Par Feuilles_d_Acanthe
Je me suis engueulée avec mes parents ce soir.
Je suis passée les voir pour parler de leur situation, la maladie de ma mère qui s'aggrave, l'état de santé de mon père qui se détériore... je leur ai proposé des pistes de solutions, le portage des repas à domicile, l'embauche d'une dame de compagnie, leur ai donné les coordonnées du service qui gère l'aide aux aidants que m'a communiqué la neurologue de ma mère la semaine dernière... J'ai essayé de rester patiente quand ils m'ont soutenus que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possible.
Ca a dérapé, forcément, ça dérape toujours, quand ma mère a évoqué ma nièce enceinte, ma mère n'aime pas le mari de ma nièce et ne manque pas de le dire, ça n'a pas loupé encore cette fois-ci, et je lui ai fait remarqué qu'elle n'avait déjà pas aimé les conjoints de ses enfants, mon père s'en est mêlé, le ton est monté et j'ai fini par leur dire "de toute façon vous n'aimez rien ni personne", mon père a tourné les talons violemment en disant qu'il préférait s'éloigner sinon ça allait mal tourner, et ma mère m'a répondu "si, nos enfants, excessivement".
Ah ben voilà, j'aurais au moins entendu ça une fois dans ma vie.
C'est facile, d'aimer ses enfants quand on devient vieux et qu'on réalise qu'on est seuls, alors qu'on n'a jamais cessé de les rabaisser tout au long de l'enfance et de l'adolescence. Cinq minutes plus tôt ma mère m'avait dit, parlant de mon ex-mari, que je "méritais mieux", et ça résume tout, son snobisme, son éternelle insatisfaction, son refus d'accepter les choix de ses enfants.
J'ai tourné les talons moi aussi, je suis partie, avec la ferme intention de couper les ponts. Je sais, c'est pas la première fois que je le dis, mais là j'en ai vraiment marre.
Hier soir, à la télé, j'ai vu cinq minutes du film Maman, ce huis-clos entre une mère aigrie et ses deux filles en quête d'amour et de reconnaissance. J'étais trop crevée pour le regarder jusqu'au bout, de toute façon ces premières cinq minutes disaient déjà tout des ravages que peut faire le manque d'amour maternel.
Bref, ce soir j'aurais tendance à dire "ça, au moins, c'est fait".
Mon fils aîné a signé l'achat de sa première maison ce soir, et c'est ça, c'est la nouvelle la plus importante de la journée.
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