• Petite baisse de moral

    Rien de bien méchant. J'ai passé la soirée avec mes fils, chez mes parents, l'après est toujours un peu difficile.

    Quand nous allons dîner chez mes parents, mon fils aîné s'y rend directement depuis son travail, et moi je prends mon fils cadet chez mon ex-mari, et nous y allons tous les deux. C'est toujours l'occasion d'un moment privilégié entre lui et moi, mon fils est aussi bavard que moi, je crois qu'il est aussi attaché que moi à ces petits moments. Je ne conduis pas très vite, dans ces moments là, pour rallonger au maximum ce moment magique. Nous discutons intensément, il est intelligent et curieux et souvent un fil conducteur nous amène à débattre sur un sujet particulier. La dernière fois, je l'ai écris ici, c'était sur les rapports entre soi et autrui.

    Aujourd'hui, le débat portait sur l'homosexualité : nait-on homosexuel ou le devient-on ? est-ce que toutes les sociétés humaines ont des homosexuels ? pourquoi a-t-on l'impression qu'il y a plus d'homosexuels que dans les époques passées ? etc. J'essaie de répondre en mettant les choses en perspective, en ayant des réponses les plus ouvertes possible. Ce n'est pas évident de parler de certaines choses, quand on est ado, alors je m'efforce de répondre autant que je peux à toutes ses questions. Ce ne sont pas toujours que des questions d'ailleurs, il y a aussi un réel échange entre ses points de vue et les miens. De fil en aiguille, on a même abordé la question de la transformation physique transexuelle. A son âge, on se pose des questions et on entend beaucoup de conn*** ; je lui expliqué les différentes étapes hormonales et chirurgicales, parce que je pense que la connaissance évite le préjugé, et j'ai encore mon rôle de mère à jouer, même si je ne suis plus là au quotidien, j'essaie de compter encore dans l'éducation de mes fils.

    Le dîner a été plutôt rapide, mon fils aîné a passé son temps (il faudra que je l'engueule) à échanger des sms avec sa nouvelle petite amie, ma mère n'était pas bien, et mon père fatigué, et mes deux fils avaient chacun des copains à rejoindre ensuite. Mon fils aîné est reparti, puis après avoir débarassé je suis rentrée avec mon cadet, que j'ai laissé un peu avant chez moi, chez un ami, donc. J'étais un peu triste après l'avoir laissé, j'ai un attachement pour mon second fils assez viscéral. Ce n'est pas que j'en préfère l'un à l'autre, mais les relations que j'ai avec l'un  ne sont pas les mêmes que celles que j'aie avec l'autre, elles ne se nourrissent pas des mêmes choses, et c'est normal, chaque enfant est différent. Il faudrait que j'essaie de trouver des moments seule à seule avec mon fils aîné, mais il a une vie tellement pleine, entre le travail, ses copains, ses cousines... ça risque d'être difficile. En lui proposant une séance de shopping, peut-être... il aime bien ça !

    Avant celà, la journée n'avait pas été simple, je me suis pris la tête parce qu'on me proposait un petit chat, et que je ne savais pas quoi répondre, au début j'ai dit oui, puis finalement j'ai dit non, cela m'a contrariée de ne pas savoir ce que je veux en fait. Ca parait anecdotique et sans importance. Je pense qu'en effet j'ai fait tout une montagne de pas grand'chose. Parce que je suis comme ça, aussi, à me torturer le cerveau parfois, ce n'est pas pour rien que je dis souvent que je me fatigue moi-même et que parfois, ou souvent, je ne m'aime pas.

    Et puis ce soir, en rentrant chez moi, outre que j'avais laissé mon fils avec le chagrin que cela me cause, j'étais travaillée par l'état de santé de ma mère. Ma mère est atteinte de la maladie de Parkinson. Ce n'est pas une maladie mortelle. C'est une maladie neurodégénératrice. On associe toujours parkison à des tremblements, en fait ce n'est pas ça. Les tremblements sont un symptôme, mais pas le seul, et les tremblements sont souvent masqués par les médicaments. Masqués, pas soignés, parce que la maladie de Parkinson ne se guérit pas, les médicaments visent, au mieux, à atténuer les symptômes de la maladie et rendre la vie du malade supportable. La maladie continue à évoluer. Jusqu'où ? je ne sais pas, justement, et c'est ce "jusqu'où" qui me travaille. On trouve de tout sur le net, mais si on trouve de tout on ne trouve pas tout, et je n'arrive pas à savoir ce qui va se passer, comment la maladie de ma mère va évoluer concrêtement, quotidiennement. Elle a de plus en plus de mal à coordonner ses mouvements, à se mouvoir, je ne parviens pas à savoir si ses fonctions cérébrales sont, ou non atteintes (pour parler plus directement, si elle a toujours toute sa tête ou pas). Alors pour être franche, les questions que je me pose sont : jusqu'où va aller la dégénérescence ? combien de temps cela va-t-il encore durer ? Ce genre de questions pourra révolter. Il faut vivre avec un malade parkinsonien pour comprendre à quel point cette maladie est terrible, et comprendre que ces questions se posent forcément à ceux qui sont dans l'entourage proche du malade. Sans parler du malade lui-même bien sûr, qui se voit perdre son autonomie petit à petit, qui se voit devenir grabataire sans pouvoir rien y faire, qui sait qu'il se retrouvera dans un fauteuil roulant, puis finalement recroquevillé dans un lit ; inutile de dire que ma mère prend aussi des médicaments contre la dépression et les angoisses. Pas question de me plaindre, pas question pour mon père non plus, qui vit cela au quotidien, jours et nuits. Il n'est pas malade mais il vit avec une malade. Autant dire qu'ils sont deux galériens attachés au même banc. Jusqu'où, jusqu'à quand.


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