• La vie, la mort, et d'autres choses

    Si le samedi, je ne parle souvent à personne, ce samedi a été consacré à la parlotte. J'ai passé l'après-midi avec une amie que je connais depuis le lycée. Je me souviens bien de notre rencontre, sur un banc pendant une récré, on était en seconde. L'année suivante, on était dans la même première, c'était le début d'une grande amitié. Les années ont passées, certaines années on se voit souvent, d'autres non, mais on reste toujours en contact. Elle est chilienne, et espère retourner chez elle, un jour, pour y vieillir tranquillement. Je lui ai promis que j'irais la voir, mais cela me serre le coeur de savoir qu'un jour, on sera trop loin pour passer des après-midis autour d'une théière. Le même soir, une autre amie m'avait proposé d'aller au ciné. Finalement, je n'étais pas trop partante pour le ciné, et je me préparais à passer un samedi soir devant l'ordinateur, comme d'habitude. Tout d'un coup j'ai réalisé qu'elle allait probablement passer sa soirée devant la télé, et je me suis dit que c'était bien dommage, passer notre soirée solitaire chacune de notre côté, alors que nous habitons à un kilomètre l'une de l'autre ! "Si tu as le café, j'ai le gâteau" lui ais-je dit. Et on a passé une super soirée, à parler de mecs, de la vie en célibataire, de religion, de bouquins, de chats...  Je me suis couchée gonflée à bloc d'une si riche journée.

    Je n'ai rien fait de mon dimanche, du moins "rien" à mon sens à  moi. Je voudrais reprendre le vélo le dimanche, j'ai décidemment du  poids à perdre, des muscles à refaire. Mais il y avait du vent (j'ai horreur du vent), je n'étais pas en forme (j'ai de nouveau des problèmes de fatigue récurrente), et des bouquins passionnants à lire. J'ai passé l'après-midi dans mon hamac, à l'abri du vent, dans la chaleur du parasol.

    J'ai attaqué le boulot lundi sans réelle motivation, un peu saisie par le froid du matin, une journée normale, sans relief.

    Hier, je prenais le boulot à 11 heures, comme tous les mardis, après la séance hebdomadaire chez le psy. Un sale temps, gris, pluvieux, très froid. Avant d'embaucher, j'ai fait un détour dans un supermarché. Je suis arrivé au boulot avec des poches de bonbons dans les bras, c'était mon anniversaire. Début de journée sympa, les collègues qui me souhaitent un joyeux anniversaire, et les sms qui arrivent aussi. Mais en fin de matinée, on a appris le brusque décès d'un garçon, dans un autre service, sur le lieu même du boulot, crise cardiaque. Ca m'a presque traumatisée. Au moment où j'arrivais au boulot, plutôt contente, il y avait un garçon qui venait de mourir, dans un autre service. La vie, la mort. Aujourd'hui encore, j'y ai beaucoup pensé. Même si je  ne le connaissais que de vue, ça me travaille.

    J'ai repris le boulot ce matin. Mauvaise journée, cette fatigue qui revient régulièrement pèse lourdement sur moi. Moral en berne, aussi. Je n'aime pas ma vie. J'en ai marre de devoir regarder ma vie du bon côté. Oui, j'ai un boulot, un toit sur ma tête, une santé correcte. Non, je ne me lamente pas : objectivement ma vie n'est pas marrante. Je n'aime pas mon boulot, je n'aime pas mes conditions de travail, mon entourage au boulot. Mon appartement est petit, mal foutu. Tout en vivant chichement,  je ne boucle pas mes fins de mois. Je suis bouffée par l'arthrose, j'ai du mal à maîtriser mon poids et mon corps se porte mal et j'en ai honte, oui je suis influencée par les images des médias. J'ai encore un peu plus de quinze ans à bosser, à mon âge ma mère était déjà à la retraite et profitait de ses premiers petits enfants. Ce ne sera pas mon cas. Je vis plus mal que mes parents, et ce n'est pas une vue de l'esprit. Ce n'est pas se lamenter que de considérer objectivement la réalité.

