• La notule de la pluie qui tombe

    Il fait froid, il pleut, la nuit tombe de plus en plus tôt, brrrr, il va me falloir de la motivation pour aller à la salle de sport, demain soir. Par ce genre de temps, je n'ai qu'une envie : me terrer chez moi et hiberner.

    Réunion ce soir pour la préparation de la célébration - religieuse - de Noël dans mon quartier. Réunion organisée par le Secours Catholique et le mouvement Action Catholique Ouvrière, dont je me suis rapprochée ces derniers mois, par un concours de circonstance. Mais, bon sang, que faisais-je là ? j'ai quitté la réunion aussi vite que j'ai pu le faire, diplomatiquement. Ce sont des gens âgés (qui les remplacera quand ils ne seront plus là ? Il y a bon nombre de mouvements associatifs, d'organisations bénévoles, qui vont disparaitre dans les années à venir. Les générations plus jeunes, la mienne y compris, ne brillent pas par leur volonté de s'engager), croyants et pratiquants convaincus, attention, pas des cathos de droite, non, des cathos de gauche souvent engagés dans d'autres mouvements humanitaires, d'ailleurs la réunion était animé par un jeune prêtre-ouvrier - eh oui ça existe encore. Bref, déjà m'engager pour moi, c'est difficile, même si je m'implique de façon assez importante dans le conseil syndical de mon immeuble, mais m'engager dans un milieu que je ne connais pas, où je me sens déplacée, dont je ne connais pas les codes, c'est mission impossible. Si je suis croyante, c'est en un Dieu bienveillant, et je suis plus qu'éloignée des pompes catholiques dans lesquelles je ne me reconnais pas. Retour chez moi, ma mauvaise conscience sous le bras.

    Ma nièce est rentrée chez elle, pour autant je n'ai pas eu un seul appel de ses parents pour me remercier. Allez, ça, je le mets dans ma poche avec mon mouchoir par-dessus.  Ne pas perdre d'énergie en mécontentement et colère, ça ne me fait pas du bien. Rester zen, c'est meilleur pour la santé et l'équilibre intérieur.

    Mauvaise conscience, encore, j'ai appelé l'ehpad cet après-midi pour prendre des nouvelles de mes parents, une infirmière référente m'a indiqué qu'ils vont plus ou moins bien, plutôt bien côté santé, plutôt pas bien côté moral. Oui, mais je n'y peux rien. C'est leur problème, pas le mien. On ne peut rien pour des gens qui se sont obstinés toute leur vie à ne voir que le mauvais côté des choses. Il faut savoir prendre de la distance, et c'est ce que j'ai fait.

    J'ai mis de côté le projet que j'avais de chercher une maison dans le petit lotissement d'à côté. Ou plutôt, j'ai cherché, mais j'ai fini par comprendre que le projet était au delà de mes moyens financiers. Je me suis fait une raison, il vaut mieux savoir renoncer que de prendre des risques inconsidérés et y laisser des plumes, en particulier sur le plan du stress et du moral. Et puis mon appartement a bien des avantages, c'est un achat que je ne regrette pas - sauf l'été quand le quartier atteint un niveau sonore insupportable. Je continue à regarder les annonces immobilières : me loger ailleurs, même dans des surfaces beaucoup plus petites, est tout simplement impossible, les prix atteignant des sommets incompréhensibles. Se loger sur la Métropole bordelaise devient impossible pour certains, les gens seuls, les salaires moyens, et le système du logement social est grippé. J'ai un toit au-dessus de ma tête, c'est une chance. 

    Ma chef m'a annoncé, il y a quelques jours, que je bénéficie à partir de ce mois-ci d'une mesure de rattrapage salarial dans le cadre de l'égalité hommes/femmes. La question que je me pose, c'est depuis combien de temps cette inégalité dure, puisque je suis au même salaire depuis plusieurs années. Dommage qu'il n'y ait pas de rattrapage rétroactif ! 

    Un collègue, un gars qui travaille un peu plus loin et que je connais un peu pour le croiser de temps en temps à l'extérieur à l'occasion de soirées barbecue organisées par les uns ou les autres, est venu me voir ce matin. "J'ai une question à te poser". J'ai bien senti que ce n'était pas professionnel, on est parti faire une pause dans le couloir, et il m'a expliqué qu'il fait des crises d'angoisse, depuis un certain temps, que ça ne va pas en s'améliorant. Lors d'un repas un midi, il y a quelques semaines, j'ai mentionné que je voyais un psy, du coup il a pensé pouvoir me demander conseil. Je suis tombée d'un peu de haut, c'est un gars de mon âge qui me paraissait bien solide, et que j'ai soudain découvert à fleur de peau. Je lui ai donné quelques conseils, en particulier les coordonnées du psy qui m'a suivi lors de mon épisode dépressif, il y a quelques années. Ca m'a vraiment fait bizarre, je m'attendais si peu à ça, mais j'ai été contente de pouvoir le conseiller, et j'espère surtout que ça va pouvoir l'aider à se sortir de son mal-être, je suis bien placée pour savoir que les crises d'angoisse, c'est galère. 


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