• L'Abécédaire du feu d'artifice

    A - Arcachon. Ca m'a pris comme ça, en début de semaine dernière. J'avais envie d'aller voir la mer, j'avais envie d'aller voir un feu d'artifice. Allez hop, un billet de train Pessac/Arcachon, une réservation pour une nuit d'hôtel à cinq minutes de la gare et à cinq minutes de la plage, et puisque le feu d'artifice c'est dimanche soir et bien je pose le lundi en jour de congés. Dans mon sac le minimum, une culotte un maillot de bain et ma brosse à dents, j'arrive à l'hôtel je pose mon sac et je vais directement sur la jetée "quand est le prochain départ pour le tour de l'île aux oiseaux ?" "Maintenant" Allez hop dans le bâteau pour une grande balade sur le bassin, il y a le soleil, la mer, l'air marin, les embruns salés qui m'arrosent, et des images splendides, ce goéland posé sur une pinasse, les cabanes tchanquées bien sûr, et je suis en vacances avant les vacances. L'hôtel est charmant, une belle demeure ancienne, entourée de ces maisons typiques d'Arcachon, aux noms désuets "Mimosas" "Cérès" "Suzy" ou plus prosaîquement "Dédé" et même un surprenant "Gladiator". Le feu d'artifice est beau, de l'autre côté on aperçoit celui de Piraillan, plus près il y a celui d'Andernos (coucou Bleck ! il était magnifique le tien, et même plus beau que celui d'Arcachon), le bassin le soir c'est la mer noire dont on sent la présence, et toutes ces petites lumières qui clignotent tout autour, et tous les feux d'artifice en prime ! Lever de bonne heure lundi, à neuf heures je suis les pieds dans l'eau, seule sur la plage, je fais des centaines de photos, la fraîcheur est parfaite, et il y avait longtemps que je n'avais pas eu ça, les pieds dans l'eau du bassin. Je rentre contente de mon escapade, j'ai la chance de très vite décrocher de mon quotidien, d'être vite "ailleurs" au sens propre comme au sens figuré, sans culpabiliser d'avoir laissé les chattes seules une nuit.

    B - Boulot. Ma chef en a marre de bosser pour la Big Bank, elle cherche ailleurs. Je sens mon collègue David moyennement motivé. Je ne le suis pas plus moi-même. Pas facile de bosser dans ces conditions, mais ça en serait presque drôle. Heureusement que les deux prestataires, Vivian et François, sont assidus à la tâche. Si Vivian est pénible tellement il est stressé, François lui est un gentil garçon, intéressant et original - deux jours après avoir été recruté, il est arrivé un matin avec ses plantes vertes et j'ai trouvé ça très rigolo - que j'ai plaisir à avoir en vis-à-vis. J'ai quant à moi postulé dans un autre service le mois dernier et je n'ai aucun retour sur ma candidature :-/

    C - Cité. Le projet de réaménagement du quartier n'a pas encore commencé qu'il a déjà pris du retard. Rien - démolition de certaines tours, aménagement d'une large voie verte, réhabilitation des bâtiments existants - ne commencera avant 2022. Nous sommes pourtant nombreux à attendre ce réaménagement avec impatience, encore que, comme je l'ai dit au maire lors d'une réunion publique la semaine dernière, les principaux problèmes du quartier ce sont les incivilités et la saleté. Plusieurs personnes ont applaudi mon intervention, et le maire a répondu à côté parce qu'il ne sait pas quoi répondre à cela.

    F - Foot. Horreur malheur. Si je n'étais pas là dimanche - et je pense que bien m'en a pris - je me suis fait la réflexion lors des quarts de finale de la CAN qu'il fallait que j'évite d'être là lors de certains matchs. Voire même qu'il faudrait que j'ai déménagé avant la prochaine CAN. Mes voisines du dessus, amatrices de foot et algérienne pour l'une d'entre elles, n'étant pas les seules à manifester bruyamment leur joie, j'espère vivement que l'Algérie sera battue lors de la finale dimanche prochain. Sinon tu peux venir chez moi, le spectacle est là, voitures qui roulent en trombe dans les rues du quartier, klaxons hurlants, musique à fond et drapeaux flottants, il vaut mieux éviter d'essayer de traverser la rue à ce moment là (et je ne parle même pas d'essayer de dormir).

    I - Immobilier. Quand j'ai une idée dans la tête je ne l'ai pas ailleurs comme dirait l'autre, j'ai fait estimer mon appartement, j'attends l'estimation, et j'ai pris rendez-vous avec mon banquier adoré pour savoir quel pourrait être mon budget pour chercher ailleurs, en visant les petites maisonnettes du lotissement d'à côté. 

