• Week-end

    J'ai pris la route vendredi en tout début d'après-midi, juste après mon repas et mon café du midi. J'ai quitté Pau sous le soleil. Les côteaux un peu austères des Pyrénées-Atlantiques ont laissé place à ceux du bas des Landes, à la molesse plus accueillante. Pour moi, les Landes, c'est forcément des pins. Or il n'en n'est rien, dans cette partie. Comme mon GPS me baladait du côté d'Eugénie-les-Bains, j'ai découvert une campagne de côteaux et de valons ensoleillés, aux forêts de feuillus, en particulier de châtaigniers jaunis, étincelants sous le soleil de ce bel après-midi. Les pins ont fait leur apparition vers Mont-de-Marsan, et, plus haut, à la limite de la Gironde, ce sont des paysages de forêts et d'airials qui évoquent les romans de Mauriac. Ca m'a donné une forte envie de relire Thérèse Desqueyroux, mais, si je l'ai, je ne sais dans quel carton il pourrait être... Il aurait fait plus chaud, j'aurais pu sentir l'odeur qui me manque tellement, celle des pins et du sable. En arrivant chez mes parents, il pleuvait, j'ai malgré tout retrouvé un peu de cette odeur familière.

    Le plaisir de ce retour a été vite entamé par la confrontation à l'état de santé de ma mère, qui s'est dégradé ces dernières semaines. Ma mère est atteinte de la maladie de Parkinson, et quand on est face à cette maladie, à son côté implacable et sans issue, c'est effrayant. Je me suis demandée de quoi j'ose me plaindre, avec ce que je commence à qualifier de dépression nerveuse, toutefois je sais aussi que l'état de santé de ma mère et l'avenir qu'il annonce pèsent aussi dans mon état d'esprit.

    J'ai profité de ce week-end pour voir mes fils, bien sûr, et j'en réussi à en être heureuse plus que malheureuse, ce n'était pas gagné alors c'est bien ; j'ai vu mon frère, aussi, ainsi qu'une amie. J'ai aussi nettoyé le studio, il le fallait, puisque je n'avais pu le faire lors du déménagement. J'ai réussi à ne pas craquer, au milieu de tout ça, à ne pas trop penser à tout ce que je regrette, à tout ce que je pense avoir raté, loupé. J'ai repris la route  aujourd'hui, en tout début d'après-midi, car je ne peux rouler dès lors que la nuit tombe, je vois trop mal pour cela. J'ai réussi à limiter la force et la durée de la crise d'angoisse qui m'a prise en retrouvant mon appartement palois, et la solitude qui va avec. La route du retour n'a pas été aussi ensoleillée, c'est dommage, et je suis arrivé à Pau sous une pluie battante, pluie mélée de neige fondue. Remonter le chauffage, mettre en route une machine à laver, aller faire un petit tour d'un quart d'heure, histoire de marcher un peu pour lutter contre l'angoisse, étendre la machine qui a fini, retrouver un certain train-train...


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