• La liquidation, sans trésor caché ni secret de famille

    J'ai fait de l'archéologie familiale, mardi après-midi, en me plongeant dans les quelques lettres que ma mère avait conservées, échangés entre son père et elle. Mon grand'père était un homme érudit, qui ne mâchait pas ses mots - et qui, de fait, a terrorisé mon enfance. Je n'ai rien appris de passionnant, si ce n'est qu'il reprochait à ma mère de bouder et d'avoir mauvais caractère, ce qui m'a bien fait rire vu que c'est précisément ce que me ma mère m'a toujours reproché aussi. J'ai aussi trouvé un arbre généalogique fait par un des frères de ma mère, que j'ai mis de côté car j'aime bien les arbres généalogiques, j'ai trouvé une vieille photo de ma mère que je ne connaissais pas, et je me suis dit qu'elle était vraiment jolie quand elle était plus jeune. Je me le suis dit aussi hier après-midi, quand après avoir passé l'après-midi à faire du tri et du vide dans l'appartement de mes parents, je me suis enfin posée sur un des canapés avec un vieil album de photos.

    J'ai donc passé l'après-midi d'hier chez mes parents, en mode "tornade blanche". Ma mère avait accumulé, ces dernières années, des boîtes de "merdouilles", bouts de tissus, pelotes de laine entamées, bouts de papier, canevas très moches, écharpes tricotées main… j'ai tout viré, plusieurs poches poubelles et autant d'allers-retours entre l'appartement et le local poubelles, j'ai cru que je n'y arriverai jamais, j'ai terminé sur les rotules. J'ai aussi terminé de vider la bibliothèque, les derniers livres attendent dans le coffre de ma voiture que je les amène à la boîte à livres du parc à côté, j'ai rassemblé tous les bibelots dans un carton pour le futur vide-grenier familial (je viens d'envoyer un sms à mes frères et sœur pour leur proposer une date). 

    Pas d'états d'âme, juste un moment de tristesse en manipulant tout ce qui avait fait le quotidien de ma mère ces dernières années tant qu'elle pouvait encore se servir de ses mains. Les états d'âme, je n'en n'ai pas le temps, il faut que l'appartement soit vidé fin mars, et je dois encore trouver une solution pour tous les meubles et tout ce qui ne sera pas partagé entre mes frères et sœurs. 

    Il n'y avait donc pas de trésor caché dans ces pelotes de laine ni ces bouts de tissus, juste une ou deux aiguilles à coudre que j'ai failli me planter dans les doigts, et aucun secret de famille dans ces quelques lettres, juste le souvenir de l'odeur de la pipe de mon grand'père...


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :