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La notule du mercredi midi

Je suis en train de trouver le bon rythme pour le sport, et la séance d'elliptique du mercredi matin est une bonne idée. J'y passe une demi-heure, dix tours de stade "virtuel" et l'équivalent de quatre kilomètres. Au bout des dix premières minutes je fais une pause, je bois, j'enlève ma veste de survet. Dix minutes plus tard, nouvelle pause, je bois, j'enlève mon tee-shirt pour me retrouver en top de sport sans manche et j'allume le ventilateur intégré à l'elliptique. Je termine les dix dernières minutes en nage mais contente. Dans les oreilles, toujours Classique 21 de la RTBF.

Pendant les vacances de Noël les coachs ont mis en place de petits challenges, rester en planche ou en chaise le plus longtemps possible par exemple. Un coach a eu une idée drôle mais un peu tordue - ou le contraire. En fin de séance, pour le moment cardio, il nous a fait écouter l'intro de Roxanne, de Police. "Vous l'avez ? alors je vous passe la chanson et c'est simple, à chaque fois que vous entendez "Roxanne", vous faites un squat". Et tu sais quoi ? Sting le répète beaucoup, ce Roxanne, surtout sur la dernière minute... J'ai terminée sur les rotules, mais en riant.

 

Ca, c'était pour le sport. Dans un tout autre genre, je suis passée à Saint-Nicolas ce lundi après-midi, pour rendre à Jean ses livres sur la photo qu'il m'avait prêtés. Pour mes nouveaux lecteurs et lectrices : pour les salariés en fin de carrière l'entreprise qui m'emploie (la Big Bank) propose un dispositif qui consiste à détacher le salarié auprès d'une association. Ca peut-être dans l'environnement, dans le caritatif, l'humanitaire... On continue à percevoir notre salaire bien sûr, on apporte nos compétences à l'association, et ce dispositif peut permettre de terminer sa dernière année salariée de façon moins stressante. Et de faire le joint avec la retraite car dans la plupart des cas ce dispositif débouche sur un vrai bénévolat du salarié devenu retraité. Personnellement je devais passer dix huit mois auprès d'une association (Saint-Nicolas) proposant un accueil de jour à une population précaire voire sans papiers. J'ai tenu un an. Désorganisation au sein de l'association, public parfois désagréable voire agressif... D'où mon arrêt maladie de ces derniers mois, qui me met en difficulté vis à vis de la sécu.

Bref. J'ai toutefois gardé des liens avec un ou deux bénévoles, dont Jean avec qui j'ai des centres d'intérêts communs, et qui me passe régulièrement de beaux albums de photographes renommés. Je l'ai donc vu lundi après-midi et j'ai de suite vu qu'il n'était pas comme d'habitude, moins d'entrain, un peu de tristesse. Il a fini par me dire qu'il est dans cette difficile période où, après des examens de routine, on soupçonne quelque chose de grave, et il est dans l'attente des résultats de nouveaux examens faits ces jours ci. Il m'a dit qu'il n'en n'avait pas encore trop parlé autour de lui, pas même à ses enfants. Je crois qu'il m'en a parlé parce qu'il avait besoin de verbaliser ça auprès de quelqu'un de neutre et qui ne fasse partie de ses proches. J'espère que ça lui aura fait du bien de m'en parler.

 

Saint-Nicolas et... si j'avais envisagé d'y poursuivre mon engagement en devenant bénévole lors de ma retraite... bah j'ai déjà moins envie. Lundi j'ai retrouvé les mêmes. Les mêmes sans papiers qui, dix-huit mois après mon début de détachement sont toujours sans papiers, coincés entre un "là bas" où ils ne peuvent plus revenir par honte d'avouer leur échec, et un "ici" où faute de papiers ils ne peuvent rien faire, si ce n'est de petits boulots au noir de temps en temps, et de petits trafics pour se payer leur beuh. J'ai retrouvé Laurent, toujours à la rue, qui m'a expliqué que contrairement à ce qu'on a pu entendre dans les médias le plan "Grand froid" n'a pas été déclenché partout en France, en particulier en Gironde. Pour déclencher ce dispositif il y a des critères, il doit faire froid oui, mais pendant un certain nombre de jours consécutifs... ce qui n'était pas le cas chez nous. Protéger les sans-abris... oui mais si toutes les petites cases sont bien cochées.

 

Olivier m'a proposé de passer boire un verre chez lui vendredi après-midi. Par mon intermédiaire il avait commencé à faire du bénévolat à Saint-Nic' comme il dit. Olivier est en invalidité totale, gros burn-out il y a plusieurs années, coma, dépression.... c'est d'ailleurs comme ça que nous avons fait connaissance, dans la clinique de jour où j'ai passé quelques mois en pleine dépression à la suite des décès de mes parents. Saint-Nic' lui a fait du bien, sans boulot il avait perdu toute vie sociale. Mais lui aussi prend de la distance. Accueillir un public précaire voire très précaire est difficile et déstabilisant si on n'a pas une formation ni un accompagnement adéquat.

 

Du côté de mes propres soucis, administratifs, j'attends toujours une réponse de la DRH aux questions que je me pose, une réponse de la sécu à mon courrier de dimanche soir, un rappel de ma prévoyance... Mais psychologiquement ça va un peu mieux.

 

Dans un tout autre genre, une grue a fait son apparition derrière le bâtiment en face de chez moi. C'était attendu, ça fait quand même mal au coeur. Et entre ce futur nouveau bâtiment et celui en face de chez, il devrait y avoir encore un autre ensuite. En passant devant le panneau des travaux j'ai lu qu'il s'agit de logement social, pas de bol (j'assume). J'ai vécu dans un "quartier" et je sais pourquoi j'en suis partie dès que j'ai pu. L'idée de revivre ça à deux cents mètres de chez moi me donne la nausée.

 

J'ai un peu de retard dans le compte-rendu des deux dernières séances de ciné auxquelles j'ai assistées. Côté lecture je termine un bouquin de Kessel dont je parlerai aussi, une fois que j'aurais vérifié toutes les informations concernant le sujet abordé.

 

Aucune photo pertinente pour illustrer cet article, alors j'en mets une que fcbk m'a remonté ce matin. Une photo prise par Monsieur mon Cadet, déjà bien ancienne et peut-être même antérieure à 2018 comme l'indique ma copie d'écran. Un peu surexposée aussi, mais lui et moi l'avions trouvée chouette. Pas de montage, juste une mise en scène des sneakers qu'il collectionnait à l'époque, et le chien de son papa qui passait par là, juste au bon moment.

 

 

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