• La crise du samedi matin

    Du samedi matin, mais de la plupart des autres jours, aussi. La crise d'angoisse est là, me tiraillant les poumons, le désespoir, aussi. Je me sens coincée, je suis coincée.Dans la vacuité de ma vie - je n'ai pas de ces loisirs créatifs qui aobutissent à qq chose, je ne vois pas ce que je pourrais faire à tricolter une écharpe qd j'en ai déjà une et que je vis actuellement dans une espèce de simplicité quasi monacale, la plupart de mes vêtements  et de mes chaussures étant toujours en cartons, de même que la majeure partie de mes affaires, dont finalement je n'ai pas besoin, livres, vaisselle... mon appartement n'est pas très éloignée d'une cellule monastique, parce que je n'ai pas envie de grand'chose. Pas envie, pas faim, en repli sur moi-même , mes angoisses, mon mal être. Seule, je fais face à une espèce de néant qui m'horrifie.On a rarement ce genre de chose, en famille, on se laisse guider par un train-train rassurant, le cerveau est en veille, ou accaparé par milles petites choses du quotidien. Seule, je vis pour moi, et j'ai du mal avec ça. Je pourrai me consacrer aux autres, aller faire du bénévolat ? je ne sais pas trop où,quand, j'avoue aussi franchement que çe ne me tente pas. Je me sens terriblement coincée, aussi, ici. La ville est petite, mal fichue, je  n'ai plus mes repères  habituels, les cinémas à portée de jambes ou de tram, les commerces de proximité, les jolies petites rues à explorer., mon vélo.. plus rien de tout cela, et pour combien de temps, encore, ce vide, et puis cet hiver qui ne fait que commencer ? j'ai parfois la tentation d'aller voir le drh et de mettre un terme à tout ça. Je n'ose pas, ce serait un nouvel échec, et puis c'est de ma faute, j'aurais dû mieux réfléchir, je savais bien que pau, c'était une mauvaise idée, sans les copines,déjà, mais maintenant en fait c'est non seulement sans les copines mais aussi sans le ciné, et puis ce désespoir quasi permanent - au mieux c'est une sorte de mal être, et la peur d'être coincée là longtemps, et la peur de ne pas tenir. Je vis dans une tension permanente, avec un cerveau qui fonctionne en permanence, et un corps qui n'aime pas ma vie, qui mange parce que c'est l'heure de manger, parce que c'est structurant de manger, et de manger à table, avec une petite bougie parce que c'est plus joli, parce que je veux toujours essayer d'aller de l'avant, de peur de tomber trop bas. Est-ce qu'à bordeaux ce serait mieux ? un peu mieux, peut-être, j'y retrouverai au moins mes repères, mes amies, mes connaissances, mais j'y serais quand même seule avec moi-même.


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