Par Feuilles_d_Acanthe
Il y avait longtemps que je n'avais pas parlé de bouquins, alors même que je lis tous les soirs.
Les lectures de ce début juillet, quelque peu éclectiques, comme c'est souvent le cas.
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La Mort est mon métier, de Robert Merle.
Difficile de parler de ce livre là. Ce n'est pas un roman, c'est le récit fait par un écrivain de la vie de l'homme qui a mis en oeuvre la "solution finale" dans les camps de concentration du IIIème Reich. Robert Merle a réussi à écrire un livre qui n'est ni un roman à charge, ni une plaidoirie de la défense. Rudolph Lang, inspiré de Rudolph Höss, est un homme que l'on pourrait qualifier d'"ordinaire", pour qui obéir à ses supérieurs est la règle et au fil des pages nous découvrons jusqu'où l'obéissance aux ordres peut mener.
Rudolph Lang, une exception, un psychopathe ? Je me souviens d'une collègue clôturant un échange, lors d'une réunion, par un "c'est ce que nous demande le manager" péremptoire et auquel j'avais répondu : "et si le manager te dit de sauter par la fenêtre, tu sautes ?".
Dire que j'ai aimé, ou pas, La Mort est mon métier ? Que je l'ai lu jusqu'au bout alors même que j'en connaissais la fin, tant celle de la solution finale que celle du châtiment infligé aux responsables nazis ? Et pourtant le talent de Robert Merle est de nous faire pénétrer dans les rouages du cerveau d'un bourreau "ordinaire" et de nous amener à lire le roman jusqu'au bout dans une sorte de fascination incrédule.
Dans un tout autre registre, Porteurs d'âmes, de l'anticipation mâtinée de polar du côté de Pierre Bordage, hélas disparu il y a quelques mois. Bordage, voix majeure de la SF française depuis plusieurs décennies, bien connu pour ses space opéra dont le succès ne se dément pas encore aujourd'hui.
Porteurs d'âmes, un de ses derniers romans. Qu'y a-t-il de commun entre Léonie, sans papiers venue du Libéria, prostituée par sa tante, et Cyrian, jeune ambitieux déterminé à tout sacrifier pour parvenir au sommet du pouvoir ? Et Edmé, ce flic fatigué qui va découvrir un charnier dans la Marne ?
Comme je l'ai écrit plus haut, Bordage nous livre une oeuvre un peu hybride, que j'ai beaucoup aimée. Il y avait longtemps que je n'avais pas éprouvé cette sensation de "encore un chapitre" avant d'éteindre la lumière. J'ai accroché sur l'intrigue, j'ai accroché sur les personnages, j'ai regretté d'arriver à la fin, et ça m'a fait du bien - surtout après l'atmosphère pesante de La Mort est mon métier.
Et puis pour continuer dans la légèreté, La Petite marchande de prose, un des romans de l'inoubliable saga Malaussène, un détour chez Pennac dont l'invention et la plume sont toujours un vrai bonheur. Je relis la saga dans le désordre au hasard de mes trouvailles dans les boîtes à livres mais ce n'est pas très grave, cette série - et Pennac - est géniale 😊.
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