• La parenthèse

    Si je devais un jour écrire, une nouvelle, un roman (encore que je considère qu'il y en a bien assez à s'entasser sur les rayonnages des librairies) sur ce que je viens de vivre, je l'intitulerais ainsi, La Parenthèse. C'est en effet une parenthèse que j'ai vécu, entre le moment où j'ai découvert mon père gisant sur son lit à l'ehpad, au sortir du confinement et le moment où nous lui avons dit adieu. Six semaines à l'accompagner dans sa fin, à le voir décliner jour après jour. Je sors de cette épreuve en paix avec lui, en paix avec moi-même. Je ne pensais pas vivre ça ainsi, être émue de le voir ainsi, être capable de lui tenir la main. C'est bien. J'ai partagé cela avec le plus jeune de mes frères qui est descendu de Poitiers et s'est installé chez moi quelques jours à deux reprises, à la fois pour aller voir mon père le plus souvent possible et à la fois pour que je ne reste pas seule - et cela aussi m'a touchée. Dans cette parenthèse triste, la découverte de mon frère, à nos âges il y a longtemps qu'on n'a plus vécu ensemble, et quelques discussions et rires bienvenus. Et puis la présence de mon cadet à mes côtés, aussi, bien sûr.

    Quelques tensions familiales à gérer et digérer, autour de la cérémonie d'adieu. Ca aurait pu être pire.

    Maintenant voilà venu le temps du deuil, et de la paperasse. Reprendre les visites à ma mère, à l'ehpad. Reprendre le cours du quotidien, bien malmené par le confinement, et par cette "parenthèse" que je n'avais pas imaginée. Un quotidien encore contrarié, pour de longs mois encore, par une réorganisation importante côté boulot, qui ne laisse pas de m'inquiéter. La vie telle qu'elle peut être, de temps à autre, un long fleuve tranquille parsemé de rapides imprévus, et il faut tenir bon le gouvernail et regarder l'horizon. 

    Quand on me demande comment je vais, je réponds "tranquillement triste" car c'est l'expression qui correspond le mieux, je crois, à la façon dont je me sens actuellement. Et ma foi, c'est pas si mal.


  • Commentaires

    1
    Loïc
    Mercredi 22 Juillet à 21:01

    On est tous amener à passer par là. C'est dur, je sais. Mon père est toujours en vie mais je viens à nouveau de couper les ponts avec lui. Je sais, c'est rien à côté de toi. 

    Moi, c'est pas "la parenthèse" mais "la débandade". J'ai écrit beaucoup à la clinique mais depuis que je suis chez moi (je vais bien), pas le courage de m'y replonger. Pourtant, je trouvais ça pas trop mal. J'avais mis en place un dispositif narratif narratif intéressant. Quant au nombre de livres, ne t'arrête pas à ça...sinon, personne n'écrirait plus.

    Sur Amazon, on peu se faire auto-publier en deux temps, trois mouvements. J'ai lu des trucs écrits par des gens de cette façon. C'est vraiment pas terrible. Toi comme moi, on peut largement faire mieux. 

    Personnellement, le confinement n'a rien changé à ma vie. Je suis casanier de nature. Seul truc, j'ai hâte de retourner à la salle de sport où je commençais à avoir mes habitudes. 

    Bon courage. Ta note date du 30 juin mais je devine que ce n'est pas simple, encore aujourd'hui.

      • Dimanche 26 Juillet à 20:19

        Mes rapports avec mon père étaient compliqués, tout comme toi avec le tien, et j'ai découvert que j'étais bien plus bouleversé par sa mort que je ne l'aurais pensé. Son mauvais caractère me manque ! 

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