• Les récentes séances

    Ces dernières semaines, je suis allée au cinéma, comme d'habitude. Mes petits tickets (que je conserve précieusement) m'indiquent que je suis allée voir, entre autres :

    Et maintenant, on va où ?

    et maintenant on va oùUn joli film, sur la tolérance et l'acceptation de l'autre. Dans un petit village isolé du moyen orient, deux communautés, musulmane et chrétienne, vivent ensemble, mosquée et église côte à côte sur la place du village. Mais les nouvelles du monde menacent en permanence la paix fragile qui règne là. Les femmes se sont insituées les gardiennes de cette paix, et font tout ce qu'elles peuvent pour détourner l'attention des hommes des querelles fratricides qui ont vite fait d'éclater. Quitte à réunir leurs économies pour faire venir au village une troupe de danseuses russes tout droit sorties d'un cabaret "chaud" de la ville voisine par exemple. Le film oscille donc entre drôlerie et drame, car l'actualité finit par rattraper ce petit village pourtant à l'écart du monde. Une belle lumière, une réalisation intéressante, parfois audacieuse, comme la scène d'ouverture qui met en scène les femmes du village d'une façon très théatrale dans une sorte de ballet funèbre. Le film a reçu une bonne critique, et c'est amplement mérité.

     

    Un film qui a fait coulé beaucoup d'encre, c'est bien sûr The Artist.

    the artist

    Bon. The Artist, film muet (avec cartons !), et en noir et blanc ! Il parait que c'était un pari risqué, je ne suis pas bien sûre, je pense que c'était mal connaître les spectateurs. L'intrigue est bonne, elle ramène à l'époque charnière où le cinéma bascule du muet au parlant, évolution qui, en dépit de ce qu'on pourrait penser aujourd'hui, n'allait pas de soi et aller provoquer la déchéance de bien des vedettes du muet. C'est le cas du personnal principal de ce film, George Valentin, interprété à merveille par Jean Dujardin, mais Dujardin interprète toujours ses personnages à merveille, ça devient lassant. Sauf que cette fois-ci, j'ai moins accroché. Je ne voyais pas George Valentin, je voyais Jean Dujardin. Et puis pour moi, ce n'était pas un "vrai" film muet en NB, cela faisait trop fim actuel qui joue au film muet en NB. Ceci dit, c'était quand même agréable, je ne vais pas cracher dans la soupe, j'ai passé un bon moment. Contre toute attente, le public était assez jeune et j'ai été suprise de voir les adolescentes à côté de moi accrocher totalement à l'histoire et "vivre" le film, pour preuve le "ah" de surprise qu'elles ont laissé échapper vers la fin du film, lors d'un dernier rebondissement.

     

    Poulet aux Prunes.

    poulet aux prunes

    De Marjane Satrapi et son compère dont j'ai oublié le nom (et j'ai la flemme d'aller le  chercher sur google-est-ton-ami). L'histoire d'un violoniste qui perd son envie de vivre quand il perd son violon, et décide de mourir. Ce n'est pas folichon, et pourtant le film est assez drôle, mais tout en finesse. L'histoire est brodée par petites touches, comme les fils d'un tapis persan. C'est tiré d'une BD de Marjane Satrapi, et bien qu'il s'agisse d'un film, la réalisation arrive à se rapprocher du graphisme de la bd, c'est très bien fait et cela donne une touche d'originalité au film, c'est très agréable. Là encore, j'ai passé un bon moment, et le film mériterait le succès. J'ai beaucoup apprécié Mathieu Amalric, dans le rôle principal.

     

     

    Bien moins drôle, De Bon matin, avec Jean-Pierre Daroussin.

    de bon matin

    Un matin, un homme se lève, et comme tous les matins il se lave, s'habille, costume cravate et chaussures noires à fin lacets - l'uniforme de tous les cadres français. Un jour comme un autre. Arrivé sur son lieu de travail, il parcourt les couloirs, les bureaux en open-space, puis sort un révolver de son attaché case et tue deux hommes.

    Retour arrière sur les mois précédents le drame : De bon matin nous fait vivre ces derniers mois, l'arrivée d'un nouveau responsable, d'un "manager" venu là pour faire "du chiffre", des résultats. Des chiffres, des résultats... pas de place pour l'Homme là dedans.

    De bon matin, c'est tout simplement ça, le récit d'une (ré)organisation comme une autre, banale, comme on en vit dans toutes les entreprises. Aucune exagération, c'est comme ça que ça se passe. Avec les conséquences que cela peut avoir, comme chez France Telecom par exemple. Ce qui  est terrible, ce n'est pas le film, c'est qu'on ne peut pas se dire "ce n'est qu'un film, c'est du cinéma". Tout le long du film on sait que c'est vrai, parce que quasiment chacun de nous vit désormais cela au quotidien, feuilles de route, plannings, objectifs, reportings, quick wins, best practices... Daroussin est magistral. J'ai été bluffée par la façon dont son visage se transforme insensiblement, passant de celui d'un homme "normal" à celui d'un homme souffrant de son travail. A voir, donc, même si ce n'est pas divertissant, parce que la réalisation et les acteurs sont impeccables, tout au service de ce film dur et vrai.

     

    A venir, ma critique de Drive - mon engouement survivra-t-il à une deuxième projection ?...

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :