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L'Abécédaire du mauvais temps qui revient

G - Gale. Le retour ! Cette fois-ci ce n'était pas Monsieur Mémédov, c'était un autre monsieur qu'on n'avait encore jamais vu, et qui nous a assuré qu'il prenait un traitement après nous avoir dit qu'il avait la gale. Au moins a-t-il eu la gentillesse de nous prévenir. Allez, à la douche ! "Que ça gratte, que ça gratte !" me dit-il en la prenant. Mmmhhhh d'accord. Allez, on désinfecte la douche, et soigneusement, sans oublier la porte, le porte-manteau, la chaise... Cette fois-ci, j'étais bien plus sereine, il faut savoir que depuis Monsieur Mémédov je suis devenue incollable sur la gale, son mode de propagation et son traitement. Ca n'empêche que ça me gratte aussi, bien sûr. "Ca vous a fait du bien cette douche ?" "Oui, pensez donc, ça faisait trois mois que je n'en n'avais pas pris"...

I - Instant présent. Je ne suis pas convaincue de cette philosophie. Je l'ai déjà dit, quand on est pas bien l'instant présent est fichtrement douloureux et on veut juste en sortir. Aller chercher la paix qui "existe en soi même" dans ces moments là... mouais. C'est Ali, à Saint-Nicolas, qui veut absolument me convaincre que la paix est en chacun de nous et que nous devons écouter "la musique de notre conscience"... Je doute que Laurent, quand il appelle le 115 pour la énième fois de la matinée - toutes nos lignes sont occupées, veuillez rappeler ultérieurement - apprécie l'instant présent et soit réceptif à sa musique intérieure...

E - Etonnement. Car si tu croises Laurent, tu n'imagineras jamais qu'il dort dans la rue. Pareil pour Alexis. Ils sont souriants, propres sur eux et habillés correctement. Au pire distinguera-t-on, si on regarde avec attention, quelques taches sur des vêtements portés depuis trop longtemps. On est loin des clodos avinés ou des zonards à dreads et chiens. Ceux-là, paradoxalement, ne viennent pas à l'accueil de jour (mais je ne sais pas pourquoi).

I - Inconforts. Depuis que je travaille à Saint-Nicolas je relativise encore plus qu'auparavant, et je ne parlerai plus de problèmes ni de galères me concernant. Ce sont juste des inconforts passagers.

O - Olivier. Il m'a proposé de prendre un café vendredi. J'avais plutôt envisagé d'aller au ciné mais je sais que son moral est toujours flageolant, alors j'ai répondu présente. Mais cette fois-ci il ira fumer sur le balcon ! 

T - Tram. J'ai eu Gabrielle lundi soir et je lui expliquais que j'allais bosser en tram et elle m'a dit "ah oui c'est cool". Sauf que mardi matin, panne de tram juste au moment où j'arrivais à l'arrêt. Le temps que les bus de remplacement prennent le relais, c'est toujours un peu long, et c'était sans compter... une manif des agriculteurs en plein centre de... Pessac. Une manif des agriculteurs à Pessac le truc totalement improbable mais pas de bol, en même temps qu'une panne de tram... J'ai mis un peu plus d'une heure pour aller à Bordeaux quand il m'en faut deux fois moins d'habitude, mais bon, au moins suis-je arrivée à destination. Donc voilà, le tram c'est cool... mais pas toujours (mais c'est juste un petit inconfort).

T - Travaux. On en a bien bavé. Lundi c'était la démolition des murs séparatifs des balcons (séparant les balcons des voisins entre eux) et le bruit était juste insupportable. J'étais en réunion Teams à ce moment là (j'ai encore de temps en temps des réunions d'informations faites par la DRH en particulier sur la préparation de la retraite) et j'avais du mal à entendre les interlocuteurs malgré le casque. Pauvre Loukoum qui s'est réfugiée dans sa petite cabane en espérant échapper au vacarme. Hier c'était le passage du karcher sur la façade et il parait que c'était bruyant aussi, mais j'étais à Saint-Nicolas pour la journée et j'y ai échappé. Par contre, cet après-midi (je ne travaille pas cet après-midi) c'est perceuse (ou je ne sais quoi) à fond... :-/ Ceci dit, en principe, je pense qu'après un an de travaux, on a déjà eu droit à (presque) tous les travaux les plus bruyants.

T - Téléphone. Je laisse mon smartphone dans mon vestiaire quand je travaille. D'abord parce que je n'ai pas de poche pour le mettre, ensuite parce que les smartphones font des envieux parmi les bénéficiaires et qu'ils ont vite fait de disparaître, enfin parce que ce n'est pas mal de se déconnecter quelques heures. Bref, hier soir je récupère le téléphone, trois appels manqués de Sylvie3, ma voisine de palier. Je la rappelle, bien sûr. C'était pour me parler des travaux "alors oui, est-ce qu'il faut laisser les volets ouverts ou les fermer, on n'a pas eu d'information claire à ce sujet, alors moi je panique parce que s'ils veulent passer le karcher sur mon balcon, comment je vais savoir s'ils doivent être ouverts ou fermés, s'ils sont fermés comment vont-ils pouvoir décaper en bas des volets, mais s'ils sont ouverts ils risquent d'abîmer les portes-fenêtres ? vraiment, je panique !". Soupir. "Ecoute, s'ils ne veulent pas faire d'affichage sur les opérations à venir, c'est de leur responsabilité. Et s'ils abîment les portes-fenêtres, c'est pas grave, c'est juste une histoire d'assurances" "ah oui mais non tu n'imagines pas, moi les papiers ça me panique..." . Sylvie panique beaucoup... et c'est juste un peu agaçant par moment, surtout qu'elle tourne en boucle quoique je lui dise et qu'elle est toujours en train d'imaginer le pire même quand j'essaie d'être factuelle et rassurante. Elle m'avait déjà fait le coup il y a six mois quand elle faisait ses papiers pour partir à la retraite... Sylvie elle a 62 ans et je me demande comment elle a réussi à vivre jusque là. Comme je lui ai dit une fois "vois le bon côté des choses, tu n'aimes pas les papiers et les petits désagréments mais tu t'en sors très bien et tu en viens toujours à bout !" "Oui mais moi je ne vois que le négatif, tu comprends j'ai été élevée comme ça alors quand on a un tel conditionnement familial on n'en sort pas." Moi je pense qu'on peut changer toute sa vie, même jusqu'à la fin, mais comme m'avait dit Julie très méchamment il y a quelques années "et si je n'ai pas envie d'être sauvée, moi ?!". La leçon était amère et je l'ai bien comprise : je propose, mais je n'argumente plus face aux gens qui ne veulent surtout pas se remettre en question.

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B
"...les gens qui surtout ne veulent pas se remettre en question..." tu es femme d'expérience Acanthe une simple question, connais-tu beaucoup de gens qui se remettent en question, réellement ?<br />  <br /> Bleck
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