• Il y a des jours

    Plus douloureux que d'autres. 

    Pensant mon père au plus mal, il y a deux semaines, j'avais un peu mis la pression, je l'admets, sur mes fils pour qu'ils aillent le voir. J'y suis allée la semaine dernière avec mon cadet, et ce dimanche avec mon aîné.

    Il est venu me chercher et, dans la voiture, nous nous sommes un peu accroché car je l'ai trouvé peu aimable avec moi. Il m'a répondu, assez sèchement, qu'il aurait préféré passer l'après-midi chez lui, à faire la sieste et rester avec sa femme, dont le seul jour de repos est le dimanche. Je le comprends bien : les nuits difficiles avec le bébé, la pression et la fatigue du boulot, les travaux de la maison, je connais tout ça. Mais mon fils aîné ne m'a jamais pardonné d'avoir quitté son père, d'avoir brutalement mis fin à l'harmonie familiale, et j'ai toujours l'impression d'avoir pris perpète, avec lui. 

    Visite à l'ehpad, donc. Dans ma besace il y avait un gâteau au chocolat que j'avais fait, du jus d'orange, et la vaisselle pour pouvoir goûter avec mes parents sans déranger le personnel de l'ehpad à la recherche d'assiettes et de verres. Comme nous arrivions, j'ai trouvé ma mère errant dans le couloir, dans son fauteuil roulant, à la recherche de mon père (celui-ci ne partage pour l'instant pas la même chambre, ayant besoin de se reposer). Celui-ci faisait la sieste mais me mère l'avait oublié. De fait, cette fois-ci, je pense qu'elle ne m'a pas immédiatement reconnue. Ambiance.

    Ma mère a eu du mal à comprendre qui était le bébé, elle voulait absolument dire qu'il s'agissait d'un garçon, je pense qu'elle confondait ma petite-fille avec le petit garçon d'une de mes nièces, né il y a quelques mois. Conversation difficile, confusion, agitation… j'ai rapidement mis fin à la visite, et nous n'avons pas vu mon père - à mon grand soulagement je l'avoue.

    Dans la voiture, mon fils a regretté de ne pas avoir vu son grand'père, était-ce encore un reproche ? J'ai préféré ne pas relever. Je suppose que mon père, quand à lui, sera mécontent de ne pas avoir vu son petit-fils, et que ce sera là encore un reproche à mon encontre.

    Je suis rentrée chez moi avec le sentiment, amer, d'être une mauvaise mère, une mauvaise fille, sentiment que j'éprouve trop souvent.

    J'ai donné à manger aux chattes, j'ai enfilé mes affaires de sport, je suis partie à la salle me défouler sur les machines, puis j'ai fait un tour du quartier, à pied, pour prendre la fraîcheur dont j'avais besoin.

    J'aurais eu besoin d'une oreille compatissante, mais je n'ai pas voulu déranger qui que ce soit. 

    "Offre d'emploi : ch. tueur à gages, H/F, CDD".


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