur que j'avais beaucoup lu il y a une vingtaine d'années. 

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I
Je n’ai pas lu le livre de David Lodge mais je me dis que les « Anglais » catholiques décrits dans le livre sont très probablement d’origine irlandaise (d’autant qu’il y a eu une très forte immigration irlandaise vers l’Angleterre à ce moment-là).
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F
J'avoue ne pas connaître l'histoire religieuse de l'Angleterre