• Séance de rattrapage

    Je suis toujours aussi douée pour la séance de rattrapage, l'avant dernière ou la dernière séance de programmation d'un film. En l'occurence, L'Exercice de l'Etat. J'ai été étonnée du monde que ce film attirait encore, et nous avons eu droit à la grande salle du Jean-Eustache. Celle-là, vu le genre de films que je vais voir, ce n'est pas souvent que je pose mes fesses dans ses fauteuils.

    exercice de l'etat

    Comme à chaque fois lorsque je vois un film dont l'action se situe dans le monde politique (Harvey Milk, Les Marches du pouvoir *), je n'ai pas tout compris. Dans ce genre de film, le spectateur est imergé d'entrée au coeur d'une situation dont il tout, et qu'il doit comprendre au rythme des dialogues, et ceux-ci semblent parfois incompréhensibles. En l'occurence, je me suis trouvée perdue dans la myriade de conseillers qui gravitent autour de Bertrand Saint-Jean, ce ministre qui est le personnage principal du film, et dans les manoeuvres et coups bas qui agitent le monde de ce qu'on appelle "la politique politicienne".

    Le film nous décrit donc quelques jours dans la vie de Bertrand Saint-Jean, dans "l'exercice de l'état", dans l'exercice de ses fonctions. Il est ministre des transports, ministre d'un Président qu'on voit peu. On devine celui-ci au dessus de la mélée dans laquelle s'empoignent ministres et conseillers, tels des crocodiles entre eux (le film débute d'ailleurs par une scène onirique dans laquelle apparait un crocodile). Dans ces quelques jours, Saint-Jean doit faire face à un accident de la route particulièrement grave (un accident de car scolaire), et surtout à des pressions et manoeuvres visant à lui faire prendre une décision qu'il se refuse à prendre (la privatisation des gares). Le film décrit aussi et surtout la solitude d'un personnage pourtant toujours entouré : "Deux mille contacts, et pas un ami" dit Bertrand Saint-Jean en contemplant son téléphone.

    La vie du ministre se déroule à cent à l'heure, et le rythme du film est donc très rapide. J'ai malheureusement trouvé la bande son mauvaise, ce qui n'a rien arrangé pour la compréhension du film.

    En dépit de la difficulté que j'ai avec ce genre de film, je l'ai beaucoup apprécié. J'ai été intéressée (en même temps qu'effrayée) par le monde politique tel qu'il est décrit, parce que cela m'a semblé tout à fait véridique. Le film a une touche d'authenticité indéniable. J'ai aimé Olivier Gourmet, bien sûr, et j'ai été bluffée par Michel Blanc, qui incarne le directeur de cabinet du ministre, un conseiller (un de plus !) attaché à sa fonction, à laquelle il croit, mais laminé par les luttes intestines. Il est nommé pour le César du meilleur second rôle masculin pour  la cérémonie fin février, et j'espère qu'il l'obtiendra. C'est certainement son meilleur rôle. Zabou Breitman est également crédible dans son rôle de conseiller en communication. Je crois d'ailleurs qu'elle aussi est nommée dans la catégorie du meilleur second rôle féminin.

    Cette année, j'ai vu la plupart des films en lice pour les César, et il est vrai qu'ils sont tous bons, ce sera donc difficile de les départager. J'espère qu'il n'y aura pas de "grand vainqueur" mais qu'ils seront tous récompensés, dans les différentes catégories. Si je n'ai pas encore vu Intouchables, ça ne devrait pas tarder, demain soir peut-être, pour décompresser après ma journée de boulot (oui, dans mon service on doit assurer des permanences un samedi tous les deux-trois mois, et c'est pas rigolo, l'horaire c'est 9 h/19 h, et toute seule en plus !).

    * Les Marches du Pouvoir

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    L'intrigue : pendant une campagne présidentielle américaine, un des jeunes conseillers du présidenciable va être confronté à un scandale que celui-ci souhaite étouffer. Il va y perdre sa naïveté. (ok, c'est succint comme résumé)

    Après Drive, j'ai retrouvé Ryan Gosling (c'est décidemment le beau gosse du moment) dans le rôle du responsable de communication de la campagne présidentielle. Un rôle totalement différent, et, là encore, il se montre convainquant. On sent la progression du personnage, de l'enthousiasme vierge du départ à la dureté d'un homme ayant perdu une partie de ses illusions sur l'homme pour lequel il travaille. Là encore, j'ai eu un peu de mal avec les arcanes du pouvoir, difficulté accrue par ma méconnaissance du système électoral des Etats Unis (j'avais eu le même problème lors de la projection de Harvey Milk). En depit de cela, j'ai beaucoup aimé le film. A noter que, comme dans L'Exercice de l'Etat, le personnage occupant le poste le plus important (le président de la République français/le sénateur américain) est en retrait, traité comme un personnage secondaire, parti pris que j'ai trouvé intéressant. Je n'ai pas lu la liste complète des films nommés pour les Oscars (mis à part le buzz autour de The Artist), mais cela me semblerait assez normal que ce film y figure.

    A propos de The Artist, ce serait étonnant - et décevant - qu'il reparte sans aucun Oscar. Il me semble d'une facture tout à fait propre à attirer la sympathie du jury américain. Par contre j'espère qu'il ne raflera pas trop de prix aux César. C'est un bon film, original dans sa forme, mais pour moi c'est juste un bon film.

    J'attends donc la fin février avec impatience.


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