    La vie, la mort, et d'autres choses. Pendant mes vacances je me suis occupée de la terrasse. J'ai passé un bon coup de balai pour enlever les feuilles accumulées cet hiver, feuilles des arbres alentours amenées par le vent, et j'ai installé plusieurs pots dans  lesquels j'ai planté différentes graminées. J'ai optée pour des graminées après en avoir vu beaucoup dans les rond-points environnants. J'ai pensé qu'elles doivent consommer peu d'eau, et bien résister à la chaleur. L'idéal pour ma terrasse, exposée plein sud. Mes plantations semblent avoir pris, j'en attends beaucoup pour cet été. Mes deux bambous apprécient le printemps, quand au rosier, il explose de dizaines de petites roses simples mais colorées. Le fuschia, planté au pied du rosier, repart bien, quand à la jardinière fleurissant la fenêtre de ma chambre, elle fleurit de façon exubérante. Les plantes poussent, la pile de livres à côté de mon lit aussi. Ces derniers mois, j'ai retrouvé un rythme de lecture qui me convient, me permettant d'enchaîner auteurs et styles différents. Un peu au détriment de mon sommeil, mais avoir retrouvé un bon rythme de lecture fait du bien au moral. Hier au boulot, j'ai échangé quelques phrases avec le seul garçon de l'équipe. Lui aussi lit. Je m'en étais aperçue en voyant des bouquins dans le tiroir de son bureau. Il lit Steinbeck, m'a conseillé Hemingway (honte à moi, j'ai lu un seul bouquin de lui, il y a vingt cinq à la fac et je n'avais pas aimé, question de maturité peut-être). Il vient de lire... Don Quichotte. Don Quichotte, un mauvais souvenir pour moi, bouquin au programme de mon année de licence en fac d'espagnol, j'avais trouvé ça lourd et ennuyeux. Lui a trouvé ça intéressant, original et humoristique. Je regrette de ne pas être assise à côté de lui, ça m'aurait du bien d'être à côt d'un garçon, et d'un garçon qui lit qui plus est.

    Demain, je ne travaille pas, et j'apprécie cette journée chez moi. Mon fils cadet, lui, travaille. Payé double, ce qui est évidemment attractif. Que lui dire. Je suis farouchement opposée au travail du dimanche et des jours fériés. Mais je comprends que pour lui, à temps partiel, travailler plus pour gagner plus s'avère tentant. Sans parler du "volontariat" qui n'en n'est pas vraiment. C'est l'apprentissage de la vie du travail. Mais pour lui, au moins, cela se fait dans une bonne ambiance.

    Pour mon anniversaire, j'ai dîné hier soir au restaurant avec mes fils. Après des années de pudeur et de retenue, maintenant, je prends la parole et je leur dis que je les aime.

    La vie, la mort, et l'amour, aussi.


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  • Commentaires

    1
    Tonax
    Jeudi 17 Mai 2012 à 17:03

    Bon anniversaire avec un peu de retard, j'aimerais voir la tête de tes grands fils quand tu leur dis que tu les aimes !

     


     

      • Feuilles_d_Acanthe Profil de Feuilles_d_Acanthe
        Mercredi 23 Mai 2012 à 22:14
        Merci :-) Je ne sais pas quelle tête ils font, je le leur dit toujours au téléphone ! (ça met de la distance, ça ménage nos pudeurs).
    2
    Julie
    Mardi 29 Mai 2012 à 20:38
    Bon anniversaire avec beaucoup de retard ! Je t'écris bientôt, promis ! Et je te fais de grosses bises de notre part à tous les deux.
      • Feuilles_d_Acanthe Profil de Feuilles_d_Acanthe
        Mercredi 30 Mai 2012 à 21:51
        Merci merci ! grosses bises à vous deux aussi :-)
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