Par Feuilles_d_Acanthe
Mes parents étant encore vivants, ou toujours vivants, ou pas encore morts, comme on voudra, la liquidation du contenu de leur appartement est moins dramatique qu'une liquidation post-mortem. De fait, avec ma sœur la semaine dernière, après quelques minutes de flottement, nous avons fini par plaisanter en retrouvant quelques objets oubliés, ou en imaginant la tête de la plus jeune de mes tantes - celle qui voulait mettre son nez dans nos affaires, ou plutôt celles de mes parents - si on lui offrait, en guise de souvenir, l'objet le plus laid que nous aurions trouvé - et les goûts de nos parents n'étant pas les nôtres, ce n'est pas ça qui manque…
Car on croit les connaître tous, ces objets dont certains étaient là avant nous, mais finalement on en avait oublié certains, et en ouvrant les tiroirs ou les placards, on redécouvre pelle à tarte, timbale de baptème, couteau à découper au manche en vraie corne de cerf de la Forêt Noire, témoignage domestique et familial de l'Histoire de France version occupation de l'Allemagne vaincue après la Deuxième guerre mondiale. "Ach so foilà de quoi técouper le Gross poulet rôti du dimanche"...
Fou rire avec mon frère, cet après-midi - je n'en finis pas de faire des allers et retours entre chez moi et l'appartement de mes parents - en découvrant une vieille pince à sucre qui avait fasciné notre enfance "Et voilà l'authentique pince à énucléer du Docteur Petiot !"
J'en ris encore ![]()
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