Par Feuilles_d_Acanthe
Pour te répondre plus longuement, Eric.
Alors les marées, je les aime toutes. La marée haute toute bleue, qui lèche les petits murets des jolies maisons et cache la vase (beurk). Les voiliers qui dansent, attachés à leur corps-morts, sur l'immensité du Bassin dont on ne distingue qu'à peine les contours, Arcachon à gauche, la presqu'île du Ferret à droite. Selon où tu es, et avec de bons yeux, tu peux deviner les "cabanes tchanquées" au loin. Et ce scintillement magnifique.
La marée basse, qui dévoile l'immensité du Bassin, au point qu'on ne voit plus la mer, même pas une ligne brillant à l'horizon. Les vaguelettes imprimées sur le sable encore mouillé, quelques flaques de vase (re-beurk mais le Bassin sans la vase, ça ne serait pas le Bassin, et puis c'est une vase de standing tout de même, entre le Moulleau et le Ferret,). De loin en loin, quelques pêcheurs à pied, et les bateaux mollement couchés sur le côté pour quelques heures. Et puis les châteaux de sable des enfants, entourés d'une flaque d'eau, parce qu'à marée basse si tu creuses un peu, la mer sourd aussitôt.
La marée qui remonte pour le plus grand plaisir des enfants, par un tout petit mouvement entêté, qui nous ramène le scintillement de la mer, et les mouettes aussi, submerge les châteaux de sable et emporte pelles et râteaux de plastique coloré oubliés sur la plage.
La marée qui baisse, dans ce mouvement millénaire de va et vient, qui trace de petits ruisseaux sur le sable qui se découvre au grand désespoir des enfants, d'où surgissent les petits tortillons des vers de sable et les trous des couteaux, et parfois, si tu marches assez loin, les petites anémones accrochées aux bassins à huîtres.
Quand j'étais enfant, aller à Andernos c'était un vrai bonheur, la mer bleue entrevue au bout de toutes les petites rues perpendiculaires au sable alors que nous cherchions où nous garer, le sable chaud et surtout, surtout, les laisses de mer, ces bancs de varech et de goémon devenus bruns, échoués haut sur la plage, qui témoignaient du niveau de la marée haute précédente. Nous avions horreur de devoir les traverser pieds nus pour atteindre le sable plus frais, il y avait des coquillages en petits morceaux coupants, des cadavres de petits crabes. S'il y avait du vent les brins de varech s'envolaient, nous rapportant leur odeur iodée inimitable. Aujourd'hui plus de laisses de mer, le sable est ratissé matin et soir pour les touristes, et disparue, l'odeur de mes vacances d'enfant.
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