• RIP

    Comme la France enterrait Simone Veil, plus modestement, j'enterrais ma tante. Cérémonie très émouvante, et je n'ai pas pu retenir mes larmes. Nous l'avons accompagnée au cimetière et, sur le bassin d'Arcachon, les morts dorment dans le sable blond.

    Et puis comme toujours, ce mélange de tristesse dû à la perte d'un être cher, et de plaisir coupable de revoir, pour l'occasion, les membres éloignés de la famille. J'ai ainsi revu des cousins et cousines que je n'avais pas vu depuis fort longtemps, et fait la connaissance de petits cousins et petites cousines que je ne connaissais que de nom. Le repas qui a suivi la cérémonie a donc été assez joyeux, et c'était une façon surprenante de prendre congé de la maison et du jardin de ma tante. Ma tante, dont j'avais toujours connu les intérieurs propres et nets, et les jardins toujours splendides. C'est avec un serrement de coeur que j'ai regardé ce jardin, avec ses fleurs qu'elle avait acheté ce printemps et qu'elle ne verra plus. Les fleurs lui survivent. Je me suis tenue un moment sous le porche, émue, en pensant qu'en avril dernier, nous avions passé ensemble une après-midi agréable. La vieillesse et la maladie s'étaient alors éloignées un instant, le temps de quelques souvenirs et d'une chanson que chantait son père... Comme elle le lui avait promis, une de ses petites filles, musicienne, a joué à l'église quelques notes d'un opéra qu'elle aimait tant.

    Ma tante Christiane, celle qui m'a gardé lorsque j'étais toute petite, et dont je suis si proche, était là aussi bien sûr. Je me suis dit que cela doit être terrible, d'enterrer une soeur. Je n'ose imaginer ce que pourrait être de perdre la mienne. Mes cousines, étrangement, me l'ont confiée, et c'est toutes les deux ensemble que nous avons fait l'aller-retour sur le Bassin. L'occasion, durant le trajet, d'évoquer la vie du Pessac d'autrefois, quand il n'y avait que des prés et des champs, et même un ruisseau au bout de sa rue.

    Anecdote familiale : mes grands parents avaient fait construire, dans les années 20, une belle maison en pierre dans une rue du centre de Pessac. A la fin de la guerre, Pessac connu quelques bombardements, du fait de la présence de la voie ferrée. Une bombe tomba non loin de la maison de mes grands parents, au grand effroi de toute la famille, terrorisée par le bombardement. La bombe tomba si près qu'elle ébranla la maison, et un crucifix accroché au mur, au dessus du lit de ma tante Carmen, tomba par terre et se fendit. Elle m'avait raconté cette histoire en avril dernier, et m'avait montré le crucifix, qu'elle avait toujours gardé près d'elle. Aujourd'hui, elle a été enterrée, avec ce crucifix dans les mains, et je suis contente qu'elle ait pu m'en raconter l'histoire.

    Bref, sur le chemin du retour, au lieu de raccompagner Christiane directement chez elle, je lui ai proposé de venir voir mon nouvel appartement, qu'elle n'avait pas encore vu. Elle en a été contente, l'a trouvé joli, a dit que lorsqu'elle aura vendu sa maison parce que celle-ci n'est plus pratique pour elle, elle aimerait se trouver un appartement comme le mien, et se remeubler tout en neuf ! Ma tante a une capacité de continuer à s'enthousiasmer et faire des projets, en dépit de ses 86 ans, et je trouve ça génial.

    Me retrouvant enfin seule chez moi, j'ai pris une douche - il a fait 35° aujourd'hui et l'aller-retour dans ma voiture, sans la clim, a été pénible - et j'ai dormi un peu, pour récupérer un peu, ce qui m'a fait du bien !


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