• La séance du samedi

    habemus papam

      Habemus papam, de Nanni Moretti, un des films dont on parle beaucoup en ce moment. En ce moment aussi, je vais vois des films dont on parle, pas les obscurs films d'art et d'essai. Ca change.

    Bon, je déteste Piccoli. Je l'ai toujours détesté, c'est un type qui me fait un effet très désagréable, mais je suis  quand même allé voir le film, parce que la bande annonce m'avait parue sympa, de même que la critique du film dans la gazette de l'Utopia. Je ne l'ai pas regrettté. En plus, je l'ai vu en VO, comme d'hab, j'adore les films en VO, et j'adore aussi l'italien, alors j'ai été comblée. L'italien est la langue que je préfère.

    Bref, Piccoli. Il m'a un peu gâché le film. J'aurais préféré un acteur quasi inconnu, un acteur qui ne s'interposerait pas entre le personnage et moi.

    Habemus papam, donc, est la phrase rituelle prononcée après l'élection d'un nouveau pape (parce que les papes sont élus). "Nous avons un pape", ceci dit d'un ton solennel en même temps que triomphant, un nouveau pape c'est l'Eglise qui a un nouveau chef spirituel, un nouveau Pierre, un nouveau berger. Mais en l'occurence ce cardinal, qui se voit propulsé au siège le plus haut du monde chrétien, a plutôt l'impression que le... ciel lui tombe sur la tête. Et le voilà qui se sent incapable d'affronter la mission qui l'attend, qui se sent incapable d'affronter la foule qui l'attend, place Saint Pierre, cette chrétienté qui l'attend pleine d'espoir.

    Voilà qui met le conclave (l'assemblée des cardinaux qui élisent le nouveau pape, l'un d'entre eux) dans l'embarras. La situation est inédite, et ils se demandent comment réagir face à ce pape un peu hagard. Un psychanlyste appelé à la rescousse ne sera pas d'un grand secours, mais voilà que le pape fraîchement élu trompe l'attention de sa garde rapprochée et s'enfuit dans Rome....

    Je n'en dis pas plus, je ne veux pas gâcher le plaisir de la découverte à ceux de mes lecteurs qui voudraient aller voir ce film.

    Mon avis : une comédie assez fine, avec quelques bons moments de dérision, d'irrévérence, une pointe de causticité des plus agréables. Quelques scènes mémorables, dont celle de la confrontation du psychanalyste et des cardinaux. Pour autant, l'Eglise est traitée avec respect,  Nanni Moretti est parti sur une hypothèse, celle d'un homme qui refuserait d'être pape, et non sur une critique de l'institution chrétienne. Comme je l'ai dit plus haut, je n'aime pas Piccoli et j'ai donc eu du mal à adhérer à son personnage, je le regrette, car cet homme en proie à la plus grande des interrogations est fort intéressant. A noter de superbes décors, on a vraiment l'impression d'être dans le sein même du Vatican, c'est bluffant.

    Un film particulièrement original de part son sujet, et une réalisation soignée, bref, à aller voir.


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