Par Feuilles_d_Acanthe
Et on est que mi-juillet, ça laisse encore le temps d'en avoir d'autres...
Bon, je suis en congés, paf ! canicule. Comme la précédente, j'ai chaud, je m'ennuie, je tourne en rond dans mon appartement surchauffé - et sans télé car panne de réseau internet durant trois jours - et je ne me repose pas. Les nuits chaudes, les réveils matinaux pour essayer de profiter de la chaleur juste avant que le soleil ne se lève... Je vais être contente de reprendre le travail la semaine prochaine, et je vais même aller travailler au bureau toute la semaine afin de profiter de la climatisation. J'hésite à annuler les congés prévus en août (en ce moment c'est juste une semaine - et pas de bol, la semaine de la canicule) pour les reporter à septembre, quand il fera moins chaud.
J'avais envisagé d'investir dans un ventilateur haut de gamme, et puis j'y ai renoncé. Côté finances, c'est la marée descendante, j'ai un rattrapage d'impôts d'ici la fin de l'année, mon smartphone est en bout de course et côté copropriété, nous avons commencé à payer les avant-travaux (maîtrise d'oeuvre, maîtrise d'ouvrage...). De ce côté là, justement, j'aimerais bien prendre de la distance, je veux dire émotionnellement, car le coût - toujours inconnu mais que j'estime à environ 30 000 euros - me donne des cheveux blancs, et c'est un euphémisme pour dire que je dors très mal, mon proche avenir me paraissant bien mal parti. Je ne sais pas comment je vais arriver à payer les travaux, pour autant je ne peux pas vendre l'appartement, parce qu'il faut bien que je me loge. Les prix de l'immobilier étant ce qu'ils sont, je ne peux pas racheter ailleurs, même plus petit, et je ne peux pas louer, car seule sans garant c'est refus des agences immobilières. La mère de ma belle-fille, dont le propriétaire n'a pas renouvelé le bail, se retrouve à vivre dans un studio, et encore parce que c'est le propriétaire de son précédent appartement qui l'a relogée... le studio c'est bon j'ai déjà donné. Depuis mon divorce, où j'ai tout perdu - parce qu'on peut rater son divorce comme on a raté son mariage - je n'ai eu de cesse de remonter la pente, professionnellement et immobilièremment. Et voilà qu'à cause de quelques imbéciles qui ont des idées de grandeur pour la résidence, je risque de nouveau de tout perdre, alors même que professionnellement j'ai pourtant et enfin atteint le statut, autrefois enviable, de cadre dans une grand entreprise. Je t'avoue que ce matin, j'ai craqué quand l'ADIL, que je contactais pour avoir des conseils, m'a envoyé balader "mais madame vous n'aviez qu'à vous renseigner sur les travaux avant d'acheter, et si vous ne pouvez pas payer vous n'avez qu'à vendre".
Je cherche pourtant des solutions, j'ai envisagé de proposer à Gabrielle de prendre une maison en colocation - c'est séduisant sur le papier, absolument impensable dans la réalité tant elle et moi ne pourrions nous supporter au quotidien. Lundi, j'ai visité une maison aux fins fonds de la Gironde - dans mon budget : une ruine sentant l'humidité et le vieux poulailler. Et l'agent immobilier a soupiré en me disant "ici les prix explosent". Ca irait moins mal si la situation ambiante ne sentait pas aussi fort la catastrophe à venir, l'inflation monte et je vois bien que les prix de l'immobilier commencent à flancher, sans parler de la Bourse qui se casse la gueule tranquillement mais sûrement et oui, ce sont des signaux qui m'inquiètent. J'ai été très effrayée par les crises en Argentine, puis en Grèce, en me disant qu'il n'y a hélas rien qui nous prémunisse de ce risque là, on a beau faire les fanfarons parce qu'on est en France, on n'est pas meilleurs que les autres.
Bref. Je vais faire une petite cure de CBD spécial "moral" pour prendre un peu de distance par rapport à tout ça. Ce matin je suis allée prendre l'air à Bordeaux, et si j'avais su qu'il y faisait meilleur qu'à Pessac, j'y serais allée tous les jours. J'ai vu une belle exposition d'éventails au Musée d'Aquitaine, des éventails en plume, en dentelle, en cartons, brodés de strass ou ornés de publicités, c'était beau et original. Demain je monte sur la côte médocaine pour y passer un 14 juillet en bord d'océan, le feu d'artifice est annulé pour risque d'incendie (de mes fenêtres je vois la fumée de l'incendie en cours du côté du sud Gironde, et c'est impressionnant) mais je prendrai tout autant de plaisir à passer la soirée sur la plage à écouter l'océan et regarder les étoiles s'allumer. Je n'irais pas voir ma mère samedi - ça c'est la résolution indispensable à laquelle je vais me tenir - et à la place j'irai au cinéma, ça me fera du bien.
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