    L - Lecture. J'ai trouvé un tout petit bouquin dans la boîte à livres du parc d'à côté, dont le titre m'a interpelée "Journal d'un tueur sentimental". Et j'ai pris un plaisir fou à lire cette novela de Luis Sepulveda. J'aime beaucoup les formats courts, nouvelles ou novelas, et la langue de Sepulveda est un véritable bonbon à savourer, d'autant que ce texte est très bien traduit. C'est l'histoire d'un tueur à gages solitaire qui se fait larguer. Et tu sais quoi ? j'ai toujours rêvé d'être un tueur à gages solitaire. Mais oui :-)

    M - Mamie. En mode "mamie" vendredi dernier et vendredi prochain, je garde ma petite-fille toute la matinée pour cause de nounou en vacances. Ma petite-fille - dix mois cette semaine - a bien grandi, elle me reconnait bien, crapahute sur le ventre à défaut d'être à quatre pattes. La séparation de ses parents me fait souci, je me demande comment ça va se passer pour cette petite fille avec des parents qui vont devoir gérer une garde alternée alors qu'ils vont habiter loin l'un de l'autre, et qui vont vouloir refaire leur vie un jour ou l'autre - et sur quels beaux-parents va-t-elle tomber ? 

    P - Psy. Il y a ce que tu vois à la télé, le psy attentif et toi sur le divan, tu parles il hoche la tête et quand tu sors ça va mieux même si ça dure des années. Et puis il y a la réalité, les psys qui ne s'occupent que des médicaments et ne comprennent pas vraiment ton problème quand tu dis que ça ne va pas, ou les psys qui s'occupent de ton problème quand tu dis que ça ne va pas mais qui surtout ne veulent pas prescrire de médicaments car ça n'est pas dans leur pratique. Toi tu as besoin des deux, de parler de tes problèmes et d'avoir aussi des médicaments et bien non. Alors il y a bien les psychologues pour parler de tes problèmes, comme ça tu as un psy pour les médocs et un psy pour parler, sauf que le psychologue, outre que n'importe quel charlatan peut s'improviser psychologue, il n'est pas remboursé par la sécu. Bon, bref, chez mon psychiatre la séance dure vingt minutes, juste le temps de lui dire que je ne vais pas très bien et que peut-être que mon traitement serait à revoir, mais il se veut rassurant, je ne vais pas si mal et pourquoi changer un traitement qui a l'air de fonctionner, "et pourquoi vous iriez voir un psychologue ?". En ce moment je suis juste en mode "sable", tu vois sur la plage il y a le sable, il a l'air dur et puis tu creuses un trou et le trou se remplit d'eau, voilà je suis en mode "sable", l'impression de n'être plus tout à fait étanche, comme le dit Michel Blanc dans je ne sais plus quel film, mais après tout, je tiens encore bien le gouvernail. "Ca fera quarante-six euros et soixante dix centimes et ah je vous fais une feuille mon terminal ne prend plus les cartes vitales" et ce crétin se trompe en écrivant mon prénom. Et non ce n'est pas possible de changer de psy. Les psy sont rares, surchargés, nombre d'entre eux ne prennent plus de nouveaux patients donc quand tu en as trouvé un tu le gardes.

    V - Vacances. Pas les miennes, celles des autres. Sylviane et Laurent sont partis au Canada, Cyrille rentre des USA. C'est dans l'air du temps, dans mon service - les informaticiens sont plutôt bien payés - prendre un billet pour l'outre-Atlantique, y louer une voiture, et faire un road-trip en famille. Cyrille a sorti le grand jeu, hélicoptère au-dessus du Grand Canyon, bateau sur le lac Powell, deux nuits de casino à Las Vegas, j'avoue que je l'envie un peu, c'est le genre de chose que j'aurais rêvé de faire en famille justement, mais bon, non. Je l'envie sans le jalouser toutefois, Cyrille est un gars que j'aime beaucoup, et j'ai quand même moi aussi fait de beaux voyages ces dernières années. Vacances, les miennes, ce sera à partir du 15 août, je ne pense pas partir cette année, sauf pour deux-trois jours grand maximum chez ma sœur du côté de Royan, autant pour respirer l'air de la mer que de voir ma sœur que je n'ai pas vu depuis plusieurs mois. En attendant je vais chez Sylviane et Laurent tous les deux jours pour nourrir le chat et arroser le jardin, je profite du calme du jardin et de la piscine, tout en écoutant le calme environnant et le cri des hirondelles, ce qui me change agréablement du bruit de mon quartier.

     


  • Commentaires

    1
    Bleck
    Mercredi 17 Juillet à 09:38

    Super idée le coup de la nuit Arcachonnaise en mode "hop, j'y vais" tu as raison de t'offrir ces moments volés, les meilleurs.

    Oui, le feu d'artifice était grandiose surtout vu le cul dans le sable avec comme écran le bassin et un ciel totalement noir mais dégagé. super.

     

    Bleck

      • Samedi 20 Juillet à 20:24

        Vive les feux d'artifice, vive le Bassin d'Arcachon ! 

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