Par Feuilles_d_Acanthe
Je ne suis pas du genre à aller au cinéma accompagnée mais samedi j'ai proposé à Joss de venir avec moi pour voir A Bicyclette, dont on m'avait dit beaucoup de bien, séance de 15 h 30.
"Ah non désolée je l'ai vu c'est plombant. On ira à 18 h 00 ?"
Je regarde le résumé du film bah je trouve que ça a l'air aussi plombant, ce film sur la fin de vie, que l'autre, qui est sur le deuil. Mais je ne sais pas toujours dire non alors je dis oui.
"18 h 00, on se retrouve en bas à 17 h 15 pour prendre le tram" (c'est maladif chez moi, il faut toujours que j'arrive en avance où que j'aille, et en particulier au ciné).
"Non, on va prendre ma voiture, 17 h 45 ça suffira, il y a toujours les pubs avant le film".
Bon, je passe outre mon anxiété horaire, je suis quand même chez elle à 17 h 40 et là elle me dit "mon Cookeo n'a pas terminé la cuisson de mes légumes, il s'en faut de cinq petites minutes". Les cinq petites minutes étaient dix en fait, mais nous voilà dans la voiture après qu'elle ait mis son manteau, ses chaussures et pris son sac.
"Tu ne passes pas par la fac ?"
"Non tu verras je passe par les petites rues derrière ça va plus vite".
"D'accord mais attention, il y a le carnaval à Pessac centre cet après-midi"
"Ah zut. Bon, je tournerai dans la rue d'avant".
Ladite rue, nous y tournons à 17 h 55, et... elle est embouteillée parce que tout le monde s'y gare pour aller au carnaval.
"Oh tu as vu comme elle est toute mimi cette gamine avec son tutu ?"
"Oui c'est vrai !" (voix enjouée alors que je ronge mon frein devant les minutes qui passent...)
Eh bien le croiras-tu, nous avons trouvé une place de parking devant le cinéma, avons pris nos places à 18 h 07, étions dans la salle à 18 h 08 et oui, c'étaient encore les pubs.
Alors On ira c'est triste et drôle à la fois, dans ma tête j'avais peur qu'elle se projette sur la mort de son père dont la santé décline, et de son côté elle a eu peur que ça me fasse penser à la mort de mes parents, mais non parce que le thème est traité avec distance et légèreté. Nous en sommes sorties en nous regardant "Ah oui, Voyage Voyage pour une cérémonie d'adieu, c'est quand même sympa !". Il y a la maladie, des mensonges, des quiproquos, des sentiments, un rat, des gens du voyage, un vieux camping-car et d'excellents acteurs, Hélène Vincent et Pierre Lottin en tête (à suivre, celui là !) tout comme la jeune actrice, Juliette Gasquet. Je n'ai pas regretté d'avoir accepté la proposition de Joss.
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En sortant du ciné Joss m'a dit "et si on allait dîner au restau ?" Allez !
Rentrée chez moi tard, je me suis fait une tisane, j'ai allumé la télé, j'aime bien ce genre de moment calme quand la nuit s'avance (*), et à la télé il y avait un film qui m'avait grande impression quand il est sorti en 2009 ou 2010 alors je fréquentais encore assidument l'Utopia. Morse, un film suédois de Tomas Alfredson, confidentiel mais néanmoins multi primé. C'est l'histoire de la rencontre entre Oskar, jeune garçon de douze ans souffre-douleur de ses camarades de classe, et Eli qui a douze ans... "depuis longtemps...". Le film révèle très vite qu'Eli est un vampire mais là n'est pas le propos, nous ne sommes pas dans un film de Carpenter ou de Romero même si, attention, il y a quelques scènes bien gores ou très effrayantes. Ce film est un film tout en délicatesse sur la différence, la rencontre, l'amitié... Un beau film ténébreux, avec de jeunes acteurs impressionnants de talent, un film ténébreux tant par la présence du vampire que par l'ambiance, dans la longue nuit d'un petit village aux confins du cercle polaire. Un film que je n'ai jamais oublié, et que j'ai été particulièrement contente de revoir car il est dans le panthéon personnel des films qui m'ont marquée durablement.
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(*) Novembre 2015, je rentre d'une soirée chez des amis. Tisane, télé... et en direct, la prise d'otages du Bataclan. Jamais oublié cette nuit là.
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