Par Feuilles_d_Acanthe
Vendredi soir, chez Isabelle, dans une cuisine faite pour cuisiner, où elle cuisine et où il fait bon.
Hier après-midi, chez ma soeur, la chaude odeur du linge qui a séché dehors, et qu'on repasse devant la télé en sourdine.
Ce matin, chez Maryline, dans le gentil fouillis d'une maison où la famille est installée, depuis des années et pour des années.
Même chez mon ex-mari, où je suis passée rapidement, en son absence, pour voir mes fils, que je vois toujours entre deux portes, il faisait chaud. Le chat et le chien étaient là, aussi. J'en arrive à douter de mes choix, à les regretter. Quand Isabelle me dit qu'elle me trouvait plus épanouie quand je vivais encore avec mon ex-mari, quand ma soeur me dit que c'est de ma faute si j'ai ôté les étais qui structuraient ma vie, quand ma mère me rappelle qu'à Bordeaux, je serai seule aussi...
je sais, il faudrait que je tourne la page, que j'aille de l'avant. Mais pour l'instant, pour moi, l'avant, c'est l'avant, celui de ma vie de famille dont je n'ai pas fait le deuil. Mes fils me manquent, ma vie de famille me manque, la chaleur du foyer me manque, mais seuls ce qui auront vécu cela pourront comprendre à quel point c'est douloureux. et je pleure, je pleure et je pleure encore. et tous les médicaments du monde n'y feront rien, parce que le désespoir n'est pas une maladie.
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