Par Feuilles_d_Acanthe
Tout ça me prouvant quoi ? Que je n'en n'ai pas fini avec mes névroses liées à la peur de l'abandon, la peur du manque. Que je réagis - peut-être, certainement ? - avec trop d'intensité à la moindre émotion, au moindre cahot survenant sur ma route. Il me semble qu'en 2018/2019 j'avais atteint un certain équilibre, mis à mal par les évènements survenus en 2020, cette foutue épidémie de covid qui a fait exploser la belle organisation - sports, loisirs, vie sociale - qui contribuait au dit équilibre, la mort de mon père n'a rien arrangé, ni la réorganisation subie au travail. 2021, pas vraiment reposante avec l'achat de mon appartement et la vente de l'ancien, le départ de Mathias au bureau. 2022 ? A débuté par un gros passage à vide côté moral, m'a demandé beaucoup d'efforts côté boulot, m'a fait toucher mes limites face à la situation de ma mère. La fin de vie de La Chatte, son deuil, difficile, aussi. Et, donc, cette inquiétude par rapport aux futurs travaux de rénovation de la copropriété, qui me bouffe depuis plusieurs mois.
Bon, on voit le verre à moitié vide, ou à moité plein ? Côté travaux il faut dire ce qui est, je me mets martel en tête alors que je ne sais pas le montant exact, et c'est peut-être cette inconnue qui me rend si malade. Quand j'aurais le chiffre exact, je serai dans la réalité, probablement désagréable, mais au moins ce sera la réalité et non plus la peur de l'inconnu. Côté finances, c'est tendu, il faut le reconnaître. Je suis dans le mauvais créneau où plus je gagne d'argent, plus je paie d'impôts alors même que l'inflation grimpe et donc, mécaniquement (en finance on appelle ça un effet de ciseau) mon reste à vivre diminue. Le fait de n'avoir qu'un seul salaire limite sérieusement mon horizon, et accroit mon inquiétude - c'est le retour des névroses.
Alors, on fait quoi ? Déjà, peut-être annuler les congés prévus en août. Aller au boulot me fera le plus grand bien, parce que les vacances seul en août on tourne vite en rond et les activités habituelles sont réduites (trop chaud pour faire du sport, rien à voir au ciné) et qu'au boulot au moins, il y a les collègues. Encore qu'en août, il y en a moins aussi, c'est vrai. Réfléchir. Conserver une semaine de congés en août et partir quelques jours ? Je n'ai pas les moyens de financer des congés par moi-même, mais j'ai des chèques vacances alors ce serait ballot de ne pas en profiter, d'autant que changer d'air me fera du bien. Et, par contre, j'apprécierai certainement de pouvoir prendre des congés d'ici la fin de l'année, notamment en raison de mes problèmes récurrents de fatigue. Et puis une semaine de congés fin septembre, puis en novembre, ce serait une bonne idée, ça me permettrait d'aller à la salle de sport, de faire du yoga, d'aller au ciné. J'ai découvert que le CE participe aux abonnements sportifs et à certaines activités culturelles, là aussi ce serait ballot de ne pas en profiter. Toujours avec les chèques vacances, profiter d'un prochain déplacement professionnel à Paris pour prolonger le séjour d'un ou deux jours et faire un break culturel dans la Grande Ville. Me donner un coup de pied au derrière pour sortir du marasme qui me guette, reprendre le sport et le yoga de façon régulière. Envisager, comme me l'a déjà conseillée la psy, de revoir le traitement au long cours que je prends, et qui n'est peut-être pas si bien adapté que je voudrais le croire. Penser que mon appartement me coûte cher, mais considérer tous ses avantages : être à côté du boulot et de tous les avantages d'une grande métropole. Maintenant qu'il est à mon goût, lancer quelques invitations à dîner pour rebooster ma vie sociale. Chercher un mec ? J'avoue, parfois je me pose la question, mais à l'idée de "chercher" je renonce. J'ai passé quelques mois sur Meetic il y a une dizaine d'années, l'expérience ne m'a pas plu, et ce que j'ai suivi des aventures de certaines amies ou copines m'a conforté dans ma non-envie de remettre ça. Et puis le projet n'est pas là. Le projet, c'est de me barrer dans les Landes dès que je peux - au plus tard à la retraite. Encore que, je te l'accorde, j'ai parfois des doutes sur le fait que ce soit le bon projet.
Procéder par étapes, par petits pas, moi qui ai horreur de cela et qui aime bien que les choses avancent, et vite. D'abord, la semaine prochaine, rendez-vous avec une agence immobilière venue cette semaine estimer mon appartement et qui va me rendre son estimation. Prendre rendez-vous avec mon banquier pour faire le point sur les taux immobiliers en vigueur et savoir si je pourrai encore faire une opération avec un prêt relais. En fin d'année, regarder comment je finance les travaux de la copropriété. Au boulot, gérer le départ de David, prévu au plus tard en février prochain, et voir comment se passe son remplacement. En fonction, décider ou non de chercher un poste dans un autre service. Sous réserve de modification par le gouvernement, je peux partir à la retraite en juin 2026 selon le site de l'assurance retraite : serait-il possible de négocier un départ anticipé dès 2024 ? Ca, c'est du concret. Ne pas me focaliser sur ce que je ne maîtrise pas - la mort de ma mère qui me permettrait d'hériter ce qui changerait grandement ma situation financière, ou ce qui m'effraie - 2023 crise économique ? Dans les rapides du long fleuve de la vie, m'accrocher au gouvernail et garder l'oeil sur la ligne d'horizon.
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