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Bouquins, la moisson du mois

J'ai pas mal lu ces dernières semaines, ça fait du bien, trois bouquins complètement différents (quoique).

Mon vrai nom est Elizabeth, d'Adèle Yon.

Aujourd'hui, une femme qui s'interroge sur la maladie mentale qui semble roder chez les femmes de la famille. Et si c'était héréditaire ? Et quel est ce silence qui entoure son arrière grand mère, Betsy ? 

Un roman écrit en mille-feuilles, les lettres de Betsy à son fiancé retrouvées dans les papiers de la famille, les interrogations de l'auteure, les questions posées à ses parents, ses grands parents, ses grands oncles et tantes... elle essaie de dresser le portrait de cette aïeule condamnée par une psychiatrie d'un autre temps (quoique), parce que femme, parce que trop différente, pour son mari, pour la société. Fût-elle réellement schizophrène ou seulement victime de son époque ? Je n'ai pas été emballée plus que ça par la forme, mais le fond est là, la souffrance d'une femme, universelle.

 

Dans un tout autre genre, celui de la "chick-lit", Changer l'eau des fleurs.

Une jeune fille à la dérive, un séducteur, une histoire d'amour, d'autres histoires d'amour, un drame, un passage à niveau et un cimetière... Un roman léger qu'on a envie de lire jusqu'au bout, pour passer un bon moment, parfait entre deux lectures plus "sérieuses". Un roman "de plage" que j'ai beaucoup aimé. 

 

Et enfin le dernier roman autobiographique d'Edouard Louis, L'Effondrement.

D'Edouard Louis je ne sais pas grand chose, j'avais lu son premier bouquin En finir avec Eddy Bellegueule qui avait eu du succès lors de sa sortie et je l'avais trouvé intéressant. Edouard Louis est un surdoué, "transfuge de classe", il explore son histoire familiale au fil de ses livres avec un style qui lui est propre et que j'avais bien aimé. L'Effondrement est celui de son frère qui un jour s'écroule mort, seul dans son appartement. Comme Adèle Yon, Edouard Louis va remonter le passé pour disséquer l'histoire de ce frère aîné qu'il n'avait pas vu depuis dix ans. Disséquer est le mot, de courts chapitres dans lesquels l'auteur revient sur ce qu'il sait de son frère, de ses rapports avec ses parents, avec lui, avec ses compagnes. Déterminisme social ? Alcoolisme héréditaire ? Blessures de l'enfance qui perdurent ou effondrement de l'adulte qui n'a rien réalisé de ses rêves de grandeur ? J'ai beaucoup aimé cette recherche, cette réflexion, cette écriture, au point de revenir de la médiathèque avec un autre des romans de Louis.

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