• L'Abécédaire de la sainte sophie

    A - Anniversaire. C'était mon anniversaire, la semaine dernière et, pour la première fois de ma vie, ma mère ne me l'a pas souhaité. Si elle a encore quelques moments de lucidité, elle est maintenant dans un ailleurs au temps indéfini.  J'ai éprouvé un petit serrement au coeur, de ce que ma mère ne soit plus capable de se souvenir de la date de l'anniversaire de sa fille aînée. Cela me peine pour elle. Ce qui m'a agacé, par contre, c'est que mon père ne lui en parle pas. Il pourrait tenter de la raccrocher à la réalité et aurait pu le lui rappeler puisqu'il va la voir tous les jours, il me semble que ça aurait pu lui faire du bien, d'autant que preuve qu'elle se souvenait vaguement de quelque chose, c'est à mon frère passé la voir dimanche, qu'elle a souhaité un bon anniversaire ! 

    A - Anniversaire. Longtemps, l'âge, vieillir, ne sont que des abstractions. Et puis vient un jour où on y est, où on touche du doigt cette nouvelle réalité. C'est assez vertigineux comme sensation.

    A - Appartement. "Devinez ? ce soir, je vais visiter un appartement" ais-je dit à mes collègues hier. "Quoi ? tu vas encore déménager ???" "Mais non, cette fois-ci c'est pour mon fils !". Mon cadet, toujours en colocation avec son papa, commence à envisager sérieusement de prendre son envol. C'est moi qui me charge des recherches et des premiers contacts :-) Oui, bien sûr, c'est un grand garçon. Mais c'est mon côté mère juive. Et puis l'immobilier, je commence à m'y connaître ;-)

    D - Distance. J'ai finalement pris un peu de distance, émotionnellement, par rapport à l'état de ma mère. D'abord parce quelle n'est pas malheureuse. Certes, elle est en ehpad, mais après tout c'est le mieux pour elle, elle y est en sécurité - cela faisait déjà un certain temps qu'une de mes craintes était qu'elle mette le feu à son appartement, capable d'allumer la cuisinière et d'oublier de l'éteindre, du reste cela fait un certain temps que mon père était systématiquement derrière elle, ce qui était épuisant pour lui. De plus, si elle souffre de démence et de la maladie de Parkinson, elle est toutefois encore alerte, d'ailleurs elle va même mieux (physiquement) depuis qu'elle est entrée à l'ehpad ! J'ai également pris conscience que si j'étais malade de la voir dans un tel état, et si je trouvais la situation lourde à porter d'autant que mon père me sollicite également, mes frères, eux, vivent tranquillement leur vie - les kilomètres ont du bon. Une vieille amie de lycée, vue il y a quelques semaines, doit également faire face à la dépendance de ses parents, mais comme elle m'a dit "nous au moins, on est quatre pour faire face, toi tu es toute seule". Nous aussi, en principe on est quatre. Sauf que ma soeur a coupé les ponts avec la famille et que mes frères sont loin. Il me faut donc me préserver, et penser davantage à mes fils et ma petite-fille à venir - l'ais-je dit ? ce sera une petite Julia.

    F - Fatigue. Vieille compagne familière :-) Je fais avec, comme d'habitude. Ce serait mieux si le quartier était un peu moins bruyant qu'il ne l'est en ce moment, le soir au moment où je me couche.

    P - Poids. Argh. Alors que j'avais perdu 8 kilos depuis l'été dernier, voilà que la courbe frémit de nouveau à la hausse, la faute au retour des grignotages compulsifs en soirée. Fatigue, reprise du neuroleptique... Il faut absolument que j'arrive à maîtriser le phénomène, mais je ne sais pas comment, et je suis d'autant plus agacée de constater que ma volonté ne suffit pas, sur ce coup.

    S - Sourire. J'ai repéré un type, dans mon quartier, qui est plutôt pas mal. Ca m'est déjà arrivé de le croiser et, à force, de lui dire bonjour. Comme je descendais de ma voiture, hier soir, il passait juste à côté. Lequel des deux a dit bonjour à l'autre en premier, je ne sais pas, mais avec son bonjour il y avait un grand sourire éclatant qui m'a séduite... le quartier a donc également quelques points positifs ;-)

    T - Temps partiel. En juillet, je passe à temps partiel. S'il me tarde de pouvoir profiter de mes week-ends de trois jours, j'apréhende tout de même le changement de rythme, puisqu'il va falloir que je travaille quatre journées de huit heures et donc débaucher plus tard, ce qui sera un peu dommage quand il fait beau. J'espère que je trouverai un rythme qui me conviendra, et que je pourrais profiter de ces trois jours en parvenant à équilibrer activités et repos. Je vise en particulier le fait de pouvoir faire une séance de sport hebdomadaire supplémentaire, mais il faudrait aussi que je travaille à accroitre ma vie sociale. Tant que je ne me sens que solitaire ça va, mais il m'arrive trop souvent de me sentir seule.

    Y - Yoga. Ca m'agace toujours d'entendre dire que le yoga est une activité douce. Que nenni non point, le yoga est un vrai sport, physiquement exigeant. En est témoin le garçon qui suit les cours du samedi matin avec moi, et qui en bave tout autant que les filles qui l'entourent. Et il suffit de voir la musculature de la prof pour comprendre que le yoga est un sport complet. Après quelques mois dubitatifs, j'ai fini par voir arriver les progrès, en terme de souplesse et en matière de gainage abdominal en particulier, et prendre plaisir à attaquer mes week-ends par la séance du samedi matin. Je suis particulièrement fière de parvenir à faire certaines positions dont je ne pensais pas être capable, comme celle du tripode - en appui sur la tête et les avant-bras, jambes en l'air, avec la délicieuse sensation de sentir jouer la force des différents muscles qui permettent de monter la position et de la tenir, et l'intense satisfaction d'y arriver !

     


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