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L'Abécédaire de la nuit tombante

B - Bénévolat. Je suis allée à Saint-Nicolas cet après-midi, j'avais des livres à rendre à Jean, le bénévole amateur de photographie et je voulais voir le directeur du centre pour débriefer un peu sur les causes de mon arrêt. Le directeur n'était pas là, Jean l'était et il avait de nouveaux bouquins à me prêter. Je pensais y rester un quart d'heure, je me suis retrouvée assise à l'accueil pour... faire mon boulot habituel parce qu'il n'y avait pas assez de bénévoles... Je suis partie au bout d'une heure et demie. Ca ne m'avait pas manqué et j'ai revu à la baisse le temps de bénévolat que j'envisage d'y consacrer lorsque je serai à la retraite. Une demie journée sera amplement suffisant et encore, si je ne trouve pas plus intéressant ailleurs. En fait j'aimerais faire du bénévolat pour venir en aide à des gens riches, intelligents et cultivés... 😁

S - Saint-Nicolas. Côté organisation c'est toujours merdique, peut-être même pire m'a dit Jean, désabusé tout comme Elizabeth et Bernadette, bénévoles à Saint-Nicolas depuis plusieurs années déjà. Mais j'ai été très touchée d'être accueillie avec le sourire par certains bénéficiaires contents de me revoir.

I - Impôts. J'ai reçu un mail ce week-end - un mail automatique sans doute - me disant que c'est actuellement la période où le contribuable peut moduler son taux de prélèvement à la source en fonction de ses futurs revenus si ceux-ci sont amenés à évoluer. L'an prochain je suis donc à la retraite, mais je touche une (petite) indemnité de fin de carrière et je débloque mon plan d'épargne retraite. Difficile de savoir combien ça fera en terme d'imposition. J'ai calculé au pif, au plus haut de ce que j'estime. Pour la retraite, je me suis basée sur l'estimation que m'avait donné la Carsat. Et sans oublier les revenus fonciers du studio. On verra ce que ça va donner, mais dans l'idéal j'aimerai que les impôts m'en rendent en fin d'année plutôt que d'avoir à subir un rattrapage. En attendant, c'est une préoccupation de plus.

L - Lectures. J'ai beau ne pas regarder la télé le soir et préférer lire, je me suis rendue à la raison : je ne viendrai jamais à bout des piles de bouquins qui s'entassent autour de mon lit. Mais même si ça parait un peu bordélique j'aime bien ça, ces piles qui s'élancent à la conquête des murs... C'est juste un peu compliqué pour y faire la poussière...

 C - Clap. De fin. Gabrielle et moi étions amies depuis 35 "notre amitié dure plus longtemps que mon mariage" lui avais-je dit un jour. Et puis voilà que. En amitié aussi on divorce parfois, chemins qui s'écartent, valeurs qui changent...  Au fil de ces derniers mois j'avais eu de plus en plus souvent le sentiment de n'être plus qu'une obligation sociale à caser dans un agenda chargé, loin derrière le travail, la guérisseuse, les anciennes collègues de travail... Suis-je triste ? Bien sûr. Suis-je amère ? Non. Je me dis que c'est ainsi.

S - Sport. J'ai un bon rythme. Mes matinées étant peu occupées (voire pas du tout) je vais régulièrement à la salle faire des séances d'elliptique en plus de mes deux séances hebdomadaires de "coaching groupe". Les séances en groupe durent 45 minutes, et celles d'elliptique 30 minutes, je trouve que ce sont de bonnes durées. La semaine dernière j'ai donc fait cinq séances de sport au total, et une demie heure de yoga hier matin chez moi. Grosse frustration : je n'ai toujours pas - et je n'aurai jamais - un corps de sportive. Une histoire de génétique certainement. Tant pis. Un de avantages des séances de sport : j'en sors avec la banane. Un autre avantage : je m'y réchauffe ! La pluie est revenue, les températures ont remonté, je n'ai toujours pas rallumé le chauffage - sauf le petit soufflant de la salle de bain parce que je veux bien faire des économies mais le froid dans la salle de bain, pas question. Pour en revenir aux séances de sport en groupe, le coach qui s'occupe de nous est un tout jeune breton venu sur Bordeaux pour des études de sport. Il est tout gentil et tout mignon, et très efficace - et c'est bien ce que j'attends d'un coach. C'est un rugbyman et je l'imagine bien sur le terrain, un de ces petits gars qui filent comme une flèche en serrant le ballon ovale contre eux jusqu'aux poteaux adverses. Les deux garçons qui ont fondés la salle de sport avaient parié sur une clientèle masculine soucieuse de se remettre au sport et en fait non, leur clientèle c'est des femmes de mon âge. A force de croiser souvent les mêmes on fini par se tutoyer et s'appeler par nos prénoms, et c'est un moment de sociabilisation que j'apprécie. Sauf parfois. L'autre jour j'étais en train de faire ma séance d'elliptique, écouteurs dans les oreilles branchés sur la RTBF, quand une nana rapplique sur un des vélos et manque de chance, elle avait envie de parler. Evidemment au bout de cinq minutes elle s'extasiait sur son fils et horreur malheur au bout de dix a forcément enchaîné sur son accouchement. Pourquoi, mais pourquoi ? faut-il trop souvent que les femmes aient besoin de parler de ça ? Après tant d'années ? Perso ma période reproductive est loin et j'ai vécu d'autres choses depuis. Et puis on a sa pudeur, que diable ! Bref, le sport, et ça manque un peu de garçons... 

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